Blog de Thibault Dumas

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14 décembre 2008

Du néo-conservatisme au paléo-conservatisme

« Les fondamentaux des républicains sont tels, qu'ils ont 20 ans de victoires devant eux ». Voila ce que l'on pouvait entendre, de la part de nombreux commentateurs, au lendemain de la réélection de Bush contre Kerry en 2004. On mesure ainsi le chemin parcouru par Obama et les démocrates depuis. Mais alors que le monde entier se penche sur l'équipe et la politique du nouveau président, il est pertinent de regarder du côté des battus : la droite républicaine. Il faut reconnaitre que McCain fut tout en dignité dans la défaite, contrastant avec une campagne dure et populiste (merci Sarah Palin). Les « robot calls » annonçant le soutien de Fidel Castro à Obama la veille du vote resteront dans les anales de l'histoire américaine. Mais finalement le plus alarmant pour les républicains c'est que même en choisissant le candidat le plus apte à capter les indépendants, le plus critique des années Bush, ils ont subit une lourde défaite. Après cette débâcle en 2008, avec le fiasco du néo-conservatisme, quelle nouvelle synthèse idéologique peuvent choisir les républicains ?

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11 mai 2008

Le 6 mai date maudite

« On ne tire pas sur une ambulance » avait dit François Giroud. On ne devrait donc pas tirer sur un Navire hôpital qui coule, c'est à dire la présidence de Nicolas Sarkozy après un an d'exercice. L'avocat zélé et populiste d'une rupture néo-conservatrice en France s'est transformé en vendeur de télé achat du tout et n'importe quoi réformiste sur la forme et de la liquidation inégalitaire sur le fond. Le hasard veut que dans l'histoire des démocrates, républicains et autres progressistes le 6 mai soit une date sombre. Le 6 mai 1682 Louis XIV s'installe à Versailles, le monarchisme de l'Ancien régime est à son zénith, opulent pour les nobles et oppressant pour le Tiers état. C'est un 6 mai 1941 que Joseph Staline prend la tête de l'URSS, les espoirs de la révolution bolchévique sont définitivement balayés et la dégénérescence dictatoriale du régime soviétique totale. Dans ces deux régimes dictatoriaux les forces démocratiques mirent respectivement 107 ans et 50 ans à gagner la bataille. Bien sûr Sarkozy n'est pas un dictateur ou un fasciste reste que dans l'apogée ou le crépuscule du sarkozysme l'opposition de gauche commet toujours la même facilité. Elle se place toujours par rapport à ce dernier et ne parle pas d'elle même aux citoyens, de son projet alternatif... et court le risque de ne jamais devenir majoritaire, elle.

27 mars 2008

Leçons d'une claque annoncée

C'est le triomphe du chiraquisme. Après la « claque » des élections municipales (terme utilisé par un élu anonyme mais lucide de l'UMP), Nicolas Sarkozy et ses valets semblent sombrer dans les mêmes travers que Jacques Chirac : dénie des résultats électoraux, surdité politique, grands discours « gaullistes » creux, replis sur la forteresse élyséenne, remaniements de façade. Reste qu'il n'y pas de fusible à Matignon, car le conservatisme provincial bon teint de François Fillon est la dernière valeur refuge de la majorité. L'autre différence est que Nicolas Sarkozy persiste à fleureter avec l'extrême droite en faisant des « coups » très agressifs sur les questions d'immigration et de sécurité. Si il se lance sur le terrain économique et (anti) social, l'attente et les injustices sont tels qu'il risque des mouvements sociaux massifs. Comme Jacques Chirac en son temps.

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18 février 2008

Le glacial et glaçant Monsieur Cavada

Ce samedi matin il fait un froid polaire sur le marché à Cours de Vincennes dans le 12ème arrondissement de Paris. Jean-Marie Cavada arrive, visage fermé, ton sec, même pas bonjour. L'ambiance est glaciale, plusieurs militants socialistes et communistes le taquine. Une personne de l'UMP tend un tract, « je ne vote pas pour les traîtres ! » lui répond un passant. Monsieur Cavada s'énerve contre les militants de gauche, il dénonce confusément : les logements, la Mairie, les socialistes ... pour rebrousser chemin, visiblement vexé. Les militants UMP sont décontenancés, l'une demande inquiète au téléphone « elle va venir la ministre ? » (Christine Lagarde). Il est comme ça Jean-Marie Cavada à la fois hautain et glacial.

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07 février 2008

Rencontre avec le vieux facho

Balade dans le centre de Paris l'autre jour. Au détour d'une rue une foule sur une petite placette. Des drapeaux tricolores, des cheveux blancs en masse, des crânes rasés pour les plus jeunes. Cela ressemble à une manifestation d'extrême droite. Des cris haineux bien qu'un peu forcés. Une voix étrangement familière. Une estrade avec un grande banderole « Constitution trahison ! ». C'est le vieux facho et son acolyte : Jean-Marie Le Pen et Bruno Golnisch. Ce n'est pas la forme des grands soirs d'avril ou on fait trembler la France. C'est le spectacle pathétique d'une fin de règne de celui qui a réussi à rassembler l'extrême droite pour en faire une force politique majeure. Bien sûr il y a la question de la succession. Le danger existe a travers Marine Le Pen que se refonde un grand parti national-populiste en recherche de respectabilité et d'alliances avec la droite. Cela dépendra de l'aile sectaire du FN. Mais c'est plus son problème au vieux facho. Certes il a perdu électoralement et financièrement, mais il a l'air satisfait : il a gagné idéologiquement puisque son national-populisme s'est dissout dans le sarkozysme triomphant.

19 janvier 2008

Les fêlures de la droite républicaine

Ron Paul est un homme politique américain original, et ce pour deux raisons. En premier lieu, il détient le record de levé de fonds en une journée sur internet pour une campagne électorale (6,2 millions d'euros). En second lieu, il essaye de ressusciter un courant politique américain et républicain mort : la droite libertaire. Dans chaque État ou les primaires républicaines ont eu lieu ce politique iconoclaste a fait entre 8% et 10% des voix tandis que le vainqueur était par quatre fois différent. Ces résultats ne sont pas anodins, ils montrent à quel point la droite républicaine homogène et dominante depuis l'élection de Ronald Reagan en 1980 est hétérogène et divisé sur la gestion de l'après Bush.

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18 octobre 2007

Dominique de Villepin ou le traitre antique

Qui est ce membre véhément de l'opposition ? Qui dénonce avec une telle ardeur le pouvoir en place ? Va-t-il déposer une motion au prochain congrès du Parti socialiste ? Veut-il prendre le leadership de la gauche en vue des élections présidentielles de 2012 ? Non, c'est Dominique de Villepin qui fait ses gammes anti-sarkozystes. Ce qui délicieux à écouter l'ancien Premier ministre, c'est qu'il est un traite antique, usant de ses tirades comme autant d'armes contre l'Élysée. Héritier désigné par le vielle empereur Chirac, il fut écarté de la succession au pouvoir par le perfide Sarkozy, fils rejeté. Tel un traitre au nouveau César, Galouzeau de Villepin dénonce et poignarde sans relâche un pouvoir qu'il ne connaît que trop bien, pour y avoir exercé longtemps comme conseiller de l'ombre. Ainsi, il est le surmoi chiraquien, proclamant tout haut ce que l'empereur à la retraite n'ose dire que tout bas. Son éloquence désuette mais tellement inspirée a côté de la vulgarité de Nicolas Sarkozy, n'a d'égale que sa mauvaise foi. Car Dominique de Villepin ne dénonce pas tant les choix du pouvoir que le fait de ne pas être lui même au pouvoir. Il méprise tellement le suffrage universel et la démocratie qu'il pense que les luttes politiques ne se gagnent que dans l'ombre des officines et dans la lumière de ses envolées lyriques.

04 octobre 2007

Pourquoi Charles Pasqua est contre les tests génétiques

La révolte citoyenne et l'opposition contre le texte de loi sur l'Immigration et plus spécifiquement contre les tests ADN est plus que légitime, elle est moralement et humainement indispensable. Dans le flot des personnalités politiques opposées à ces tests on peut comprendre l'humanisme de certaines personnalités de droite ou l'opportunisme des chiraquiens avide d'épingler Nicolas Sarkozy. Plus surprenante est l'opposition de Charles Pasqua, initiateur des lois les plus répressives contre l'immigration. Pourquoi un tel positionnement ? Tout simplement par ce que la succession de Christian Poncelet à la présidence du Sénat va bientôt s'ouvrir avec le renouvellement partiel de la haute assemblée en 2008. Charles Pasqua est candidat à cette fonction. Mais pour être élu il doit rassembler au delà des sénateurs de droite, les voix de nombreux sénateurs humanistes de centre-gauche et de centre-droit des groupes Union centriste-UDF et RDSE (72 parlementaires). Pourtant, Charles Pasqua rattache toujours ses idées à celles de l'ultra droite « (...) sur l'essentiel, le Front national se réclame des mêmes préoccupations, des mêmes valeurs que la majorité (parlementaire) ». Un cynisme écœurant...

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