Blog de Thibault Dumas

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11 mai 2011

Le PS, nègre de Nicolas Sarkozy

Lingolsheim, charmante bourgade alsacienne limitrophe de Strasbourg. Le temps est maussade en ce mardi 8 décembre 2009, mais Nicolas Sarkozy est d'humeur goguenarde. Devant un parterre de 500 militants UMP, entourés de caciques gouvernementaux, le président de la République tacle la gauche à la carotide (à huis clos) « Vous savez, au fond, ce qui manque au Parti socialiste, c'est un directeur des ressources humaines. Ils ont des talents, ils ne savent pas s'en servir. Franchement. Donc, j'ai choisi d'être leur directeur des ressources humaines ». La graveleuse boutade n'est pas nouvelle. Le locataire de l'Elysée s'y était essayé lors de l'université d'été du MEDEF qui suivait son élection, alors que l'ouverture à gauche battait son plein. La Conquête, pour reprendre le titre du film de Xavier Durringer, c'était il y a quatre ans. Une éternité. Désormais le PS est le nègre de Nicolas Sarkozy. L'UMP vient d'éditer un éblouissant tract sur le sarkozysme en (ré)action intitulé "La République qui protège, la République qui agit", ouvrage dithyrambique de 76 pages à l'appui. La campagne socialiste (perdante) pour les législatives de juin 2007 s’intitulait "La gauche qui protège, la gauche qui agit".

04 février 2011

Informez-vous !

110. C'est le nombre d'essais politiques qui furent consacrés à Nicolas Sarkozy au cours des quatre mois qui ont suivi son arrivée à l’Élysée. 2435. C'est la somme des ouvrages référencés à ce jour pour les termes "Nicolas Sarkozy" par un fameux (et fumeux) site de commerce en ligne. A la surface de cet amas littéraire gargantuesque flotte un petit livre blanc. Point de Stéphane Hessel à la plume, mais un mystérieux envoyé spécial au Sarkozistan. Premier livre édité par Arrêt sur images, en partenariat avec Le Publieur, Crise au Sarkozistan tient autant des Monty Python que du Canard enchainé. 96 pages d'un soyeux mélange fait de journalisme d'investigation et d'un humour au second degré foncièrement anglo-saxon. La lucidité corrosive de notre reporter - enrichie par les illustrations drôlissimes du dessinateur Mor - nous donne beaucoup à apprendre sur le Sarkozistan. Un voyage stupéfiant.

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25 avril 2010

Le vrai Villepin

L'homme de gauche ne déteste pas Dominique de Villepin. Il éprouve une vielle empathie pour l'ancien ministre des Affaires étrangères. Elle est née le 14 février 2003 dans l'enceinte guindée du Conseil de sécurité de l'ONU. Ce jour la, l'éloquence chevaleresque de Galouzeau de Villepin fit mouche face aux velléités pétrolo-guerrières de Bush fils en Irak : « Dans ce temple des Nations unies, nous sommes les gardiens d'un idéal, nous sommes les gardiens d'une conscience. La lourde responsabilité et l'immense honneur qui sont les nôtres doivent nous conduire à donner la priorité au désarmement dans la paix ». Derrière la vulgate gaulliste anachronique, le plaidoyer pacifiste et multilatéraliste ne pouvait que plaire à l'homme de gauche. Une empathie encore amplifiée par la haine d'un Nicolas Sarkozy voulant pendre Villepin « à un crochet de boucher ». C'est oublié la vie et l'œuvre de Dominique de Villepin, qui n'ont rien de progressiste ou de morale.

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01 avril 2010

Le Béchu du sarkozysme

La fable politique était presque parfaite. Il y avait d'un côté le vieux lion socialiste, de l'autre le jeune fauve sarkozyste. A ma gauche Jacques Auxiette, président PS sortant de la région Pays de la Loire, l'oncle un peu grincheux à la voix rocailleuse. A ma droite Christophe Béchu, son challenger UMP, le gendre plein d'allant aux propos ciselés. Le second devait manger le premier sur ces terres ligériennes qui réputées regagnables pour la droite, c'était oublié qu'un « 21 avril à l'envers » avait mis François Fillon au tapis en 2004 et que Roselyne Bachelot avait gentiment refusé d'aller à la boucherie électorale en 2010. Monsieur Béchu a perdu dans des proportions jamais vu pour un candidat conservateur sur les berges de la Loire. 159 094 voix d'écarts avec son adversaire socialiste et seulement 43,61% des suffrages. Une étoile montante du sarkozysme touchée en plein ciel.

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07 janvier 2010

La disparition de la droite sociale

Être de gauche c'est (aussi) avoir de l'estime pour ceux qui, bien que de l'autre bord, sont dévoués à la République et sensibles à la question sociale. Philippe Séguin était de ceux là. Un président de la Cour des comptes pertinent et percutant, maniant l'ironie avec délectation, qui fit de son institution un véritable contre-pouvoir républicain. Il resta tout de même bien plus proche de Nicolas Sarkozy qu'on ne le dit. Ce natif de Tunis a aussi incarné les errements du conservatisme français par rapport à la question européenne, un flirt avec l'extrême droite dissimulé sous le terme de « souverainisme ». Il fut aussi mêlé - presque malgré lui - à la décrépitude peu ragoûtante du RPR et au cynisme libéral de Jacques Chirac (à l'image du plan de rationalisation de l'Assurance maladie de 1986 lorsque qu'il fut son Ministre des Affaires sociales). Reste qu'il incarnait, au delà de ses coups de sang et de son art oratoire, une certaine droite : soucieuse de l'intérêt général et non de celui d'une caste ou des milieux financiers. L'actuel locataire de l'Élysée en a pris l'exact contre-pied, détruisant méticuleusement ce sens de l'État. La mort des idées de Philippe Séguin a en quelque sorte précédée sa propre disparition.

19 octobre 2009

Les intérêts particuliers de Rachida Dati

Rachida Dati a des ressources physiques inépuisables. Du moins c'est ce qu'elle s'échine à faire croire. Déjà en janvier 2009, elle avait intégralement mis en scène son retour au conseil des ministres, 5 jours à peine après son accouchement par césarienne. Manœuvre grossière d'une disgraciée du sarkozysme dont les prérogatives (et l'agenda) se réduisaient comme peau de chagrin au ministère de la justice. Aujourd'hui l'ex garde des Sceaux est une ultra-cumularde. Maire du 7e arrondissement, elle est aussi députée européenne. Ses négligences républicaines n'ont d'égales que ses caprices politiques, qui visent à s'arroger toujours plus de pouvoir. Mais les 11 863 euros par mois qu'elle touche de ses mandats, avant impôts, ne suffisent pas à couvrir son train de vie mondain. Alors Rachida Dati fait du « conseil » et se lance même dans l'humanitaire. Un seul mot d'ordre : mes intérêts particuliers avant l'intérêt général.

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25 juin 2009

Glissement néo-conservateur

Bruno Le Maire est un homme politique respectable. Ancien directeur de cabinet de Dominique de Villepin de 2005 à 2007, ce germanophone aux qualités littéraires remarquables incarne une certaine droite sociale déformée par l’offensive du néo-libéralisme (typiquement l’épisode du CPE). Son passage au secrétariat d'État en charge des Affaires européennes (de décembre 2008 à juin 2009) fut largement instrumentalisé par Nicolas Ier en vue des élections européennes et de la nouvelle Commission européenne, mais personne ne remet en cause son européisme. Car Bruno Le Maire est europhile autant que son successeur aux Affaires européennes Pierre Lellouche est atlantiste. Le député UMP de Paris est en effet un véritable ayatollah néo-conservateur, l’homme le plus bushiste de la classe politique française.

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06 février 2009

Quand Le Figaro fait du publireportage pour l'UMP

Dans son numéro du samedi 31 janvier 2008 l'hebdomadaire le Figaro Magazine a fait dans le lourd. De le page 22 à 26 c'est un véritable publireportage en faveur du plan de relance du gouvernement qui a été imprimé. Ce dossier intitulé « Plan de relance, c'est parti ! » est pour le moins partisan, sans nuances, dénué d'opinions alternatives. C'est très critiquable sur le plan du travail journalistique mais c'est le droit le plus strict du « Fig mag ». La ou le bas blesse c'est que chaque page est agrémentée d'un énorme logo gouvernemental « Plan de relance » avec adresse du site officiel en prime. Imaginons que Libération fasse la même chose avec le visuel « Agir vraiment contre la crise » du PS. Ridicule ! Le propriétaire du Figaro magazine, Serge Dassault, s'est il « coordonné » avec Patrick Devejian ? Est-ce une commande directe du gouvernement et de son communicateur en chef Thierry Saussez ?

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