L'homme de gauche ne déteste pas
Dominique de Villepin. Il éprouve une vielle empathie pour l'ancien ministre
des Affaires étrangères. Elle est née le 14 février 2003 dans l'enceinte
guindée du Conseil de sécurité de l'ONU. Ce jour la, l'éloquence chevaleresque
de Galouzeau de Villepin fit mouche face aux velléités pétrolo-guerrières de
Bush fils en Irak : « Dans ce temple des Nations unies, nous sommes les
gardiens d'un idéal, nous sommes les gardiens d'une conscience. La lourde
responsabilité et l'immense honneur qui sont les nôtres doivent nous conduire à
donner la priorité au désarmement dans la paix ». Derrière la vulgate
gaulliste anachronique, le plaidoyer pacifiste et multilatéraliste ne pouvait
que plaire à l'homme de gauche. Une empathie encore amplifiée par la haine d'un
Nicolas Sarkozy voulant pendre Villepin « à un crochet de boucher ».
C'est oublié la vie et l'œuvre de Dominique de Villepin, qui n'ont rien de
progressiste ou de morale.
Qui est ce membre véhément de l'opposition ?
Qui dénonce avec une telle ardeur le pouvoir en place ? Va-t-il déposer une
motion au prochain congrès du Parti socialiste ? Veut-il prendre le leadership
de la gauche en vue des élections présidentielles de 2012 ? Non, c'est
Dominique de Villepin qui fait ses gammes anti-sarkozystes. Ce qui délicieux à
écouter l'ancien Premier ministre, c'est qu'il est un traite antique, usant de
ses tirades comme autant d'armes contre l'Élysée. Héritier désigné par le
vielle empereur Chirac, il fut écarté de la succession au pouvoir par le
perfide Sarkozy, fils rejeté. Tel un traitre au nouveau César, Galouzeau de
Villepin dénonce et poignarde sans relâche un pouvoir qu'il ne connaît que trop
bien, pour y avoir exercé longtemps comme conseiller de l'ombre. Ainsi, il est
le surmoi chiraquien, proclamant tout haut ce que l'empereur à la retraite
n'ose dire que tout bas. Son éloquence désuette mais tellement inspirée a côté
de la vulgarité de Nicolas Sarkozy, n'a d'égale que sa mauvaise foi. Car
Dominique de Villepin ne dénonce pas tant les choix du pouvoir que le fait de
ne pas être lui même au pouvoir. Il méprise tellement le suffrage universel et
la démocratie qu'il pense que les luttes politiques ne se gagnent que dans
l'ombre des officines et dans la lumière de ses envolées lyriques.
Monsieur De Villepin, qui se
présente comme le chevalier servant de notre modèle républicain n’est en fait
qu’un saltimbanque libéral qui agite le social comme un pompon médiatique. Son
souci de la « concertation sociale » est infirmé par son utilisation de la
procédure parlementaire d’urgence pour avorter le débat de fond. Son discours
de modération politique est démenti par la dureté pratique de ses mesures :
diminution scandaleuse de l’imposition des plus aisés, précarisation de la vie
professionnelle avec le CNE et le CPE. Ses affirmations sur la baisse du
chômage ne trouve d’échos que dans les radiations de l’ANPE : les chômeurs
seraint donc des erreurs statistiques ? Celui qui a bénéficié de la
bienveillance de certains de nos concitoyens, à en fait le même souci de la
morale politique que son éminent monarque en fin de règne Jacques Chirac 2nd :
l'art du décalage abyssale entre parole et vérité. Notre mobilisation contre le
Contrat Première Embauche et pour la solidarité, la durabilité sociale doit
donc être totale.





