Blog de Thibault Dumas

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09 octobre 2009

Barack Obama et l'histoire

Toute la spécificité de Barack Obama est la. Il « est » l'histoire avant même de l'écrire. Ainsi il devient prix Nobel de la paix 9 mois à peine après sa prise de fonction. Une distinction non pas à postériori, mais à priori « pour ses efforts extraordinaires en faveur du renforcement de la diplomatie et de la coopération internationales entre les peuples ». Une récompense pour sa vision du monde et un appel à l'action bien plus qu'une consécration. Déjà son élection en novembre 2008 était un tournant historique surprenant. Fin symbolique du racisme qui a marqué l'histoire étasunienne, de l'esclavage jusqu'à la relégation sociale en passant par la ségrégation raciale. Bannissement du néo-conservatisme de Bush fils qui a souillé à jamais la face du monde. Renouvèlement du progressisme étasunien plus en phase avec l'Amérique admirée des idéaux révolutionnaires de 1776.

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25 juin 2009

Glissement néo-conservateur

Bruno Le Maire est un homme politique respectable. Ancien directeur de cabinet de Dominique de Villepin de 2005 à 2007, ce germanophone aux qualités littéraires remarquables incarne une certaine droite sociale déformée par l’offensive du néo-libéralisme (typiquement l’épisode du CPE). Son passage au secrétariat d'État en charge des Affaires européennes (de décembre 2008 à juin 2009) fut largement instrumentalisé par Nicolas Ier en vue des élections européennes et de la nouvelle Commission européenne, mais personne ne remet en cause son européisme. Car Bruno Le Maire est europhile autant que son successeur aux Affaires européennes Pierre Lellouche est atlantiste. Le député UMP de Paris est en effet un véritable ayatollah néo-conservateur, l’homme le plus bushiste de la classe politique française.

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21 juin 2009

Plus qu’une bataille pour la santé des américains

« La campagne pour réformer le système de santé en 2009 est le plus grand test pour notre mouvement depuis les dernières élections ». Barack Obama mobilise avec vigueur ses troupes pour ce qui s'annonce (déjà) comme le moment crucial de son mandat. Les 46 millions d'américains qui sont dépourvus de couverture médicale attendent cette réforme depuis 15 ans. En effet, Hillary Clinton mandatée par Bill Clinton pour réformer le système de santé en 1993, avait dû céder face au harcèlement incessant des lobbys pharmaceutiques et assurantiels dès 1994. La gauche étasunienne va donc sans doute mener sa plus grande bataille politique depuis la fin du mouvement des droits civiques en 1968. Les républicains, les lobbys aiguisent leurs armes criant déjà « Non au socialisme ».

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13 janvier 2009

Artisans de la paix en temps de guerre

Les bombes et les missiles israéliens pleuvent sur Gaza. Les roquettes du Hamas tombent sur le Sud d'Israël. La disproportion guerrière de Tsahal, la violence et le désastre humain sont tels, que devant le flot incessant et répétitif des images cela en devient banal. L'horreur absolue, la guerre devient banale. En France, ce sont les préjugés qui pleuvent. La bêtise extrémiste et communautariste (d'ou qu'elle vienne) à voix au chapitre : « Dis moi qui tu es, je te dirais qui tu soutiens ». C'est ying contre yang, noir contre blanc, bloc contre bloc, pro-israéliens contre pro-palestiniens. Peu importe la recherche de la paix, l'important est de s'indigner le plus possible en faveur d'un « camp », et de faire le lit des plus extrémistes. Dans ce chaos réel (là-bas) comme verbal (ici), certains ont le courage d'être à contre-courant. D'être des artisans de la paix et de la justice en temps de guerre.

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08 janvier 2009

La folie guerrière

« Pluie d'été » contre « Plomb durci ». Les noms des opérations militaires de Tsahal changent, la folie guerrière reste. Les similitudes avec le conflit du Sud Liban en 2006 sont démoralisantes. La pratique de la terreur meurtrière par les tirs de roquettes (hier du Hezbollah aujourd'hui du Hamas), les représailles d'une violence inouïe par l'armée israélienne. Entre les deux, les gazaouis, appauvrient par les uns pour être tués par les autres. Le blocus, l'enclavement entre l'Égypte et Israël, le conflit Hamas / Fatah, la guerre maintenant, tout consacre l'agonie de Gaza tout autant que la désagrégation de l'unité palestinienne. Le Hamas pourtant affaiblit depuis son arrivée au pouvoir, se retrouve revigoré par cette guerre. Plus simple de jouer les martyrs terroristes en temps de guerre, que de redistribuer les richesses et dialoguer pour faire la paix. La disproportion belliciste de Tsahal est tout aussi alarmante. Les extrémistes va-t-en guerre israéliens comme palestiniens semblent avoir des intérêts communs à ce conflit meurtrier.

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02 août 2008

Le changement au-delà des États-Unis

Vu d'Europe on ne se rend pas compte à quel point  la tournée de Barack Obama sur le vieux continent est politiquement audacieuse et périlleuse. Car c'est cette « vielle Europe » que vilipendait Donald Rumsfeld (lorsque ses peuples s'opposaient à la guerre en Irak), c'est cette « allure d'européen » que l'on reprochait vertement à John Kerry en 2004 (il parlait français, comble du snobisme de gauche de la côte Est). Il est évident que chaque présidentielle au pays à la bannière étoilée fait émerger la même problématique : le monde a les yeux rivés sur l'Amérique, alors que les américains ont les yeux braqués sur... eux même, dans un nombrilisme nationaliste accentuée par le 11 septembre 2001. Même Ronald Reagan qui avait fait sa campagne de 1981 sur une politique étrangère dure face à l'URSS avait toujours refusé de voyager à l'étranger pour rencontrer des dirigeants européens, encore moins des pays de l'Est. Obama incarne donc l'espoir d'un changement vers une politique étrangère des Etats-Unis plus ouverte et multilatérale.

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04 juillet 2008

Ingrid Betancourt libre et lucide

Bien sûr le président Sarkozy, avec sa vulgarité habituelle, en fait (tactiquement) des tonnes sur la libération d'Ingrid Betancourt, pour eclipser les sujets qui fâchent. Assurément le président Uribe sera conforté dans sa politique musclée à l'égard des FARC alors que c'est une opération plutôt fine (du moins en apparence) qui a permis la libération de l'otage franco-colombienne. A coup sûr, nous assistons à un déferlement médiatique ou certains sont plus proche du voyeurisme exécrable que du journalisme. Mais quelque part on s'en fout complètement, car quel enthousiasme de voir Ingrid Betancourt libre ! Sa lucidité sur l'horreur humaine absolue qu'elle a vécu, sa connaissance aigue des implications diplomatiques de sa libération, sa pugnacité étonnante quand à l'avenir politique colombienne, sont autant d'indices de la grandeur de cette femme politique. Il y a six mois lors de la libération de Clara Rojas nous rêvions tous que Ingrid Betancourt « (...) citoyenne d'honneur de Paris puisse de nouveau arpenter les rues de cette ville symbole de la liberté ». C'est aujourd'hui une réalité.

17 janvier 2008

Définitivement goodbye Monsieur Blair

Cher Monsieur Blair, je me permets de vous interpeler en tant que simple militant de gauche, « la vielle gauche » comme vous dites. Je vais être honnête, j'ai un vieux passif avec vous car ma rupture intellectuelle avec le courant politique qui porte votre nom (« le blairisme ») fut inhérente à mon engagement politique. Mais je ne veux pas seulement vous parler ici d'une rupture intellectuelle mais surtout d'une rupture morale. Elle a commencé par votre soutien total à la diplomatie haineuse et sanguinaire de Bush fils. Elle a continué avec ces innombrables textes communs signés avec messieurs Aznar et Berlusconi des hommes politiques « progressistes » comme vous dites. Elle a prit un tour plus personnel, pour nous français, quand au printemps dernier vous avez frénétiquement soutenu Nicolas Sarkozy contre Ségolène Royal, pourtant membre du Parti Socialiste Européen tout comme vous, tout comme moi.

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