Nicolas
Sarkozy a été cité 110 fois sur ce blog sans prendre en compte ce billet. Au
delà de cette anecdote les médias de masse français semble être atteint d'une
sarkozite aigu qui consiste à relayer la stratégie agressive de
sur-communication de l'hôte de l'Elysée. Un évènement témoigne de ce climat ou
on a la curieuse impression d'être beaucoup informé sans être réellement
informé du fait d'une hyper-concentration sans précédent des pouvoirs
politique, financier et médiatique. Le 18 et 19 octobre dernier lors de la
préparation du sommet de Lisbonne le président français se lance dans une
diatribe contre le « trop grand nombre de musulmans présents en Europe » et
soutien avec virulence « le choc des civilisations » (article du site Bakchich).
Cette information révélé par un journaliste de Libération et légèrement reprise
dans la blogosphère a été passé sous silence dans les médias d'information de
grande écoute. Ce paradoxe entre sur-traitement médiatique et sous-traitement
critique de Nicolas Sarkozy est dénoncé par le Rassemblement pour la démocratie
à la télévision (RDT) qui organise une journée nationale sans Sarkozy dans les
médias le 30 novembre. Initiative louable quand des pratiques politiques et
médiatiques qui nous paraissaient scandaleuses il y a quelques années en Italie
voir en Russie se dévellopent aujourd'hui en France.
A entendre certains il y aurait une
prédisposition de certains peuples et de certaines cultures pour la démocratie
(en général les pays occidentaux anciennement colonisateurs), et la
prédestination d'autres à l'autoritarisme voir au totalitarisme barbare (pour
résumer les pays orientaux, africains et asiatiques anciennement colonisés).
Pourtant de l'Europe orientale jusqu'au Sud-Est de l'Asie, de multiples
mouvements d'émancipations démocratiques et de répressions autoritaires à leur
encontre ont lieu : Birmanie, Pakistan, Géorgie ...
Le
temps est à la nation. Henri Guaino refait avec Nicolas Sarkozy le coup du
nationalisme cocardier voir du néocolonialisme comme jadis le duo
Garaud-Juillet l'avait fait avec Jacques Chrirac. Il y a six mois, Ségolène
Royal dégaine (à la stupéfaction générale) le drapeau tricolore, la
Marseillaise et rengaine le drapeau européen comme l'Internationale. Même le
rugby sport collectif et solidaire par essence, est réduit à un magma de
chauvinisme par le rouleau compresseur TF1. Le temps est à la nation et au
nationalisme. Il faut donc plus que jamais parler d'Europe et porter un nouvel
idéal européen : progressiste, social et démocratique.
Il doit y avoir un service chargé
d'éplucher les faits divers et les avis de décès à l'Elysée. En effet, le
président Nicolas Sarkozy se saisit de tout et de rien, mais surtout des
affaires les plus sordides, il mène la politique du fait divers pour proclamer
la République des victimes. Des victimes sélectionnés, triés sur le volet bien
sûr. La collectivité ne doit pas raisonner en termes de justice, de vérité, de
séparation des pouvoirs mais elle doit crier « réaction ! vengeance
! ». Le président, comme d'autres populistes en Europe, se déclare pro
peine de mort pour les pédophiles. Il fait appel aux sentiments les plus bas,
les plus haineux. Dormez tranquille, de toute façon il n'y a pas à vous
inquiéter, en bon père de famille c'est ce même président qui propose les lois,
vote les lois, applique les lois, maintient l'ordre et rend la justice. C'est
le pouvoir total, personnifié dans un rapport bonapartiste, direct et permanent
avec l'opinion.
Un bilan politique de la
5e République montre qu'elle s'est construite contre l'alternance politique et
au mépris de la démocratie. Sur les 54 années de mandatures de 1958 à 2012, on
compte 40 ans de présidence conservatrice, bientôt autant à l'Assemblée
nationale, sans parler d'un Sénat de tous temps ancré à droite. Nicolas Sarkozy
se fait le champion des excès de cette 5e République et de la concentration des
pouvoirs politiques, financiers et médiatiques. La gauche reste mal à l'aise
avec la personnalisation forcé qu'entraine ce régime qui va à l'encontre d'une
exigence collective et démocratique. Nous devons donc continuer à porter une 6e
République des citoyens, avec des contres pouvoirs et « gouvernable »
institutionnellement.
Il y a quelques semaines lors d'un débat informel
sur la Chine avec deux adhérents de l'UMP, l'un me déclarait que l'état des
droits humains et sociaux dans ce pays n'avait que peu d'importance. L'autre me
disait que ça n'était pas grave « tant qu'ils travaillaient... ». On
expose le miracle économique chinois comme un modèle. On pavoise quand la
France passe des contrats commerciaux avec la Chine. Pourtant le régime de la
République populaire est bien une dictature violente. L'absence démocratique
est empiré par des tensions et des inégalités sociales grandissantes. Nous
devons nous en préoccuper.
« C'est en quelque sorte un 3ème tour de
l'élection présidentielle de 2002 » me déclare un camarade. Mais depuis ce
dimanche 22 avril a commençé un « Dallas politique » autour du
positionnement de François Bayrou. Face à notre cher Nicolas Sarkozy, sorte de
JR du néo conservatisme nous avons Ségolène Royal, la Su Ellen du socialisme
réformiste. Toute la question est de savoir si François Bayrou, ira jusqu'à
s'allier avec la famille de la gauche, si il retournera avec la bonne vielle
famille de la droite, ou si (le plus probable) il attendra son heure pour faire
prospérer son Parti démocrate sur les ruines de telle ou telle défaite. Cette
situation et l'habilité de François Bayrou à en jouer ne doit pas occulter la
nécessité du débat démocratique. Le choix entre deux modèles sociétés, le
développement solidaire contre la cassure libérale.






