Les entreprises humaines sont vouées à
disparaître, les organisations politiques peut-être plus que les autres. Le
Mouvement des jeunes socialistes créé en 1993 est au bord du gouffre. Parler
des jeunes socialistes, c'est déjà s'adresser à un public extrêmement
restreint, une « niche » politique de 5300 militants aujourd’hui
alors que l'organisation affirmait en avoir 10 000 au lendemain du mouvement
anti-CPE. Au congrès de Grenoble les 20, 21 et 22 novembre dernier le MJS avait
l'ambition de porter « la gauche au sommet ». Mieux, depuis lors sa
nouvelle présidente Laurianne Deniaud prétend faire table rase du passé au sein
de l'organisation, jouant à fond la partition du « plus rénovateur que moi
tu meurs ». Les jeunes socialistes peuvent-ils vraiment se rénover ?
Parfois, il est utile de relire la
Déclaration des droits de l'Homme du Citoyen de 1789. Son article 11 garantit
la liberté et la pluralité d'opinion : « La libre communication des pensées et
des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme ». Ce principe est
aujourd'hui remis en cause dans le domaine de l'audiovisuel. Des pratiques
politiques qui nous paraissaient scandaleuse, il y a quelques temps encore, en
Italie voir en Russie, se dévellopent maintenant en France : mis à mal de
l'accés à l'information, limitation de l'indépendance des médias,
hyper-concentration des pouvoirs médiatiques, soutien aux grands groupes « amis
» et au tout marchand, reprise en main politique et lynchage du service public
audiovisuel. Ce dernier point est déterminent, les citoyens peuvent et doivent
se mobiliser pour « leur » service public audiovisuel. C'est pour mener ce
combat que se créer Libre écran, le collectif citoyen pour la défense de
l'audiovisuel public. Les fondements démocratiques et culturels de notre
société sont en jeu, alors agissons (
On a beau vouloir regarder les Jeux
Olympiques avec ses idéaux d'enfant (beauté du geste, importance de la
participation, fraternité universelle) on se heurte à la pourriture. Les JO
sont depuis le tournant des années 1980 (l'ère Samaranche) une mascarade
commerciale qui se fait au détriment de l'esprit olympique originel. Ils sont
en 2008, une pantalonnade au service d'un régime totalitaire. Pendant que les
athlètes expriment leur appétit de gagner, que les téléspectateurs acclament
leurs champions, résonnent les cris des chinois qui sont déplacés, torturés,
tués. Comment peut on oser mettre en balance une compétition sportive (certes
déterminante pour les athlètes) avec la liberté d'un quart de l'humanité ?
Croix imposante, prêtres en tenus, hauts
parleurs et chants pieux... c'est le défilé chrétien pour le moins démonstratif
qui a lieu tous les dimanches dans le parc de Bercy à Paris. Le tout est
organisé par la paroisse adjacente de Lachambaudie, réputé comme étant l'une
des plus conservatrices de la capitale. Ce prosélytisme régulier et agressif
dans un lieu public (surement pas un cas isolé en France) constitue une
atteinte banale mais avérée au principe de laïcité car contraire à l'article 28
de la loi de 1905 : « Il est interdit, à l'avenir, d'élever ou d'apposer aucun
signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement
public que ce soit (...) ». L'absence de réactions à ce genre de cérémonies
démontre l'emprise encore forte de la culture catholique sur la sphère publique
française. Imaginez les exclamations si une Synagogue ou une Mosquée organisait
pareil évènement dans un espace public à Paris ! La laïcité est précieuse,
moderne et essentielle pour la conscience individuelle et la vie collective, il
faut donc continuer à la faire respecter, même dans la banalité du
quotidien...
Le
triomphe de Silvio Berlusconi en Italie démontre à qui ne voulait pas
l'entendre que la gauche européenne est malade. Majoritairement dans
l'opposition au sein de l'Union européenne, elle oscille entre attitude
défensive, timidité et renoncement, même la ou elle est au pouvoir. Tout
l'inverse d'une Amérique du Sud quasi intégralement rose-rouge aujourd'hui. Que
de chemin parcouru depuis les années 1970 ou les opposants progressistes aux
régimes autoritaires latino-américains venaient se réfugier chez leurs
camarades européens. La victoire de Fernando Lugo au Paraguay est une
excellente nouvelle pour la gauche mondiale, et quand on voit en action les
Sarkozy, Blocher et autre Berlusconi en Europe on aurait presque envie d'aller
se réfugier à notre tour en Amérique du Sud.
Le sénateur de l'Essonne Jean-Luc Mélenchon
est souvent vertement critiqué par ses petits camarades socialistes. Combien de
fois n'ai-je pas entendu dans les courants réformistes et l'aile droite du PS
qu'il fallait exclure ce gauchiste des rangs socialistes. Pour ma part, malgré
de multiples déssacords avec son courant d'idées, je pense que le PS est une
maison commune et que ce qu'il porte y a toute sa place. De plus, contrairement
à d'autres, il a le mérite de la constance dans le temps quand à ses opinions.
Mais je dois avouer que j'ai été surpris par les propos du chef de fil de Pour
la République Sociale (PRS) concernant la Chine dans un article intitulé « Je
ne suis pas d'accord avec le boycott des Jeux de Pékin et la propagande
anti-chinoise ». Je pense qu'il y fait de graves contresens.
Les manifestants pour les Droits de l'homme en
Chine et au Tibet sont accusés de gâcher la fête de l'olympisme à Paris et
ailleurs. En réalité ils ont réhabilité l'humanisme olympique. Les crapules du
CIO se moquent de la dignité humaine et donnent les JO à la plus grande
dictature du 21ème siècle. Les oppresseurs qui dirigent la Chine font la
promotion acharnée de cette dictature nationaliste et répriment dans le sang
toute opposition. Les organisateurs de Pékin 2008 violent l'olympisme en
entourant la flamme d'une gestapo grotesque, en exigeant qu'on ne voit pas de
drapeau tibétain, en se scandalisant d'une banderole pour « les droits de
l'homme dans le monde ». Les autorités françaises ont rivalisé de cynisme,
tandis que l'Europe reste incapable de tenir une position commune forte face à
la Chine. A rebours de la connivence des discours officiels, les citoyens ont
criés l'exigence de la liberté. Peu importe si cela est trop tard, trop tôt,
désorganisé car c'est une opinion forte et légitime. Dans toutes les villes ces
cris sont autant de victoires sur un silence complice. Pour la première fois
les tortionnaires chinois qui roucoulaient sont contrariés. Alors continuons à
crier pour ces peuples qui sont étouffés : Vive le Tibet libre ! Vive les
Droits de l'homme pour les chinois !
Les élections municipales dans le 13e
arrondissement de Paris sont le théâtre d'une dérive politique inquiétante : le
communautarisme électoral. Un certain Félix Wu se présente aux suffrages de ses
concitoyens pour, selon ses affiches, « une plus juste représentation du 13e ».
Bien qu'il fasse référence à une « diversité positive », sa liste veut «
représenter la classe asiatique à la Mairie du 13e ». Il s'agit donc pour Félix
Wu de rassembler exclusivement un vote communautariste voir ethnique (je n'aime
pas utiliser ce terme mais c'est de cela qu'il s'agit). Cette candidature va à
l'encontre de trois principes fondamentaux. Un, on appartient avant tout à une
collectivité démocratique et solidaire (Ville, Région, État-nation, Europe), et
ce quelle que soit son origine. Deux, un élu exerce son mandat dans le but de
l'intérêt général de l'ensemble d'une population et non d'une communauté.
Trois, se présenter au nom d'une communauté c'est s'y limiter et être en
contradiction avec la métissage culturel.





