
Si vous posez votre popotin sur un siège de
cinéma - plus ou moins confortable -, dans une salle d'art et d'essai, vous
pourriez avoir le privilège de voir le logo Europa cinemas apparaître
à l'écran. Créé en 1992, sur les deniers des Mesures pour encourager le
développement de l'industrie audiovisuelle (programme MEDIA), Europa
cinemas est le premier réseau de salles à programmer majoritairement des
films européens. Impulsé de France, présidé par le réalisateur français Claude
Miller, il s'étend aujourd’hui bien au-delà des frontières de l'Union
européenne. Aujourd'hui, il intègre des salles obscures des Balkans (Albanie,
Bosnie- Herzégovine, Serbie, Macédoine...) ou même du Caucase (Arménie,
Géorgie...). 45 pays en tout. Vers l'infini et au-delà ! Avec même des
ramifications spécifiques qui naissent en Asie ou en Méditerranée.
Et la Cinecittà brûla. Un dépôt de
matériel, un court-circuit, des flammes hautes de 30 à 40 mètres et 4 000 m2 de
studios qui partent en fumée sur les 40 hectares que compte l'antre mythique du
cinéma italien. Bien sûr, cette nuit ravageuse du 9 au 10 août 2007 ne marque
pas matériellement la fin de l'Italie sur grand écran mais le symbole est fort,
l'image crépusculaire. Car le cinéma transalpin fut grand, immense, écrasant le
Vieux Continent de sa superbe. Les studios de la Cinecittà fêteront en
avril 2012 leurs 75 ans d'existence, pour 4 000 films produits. "L'usine à
rêves" a été érigée en 1937 dans le sud-est de Rome, coincée entre autoroutes
et rails. D'inspiration mussolinienne, l'idée d'un lieu majeur de création
culturelle populaire ne devint succès qu'après la seconde guerre mondiale... et
la disparition du régime fasciste.
« Si aujourd'hui je peux vivre du slam
c'est grâce à Grand corps malade mais Grand corps malade ce n'est pas le slam à
lui tout seul, simplement un slameur », met au point d'entrée Alice
Ligier. Quelle est loin la petite fille introvertie qui découvre les mots à
l'aube de ses huit ans. Un poème sur les chaussures en guise d'auto-initiation
à l'écriture et vogue la galère artistique. « Les mots m'ont toujours plu
même si je ne parlais pas beaucoup de moi, j'étais secrète ». En
exploration donc la gamine avec comme figure compréhensive quoique tutélaire sa
grand-mère. Partie trop tôt, celle-ci reste un fil conducteur pour Alice,
artiste adulte et accomplie.
Il se dresse la, au bout de l’Île de
Nantes, entre deux bras de la Loire, surplombé par la grue Titan grise, jouxté
par les anneaux colorés de Daniel Buren et Patrick Bouchain. Le Hangar à
bananes ou hangar Maurice Bertin (du nom de l'ancien président de la chambre de
commerce) est une longue battisse grise de 150 mètres, basse, carrée, dont
l'architecture tient de l'immobilier portuaire plutôt art déco. L'imaginaire
collectif nantais raccroche l'histoire du hangar à celle de l'esclavage et du
commerce triangulaire. Que neni, il fut construit au lendemain de la seconde
guerre mondiale, prospéra pendant dix ans sur le commerce de bananes et
d'ananas importés de Guinée, devint le pourvoyeur de tout l'Ouest en la matière
puis fut transformé en dépôt de sucre de l'usine Béghin Say du début
des années 1970 jusqu'à sa fermeture 1991.
Enfant, Jean-Félix Fayolle, flânait
dans sa campagne des environs de Couffé en Loire Atlantique. Argentique en
main, il photographiait frénétiquement cars et autres bus. Une fois tirées, les
photos étaient soigneusement compilées dans un classeur. La photographie et le
voyage, les deux sacerdoces de Peff (son nom d'artiste), qui le mèneront 15 ans
plus tard en Amérique latine, pour s'immerger dans les ghettos hispaniques.
Retour aux origines. Le jeune homme aujourd'hui âgé de 28 ans est né à Ancenis
en 1983. Papa agriculteur, maman vendeuse dans une boutique de cadeaux.
« Je viens d'un milieu rural, j'ai passé mon enfance à courir dans les
champs, à faire 15 kilomètres pour aller voir un copain. J'ai toujours voulu
voyager, sortir de mon patelin » confie JFF.
Depuis 188 ans à Cologne, il y a cinq saisons et
non plus quatre. Tous les ans, le onzième jour du onzième mois, à 11h11
précises, débute le Kölner Karneval, avec en point d'orgue de cette
(longue) saison de festivités les six jours qui précèdent mardi gras en février
et en mars. La ville de Rhénanie-Nord-Westphalie se drape alors de rouge et de
blanc, tous ses habitants se griment, se costument et se déguisent. Les
accoutrements des plus classiques côtoient les tenues des plus délurées dans
les bureaux, les voitures, les tramways, les parcs, les restaurants, les
bars... Couleurs partout, austérité nulle part.
18,7 millions d'articles en ligne, 29
millions d'utilisateurs inscrits, 281 langues utilisées (anglais, allemand et
français en tête), 7e site le plus fréquenté au monde. Voilà la carte de visite
de l'encyclopédie universelle et collaborative Wikipédia - wiki
signifiant "rapide" en hawaïen - créée il y a un peu plus de dix ans, le 15
janvier 2001. Derrière ces chiffres, une aspiration et une illusion millénaire
pour l'homme, celle de la connaissance universelle. « L'âme de l'homme est
faite pour embrasser dans sa pensée toutes les œuvres que le principe des
choses a laissé sortir hors de son sein », énonçait Louis-Claude de
Saint-Martin, penseur français du XVIIIe siècle, autoproclamé le "philosophe
inconnu" !
La reconstitution historique a
tous les attributs du théâtre emmerdant : décors kitchs, jeu minimaliste ou
outrancier (c'est au choix), spectacle lénifiant... De ce point de vue
« l'Hermine noire » est renversante. Cette pièce de théâtre jouée a
maintes reprises cet été sur la presqu'ile Guérandaise (région à la lisière de
la Bretagne et des Pays de la Loire) met en scène l'histoire de Anne Bretgane
et les péripéties du rattachement (ou de la résistance diront certains) de la
Bretagne à la France. Emmerdant ? Pourtant le cocktail est pétaradant : sex,
war and politics au Pays Bigoudin. On couche, on flingue et on conspire à tour
de bras. Le tout donne une sorte de Tontons flingueurs sur planches ou de
Tarantino au Moyen Age, tant pour les dialogues que pour les fusillades.





