Blog de Thibault Dumas

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Tag - Congrès de Reims

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01 janvier 2009

La stratégie kamikaze de Ségolène Royal

Nous sommes, en ce début d'année 2009, à un moment charnière de la présidence Sarkozy. La tension sociale est palpable, c'est rien de le dire. La jeunesse hésite entre radicalité et résignation, un mouvement social massif peut démarrer à la moindre étincelle. La gauche réformiste est (enfin) entrée dans une opposition frontale au sarkozysme. Le PS a une nouvelle direction bosseuse et renouvelée, la nouvelle Première secrétaire s'oppose de façon intelligente et efficace, les contre-vœux en sont une illustration parmi d'autres. Le PS va objectivement mieux qu'il y a six mois. Dans ce contexte, la ligne de Ségolène Royal est tout simplement anachronique et kamikaze. Elle est rentrée dans une stratégie de friction interne permanente au PS alors que la situation du pays et du monde exige la mobilisation unitaire de la gauche. Son équipe s'exprime comme en plein Congrès alors que la phase démocratique interne est terminé depuis longtemps. Son courant qui devrait être à l'avant garde de la rénovation, mène une bataille d'arrière garde façon « vieux PS ». Quel décalage par rapport à la réalité politique et sociale !

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28 novembre 2008

Au boulot les socialistes

C'était à la Mutualité, quelques heures avant l'investiture de Martine Aubry comme Première secrétaire du PS. La pénombre, l'éclairage rouge du fond de scène, la rose au poing qui brille, la salle aux trois quarts vide : l'ambiance est à la fois surréaliste et intimiste. Dans le groupe de socialistes aubrystes qui s'est formée, « la belle lilloise » est une militante parmi d'autres. On pourrait la croire galvanisée par cette victoire qui vient de si loin, mais elle prend la parole calmement sans triomphalisme, le temps du travail à déjà commencé. Ce moment est à l'image de la campagne interne qui a durée pratiquement 8 mois : collective, fraternelle, organisée... une vraie épopée militante en fait malgré la rudesse du Congrès. D'ailleurs, un débat interne rude ne signifie pas automatiquement un échec, au contraire : « Il faut avoir un chaos en soi-même pour accoucher d'une étoile qui danse  » comme le disait Nietzsche (et non Royal ou Jaurès !).

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18 novembre 2008

La lutte finale au PS

A l'arrivée à Reims c'est un épais brouillard et la pluie qui étaient au rendez-vous. Au départ c'est un ciel blanc avec de la bruine. Une météo à l'image du Congrès du PS, pas encore un grand souffle de changement à gauche mais des éléments rationnels pour y croire. Bien sûr les échos médiatiques sont très sévères, car pour les journalistes il n'y avait pas d'alternative : c'était soit le sacre, soit le massacre de Reims. Ce fut pourtant ni l'un, ni l'autre. Pour reprendre les mots de conclusion d'Adeline Hazan « Ce Congrès n’a été ni celui d’Epinay, ni celui de Rennes, juste le Congrès de Reims ». Je reviens pour ma part de ce 75ème Congrès socialiste avec un certain optimisme, il faudra que cela se confirme dans les urnes cette semaine.

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13 novembre 2008

Les deux impasses à éviter

« C'est le bordel, je ne comprend rien à ce qui se passe » voila ce que l'on entend le plus souvent dans les bouches socialistes depuis le vote du 6 novembre. Ce scrutin a démontré l'utilité des procédures démocratiques internes du PS, ce parti n'est pas encore la SFIO ou le Parti radical : il bouge. Encore faut-il le bouger dans la bonne direction. Les portes paroles de l'UMP, Frédéric Lefebvre et Dominique Paillé (la brute et le truand du sarkozysme), peuvent déverser des torrents de communiqués de presse insultants sur le PS, la réalité est que la droite ne comprend rien à cette démocratie interne de parti. Laissons leurs les attributs du bonapartisme marketing. Mais revenons au vote, selon moi il a des significations claires et parfois contradictoires. Surtout il impose d'éviter deux impasses pour la suite du Congrès de Reims : le présidentialisme hystérique et le retour du hollandisme immobiliste.

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22 octobre 2008

Approches du socialisme

Ce Congrès du PS n'est pas si mal engagé qu'on le dit. Certains sont peut-être un peu gênés par la faiblesse de leur texte face à la crise du capitalisme et préféraient reporter le Congrès de Reims, mais le socialisme doit être une analyse implacable du monde actuel et une méthode réformiste radicale pour le transformer, alors tant pis pour eux. Bien sûr comme je l'ai déjà dit il y a la plupart du temps une surpersonnalisation des débats, d'un côté les « Bertrand il est sympa », « Ségolène elle est fraternelle », « Martine elle est bosseuse » et de l'autre les « Bertrand il est cassant », « Ségolène elle est inconsistante », « Martine elle est dure ». Même l'aile gauche socialiste, soit disant allergique au présidentialisme, croit avoir trouvée en Benoit Hamon une sorte de Barack Obama à la française, une dose de pseudo marxisme en plus. J'ai envie de dire que toutes ces considérations personnelles on s'en fout, l'important étant l'approche que l'on va choisir pour remettre la gauche au travail et transformer la société.

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30 septembre 2008

Pourquoi je soutiens la motion de Martine Aubry

Quand on me demande comment va le PS, je réponds systématiquement par une moue désabusée : « mal ». Soyons honnêtes depuis l’élection de Nicolas Sarkozy la gauche est lamentable. De ce point de vue les victoires municipales et sénatoriales sont un bien pour un mal : elles confortent une baronite électoraliste et donc une opposition de confort, à minima. Car en réalité les socialistes sont pris en tenaille dans une double problématique. Celle commune à la gauche européenne, quel projet socialiste réformiste face au « capitalisme fou » du 21ème siècle ? Celle spécifique à la gauche française, comment sortir du présidentialisme destructeur de la 5ème République ? Celui la même qu’a imposé « de force » François Mitterrand au PS et qui fut fatal à Lionel Jospin. C’est à cette tenaille que doit remédier le PS au Congrès de Reims.

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02 juin 2008

Et si on reconstruisait la gauche

Bien sûr cela contrariait beaucoup de monde qu'elle ait lieu cette réunion des Reconstructeurs. Surtout les deux qui ne veulent ni de trois motions ni d'un Congrès à quatre roues (avec l'aile gauche). Alors on a raillé « la troisième force impossible », « les carpes et des lapins », reste que cela avait de la gueule. Chacun a laissé les vielles rancœurs à l'entrée (ça devait être une sacrée bagarre dans le vestiaire) et les nouveaux égos en sourdine. Du coup on a pu débattre collectivement, avec un bon niveau d'idées. La disposition de la salle faisait que militants comme caciques étaient écoutés (les médias ont eux seulement entendu Martine Aubry) sans que cela tourne aux doléances individualistes ou aux discours fleuves des chefs. Cela a ressemblé au parti tel que l'on voudrait qu'il soit, une agora d'idées avec un destin forgé par des sensibilités différentes, celui de construire « une gauche joyeuse » car réaliste et ambitieuse. Espérons que chacun soit responsable, que cette entreprise de reconstruction continue à son rythme. Car dans un PS qui parait mourant sur le plan des idées, il y avait de la vie ce 1er juin boulevard de l'Hôpital.