Blog de Thibault Dumas

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10 octobre 2010

L'éco-Joly n'est qu'un songe

Une écologiste en safari aux derniers jours d'aout. Eva Joly sort son fusil et tire sans sommation sur deux éléphants socialistes. La première salve est pour le maire de Paris Bertrand Delanoë à propos de l'accord passé avec l'UMP sur les emplois fictifs de l'ère Chirac : « C’est un mauvais deal au très haut niveau qui traduit une fois encore un mépris de la justice ». La seconde rafale est pour le directeur général du Fond monétaire international : « Je connais bien Dominique Strauss-Kahn, je l’ai mis en examen ». Cette boutade, auréolée du prix humour et politique 2010, ne fait pas rire tout le monde. Martine Aubry recadre vertement Cécile Duflot pour qu'elle tienne Joly. En vain ? « Il faut qu’ils comprennent qu’elle n’est pas sous tutelle, notamment des appareils Verts ou PS » clame l'eurodéputé - et proche d'Eva Joly - Yannick Jadot. La mue des Verts en Europe écologie n'est pas un long fleuve tranquille, ça n'est point un scoop. Mais le vrai talon d'Achille d'Eva Joly est ailleurs : sa faiblesse en matière économique et sociale.

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11 septembre 2009

La quadrature du cercle écologiste

Le vert est à nouveau tendance. Alors qu'il y a encore deux ans les Verts étaient une espèce en voie de disparition politique, il sont aujourd'hui dans un cycle de régénération depuis leur éclosion électorale au sein d'Europe écologie (EE) lors des européennes du printemps dernier (16,28 % simplement à 0,2% du Parti socialiste). Fini les querelles intestines à n'en plus finir des Verts. Au diable les divisions historiques du mouvement écologiste entre : associatifs et politiques, apolitiques et progressistes, réalistes et radicaux. Les écologistes en général et les Verts en particulier sont sur un petit nuage, qui plane très haut dans le ciel politique français. Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts, nie toute ébriété électorale prônant « beaucoup de modestie, beaucoup de responsabilité ». Et les écolos en auront besoin car ils font face à une véritable quadrature du cercle.

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10 mai 2009

Le retour de la stratégie du radis

Dans son éditorial du 4 mai 2009 dans Libération, Laurent Joffrin est limpide: le Parti socialiste doit s’allier avec le MoDem dans une « grande coalition de l’après sarkozysme ». Cette stratégie en dehors d’une « combinaison d’appareils », qui intégrerait aussi les gaullistes sociaux et les écologistes serait la seule à même d’empêcher un second mandat de Nicolas Sarkozy. Mieux, par l’adoption d’une stratégie verticale peuple contre élites, en lieu et place d’une opposition horizontale gauche contre droite, on abattrait le néo-libéralisme chancelant. Le côté « pavé dans le mare » de cet édito ne doit pas effacer sa principale portée. Le retour anachronique de la stratégie du radis façon radical-socialisme. Le rouge dehors (l’après Sarkozy, l’après libéralisme), blanc dedans (le pot-pourri politique, le centrisme).

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05 novembre 2008

Docteur Barack et Mister Obama

C'est un matin très froid et humide de janvier 2008 dans l’Illinois, les températures sont négatives et David Plouffe comme David Axelrod, têtes pensantes de la campagne d'Obama, sont refroidies. Le National Journal, vénérable magazine politique américain, vient de publier sa 27ème étude annuelle sur les parlementaires américains. Le résultat est sans appel : elle place le sénateur Obama comme le plus à gauche des États-Unis sur la base de ses votes en 2007. Soi-disant un handicap incompressible pour se faire élire dans ce pays ou le mot « liberal » (de gauche) est revendiqué par 20 % des américains contre 40 % qui se disent « conservative ». Jusqu'à l'élection, le staff démocrate a passé sous silence cette étude pour privilégier à côté du discours de gauche de transformation (« change »), une image modérée. Cela n’a pas empêché une « landslide victory » d'Obama ce 4 novembre, historique depuis 1976 (pour les démocrates) et depuis 1908 (pour la participation). Dans ce moment émouvant, la période noire des années Bush défile en nous. Un cycle ultra-conservateur entamé en 1980 se referme, faire le changement devient possible. Pourtant il y a toujours cette question essentielle : qui sera le prochain président américain ? Docteur Barack qui renouvelle le progressisme américain ou Mister Obama rassembleur centriste ?

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30 janvier 2008

Le surmoi centriste

La gauche socialiste a longtemps été critiquée pour son « surmoi marxiste », c'est à dire l'appréhension du quand-dira-t'on communiste (hier) puis gauchiste (aujourd'hui). Cette peur l'a souvent conduite à adopter un discours vulgairement et grossièrement marxiste. Mais depuis l'élection présidentielle et à l'approche des élections municipales un nouveau surmoi anime la gauche socialiste : « le surmoi centriste ». La peur du quand dira-t-on centriste, le frétillement devant l'électeur ou (plus rare) l'élu MoDem. L'adoption d'un discours platement démocrate et le malaise sur les questions sociales. Ce comportement du PS est pour le moins curieux. Il courtise un Mouvement Démocrate mal en point sans même débattre clairement de cette stratégie d'alliance avec le centre.

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26 avril 2007

Débattre pour un choix de société

« C'est en quelque sorte un 3ème tour de l'élection présidentielle de 2002 » me déclare un camarade. Mais depuis ce dimanche 22 avril a commençé un « Dallas politique » autour du positionnement de François Bayrou. Face à notre cher Nicolas Sarkozy, sorte de JR du néo conservatisme nous avons Ségolène Royal, la Su Ellen du socialisme réformiste. Toute la question est de savoir si François Bayrou, ira jusqu'à s'allier avec la famille de la gauche, si il retournera avec la bonne vielle famille de la droite, ou si (le plus probable) il attendra son heure pour faire prospérer son Parti démocrate sur les ruines de telle ou telle défaite. Cette situation et l'habilité de François Bayrou à en jouer ne doit pas occulter la nécessité du débat démocratique. Le choix entre deux modèles sociétés, le développement solidaire contre la cassure libérale.

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18 avril 2007

La rage et la responsabilité

J'ai une vingtaine d'années, je suis engagé à gauche : j'ai tout pour avoir la rage. Mon premier souvenir politique date de 1995. Je n'ai donc connu que Jacques Chirac comme président, modèle d'immoralité et d'inconstance politique. Je ne suis pas de la génération Mitterrand. J'ai toujours entretenu un rapport critique, mélange d'admiration et de sévérité avec la présidence du socialiste. J'étais trop jeune pour voter dans les urnes en 2002. J'ai donc voté en marchant dans les rues contre l'extrême droite. Beaucoup s'est fait dans les mouvements sociaux depuis : contre le CPE, pour les sans-papiers... Aujourd'hui je veux que nous fassions gagner le peuple, la gauche et le progrès. Je veux que nous ayons une présidente socialiste et un parlement de gauche. C'est dans mon coeur. Je veux que nous battions le néo conservatisme et l'immobilisme, que nous rejetions l'extrême droite dans les cordes de l'histoire. C'est dans mes tripes.

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31 janvier 2007

La grande illusion centriste

Il existe depuis quelques semaines un nouveau jeu électoral, l'île de la tentation centriste. Avec comme unique tentateur François Bayrou, qui veut faire gouter au dépucelage centriste et démocrate-chrétien. Les couples voulant aller sur l'île ne sont pas issus de la droite et du centre comme se fut le cas pendant longtemps. Ce sont des électeurs, des sympathisants voir des militants en couple depuis quelques années voir toujours avec la gauche socialiste. Mais cette tentation à bien lieu sur une île coupé de toute réalité politique concernant le centrisme et de toute responsabilité politique concernant la gauche.

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