Libérez nos ex-camarades de l'appétit du pouvoir plutôt que de l'exigence des
idées. Libérez les du grisement du
succès personnel plutôt que du travail collectif. Malgré certaines divergences,
oui ça fait mal au coeur de voir des gens de gauche de qualité comme Bernard
Kouchner, précurseur de
l'humanitaire combatif, ou Martin Hirsch, avant-gardiste de la lutte contre la pauvreté, céder aux
sirènes d'un gouvernement qui ne porte en rien ces valeurs, d'un président qui
fustige les droits-de-l’hommistes et les assistés. La droite est
elle si puissante que vous avez peur d'être éloigné du pouvoir pour un certain
nombre d'années ? La gauche est elle à ce point pestiféré qu'elle ne mérite pas
qu'on la rénove collectivement pour en faire une gauche réformiste dans les
méthodes, radicale dans les objectifs ? Comme membres du gouvernement vous êtes
solidaires et responsables d'une politique menée. Plus grave, vous êtes
comptables des difficultés pour les forces du progrès à constituer un contre
pouvoir à cette politique.
J'ai une vingtaine d'années, je suis engagé à
gauche : j'ai tout pour avoir la rage. Mon premier souvenir politique date de
1995. Je n'ai donc connu que Jacques Chirac comme président, modèle
d'immoralité et d'inconstance politique. Je ne suis pas de la génération
Mitterrand. J'ai toujours entretenu un rapport critique, mélange d'admiration
et de sévérité avec la présidence du socialiste. J'étais trop jeune pour voter
dans les urnes en 2002. J'ai donc voté en marchant dans les rues contre
l'extrême droite. Beaucoup s'est fait dans les mouvements sociaux depuis :
contre le CPE, pour les sans-papiers... Aujourd'hui je veux que nous fassions
gagner le peuple, la gauche et le progrès. Je veux que nous ayons une
présidente socialiste et un parlement de gauche. C'est dans mon coeur. Je veux
que nous battions le néo conservatisme et l'immobilisme, que nous rejetions
l'extrême droite dans les cordes de l'histoire. C'est dans mes tripes.








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