Naviguer dans les eaux glacées de
l'Antarctique pendant plus de trois mois. S'aventurer dans une nature grandiose
mais féroce bien au delà des 40e rugissants et des 50e hurlants. Effectuer une
course-poursuite incertaine de plus de 17 000 miles nautiques. Tout cela dans
le but (d'essayer) de trouver et de contrecarrer une flotte de baleiniers
japonais qui chasse avec brutalité des cétacés protégés - en invoquant sans
coup frémir la recherche scientifique. Dans l'excellent documentaire « Milles
Baleines - Le combat de Greenpeace » , l'allemande Angela Grass nous fait vivre
cette aventure de l'intérieur à bord de l'Esperenza, l'un des navires de
l'organisation écologiste Greenpeace. Ni bêtement partisan, ni lourdement
racoleur, le film tire de cette auberge espagnole flottante une fine mosaïque
de portraits.
On a beau vouloir regarder les Jeux
Olympiques avec ses idéaux d'enfant (beauté du geste, importance de la
participation, fraternité universelle) on se heurte à la pourriture. Les JO
sont depuis le tournant des années 1980 (l'ère Samaranche) une mascarade
commerciale qui se fait au détriment de l'esprit olympique originel. Ils sont
en 2008, une pantalonnade au service d'un régime totalitaire. Pendant que les
athlètes expriment leur appétit de gagner, que les téléspectateurs acclament
leurs champions, résonnent les cris des chinois qui sont déplacés, torturés,
tués. Comment peut on oser mettre en balance une compétition sportive (certes
déterminante pour les athlètes) avec la liberté d'un quart de l'humanité ?
Le sénateur de l'Essonne Jean-Luc Mélenchon
est souvent vertement critiqué par ses petits camarades socialistes. Combien de
fois n'ai-je pas entendu dans les courants réformistes et l'aile droite du PS
qu'il fallait exclure ce gauchiste des rangs socialistes. Pour ma part, malgré
de multiples déssacords avec son courant d'idées, je pense que le PS est une
maison commune et que ce qu'il porte y a toute sa place. De plus, contrairement
à d'autres, il a le mérite de la constance dans le temps quand à ses opinions.
Mais je dois avouer que j'ai été surpris par les propos du chef de fil de Pour
la République Sociale (PRS) concernant la Chine dans un article intitulé « Je
ne suis pas d'accord avec le boycott des Jeux de Pékin et la propagande
anti-chinoise ». Je pense qu'il y fait de graves contresens.
Les manifestants pour les Droits de l'homme en
Chine et au Tibet sont accusés de gâcher la fête de l'olympisme à Paris et
ailleurs. En réalité ils ont réhabilité l'humanisme olympique. Les crapules du
CIO se moquent de la dignité humaine et donnent les JO à la plus grande
dictature du 21ème siècle. Les oppresseurs qui dirigent la Chine font la
promotion acharnée de cette dictature nationaliste et répriment dans le sang
toute opposition. Les organisateurs de Pékin 2008 violent l'olympisme en
entourant la flamme d'une gestapo grotesque, en exigeant qu'on ne voit pas de
drapeau tibétain, en se scandalisant d'une banderole pour « les droits de
l'homme dans le monde ». Les autorités françaises ont rivalisé de cynisme,
tandis que l'Europe reste incapable de tenir une position commune forte face à
la Chine. A rebours de la connivence des discours officiels, les citoyens ont
criés l'exigence de la liberté. Peu importe si cela est trop tard, trop tôt,
désorganisé car c'est une opinion forte et légitime. Dans toutes les villes ces
cris sont autant de victoires sur un silence complice. Pour la première fois
les tortionnaires chinois qui roucoulaient sont contrariés. Alors continuons à
crier pour ces peuples qui sont étouffés : Vive le Tibet libre ! Vive les
Droits de l'homme pour les chinois !
A entendre certains il y aurait une
prédisposition de certains peuples et de certaines cultures pour la démocratie
(en général les pays occidentaux anciennement colonisateurs), et la
prédestination d'autres à l'autoritarisme voir au totalitarisme barbare (pour
résumer les pays orientaux, africains et asiatiques anciennement colonisés).
Pourtant de l'Europe orientale jusqu'au Sud-Est de l'Asie, de multiples
mouvements d'émancipations démocratiques et de répressions autoritaires à leur
encontre ont lieu : Birmanie, Pakistan, Géorgie ...
Il y a quelques semaines lors d'un débat informel
sur la Chine avec deux adhérents de l'UMP, l'un me déclarait que l'état des
droits humains et sociaux dans ce pays n'avait que peu d'importance. L'autre me
disait que ça n'était pas grave « tant qu'ils travaillaient... ». On
expose le miracle économique chinois comme un modèle. On pavoise quand la
France passe des contrats commerciaux avec la Chine. Pourtant le régime de la
République populaire est bien une dictature violente. L'absence démocratique
est empiré par des tensions et des inégalités sociales grandissantes. Nous
devons nous en préoccuper.
Comme vous le savez une
catastrophe extrêmement violente a touché l'Asie du sud-est le 26 décembre
2004. Les pays victimes du tsunami consécutif aux tremblements de terre sont
nombreux : l'Indonésie, la Thaïlande, le Sri Lanka, L'inde, le Bangladesh, le
Myanmar (la Birmanie) et la Somalie. Selon le premier secrétaire de l'ONU
Monsieur Annan (intervention du 11.01.2005) le bilan final pourrait avoisiner
plusieurs centaines de milliers de morts et un nombre indéterminable blessés.
Néanmoins il faut rester prudent quand aux termes qualificatifs de cette
tragédie. On ne peut parler de " catastrophe du siècle " alors que celui ci n'a
historiquement commencé que depuis 4 ans. Le traitement médiatique de cet
évènement est révélateur de l'ambiguïté de l'occident face aux tragédies du
monde.





