Blog de Thibault Dumas

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06 avril 2011

Deux mille douze

La campagne électorale pour l'élection présidentielle de 2012 est lancée... de l'autre côté de l'Atlantique. Par un courriel adressé à son réseau de supporters, Barack Obama a sobrement annoncé qu'il briguait un second mandat de président des États-Unis d'Amérique « Aujourd'hui nous remplissons les formulaires pour lancer notre campagne de 2012 ». L'argument avancé est celui de l’œuvre politique inachevée « Nous avons toujours su qu'un changement durable ne serait ni rapide, ni facile. Ce n'est jamais le cas ». Pour l'heure, les militants démocrates ne doivent pas (encore) sortir le carnet de chèques. Mais cela ne saurait tarder dans un contexte politique très clintonien. Du moins en apparences.

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20 mars 2011

Muscle ton jeu Dominique

10 Juin 1998, Clairefontaine, avant veille du premier match des bleus à la Coupe du monde. Aimé Jacquet, alors coach très décrié de l'équipe de France de football, délivre sa causerie d'avant match. Tel un père s'adressant à son fils, il interpelle Robert Pirès : « Muscle ton jeu ! muscle ton jeu Robert ! ». Le futur joueur de l'OM, bien que très technique, est trop peu physique au milieu d'une cohorte de joueurs évoluant dans le calcio italien (Blanc, Boghossian, Candela, Desailly, Deschamps, Djorkaeff, Thuram, Zidane). Jacquet renchérit : « Si tu ne muscles pas ton jeu, fait attention. Je t'assure, tu vas voir, tu vas avoir des déconvenues par ce que tu es trop gentil ». Un avertissement qui pourrait s'adresser à Dominique Strauss-Kahn, actuel meneur de jeu du Fonds monétaire international (FMI) et hypothétique attaquant de pointe du Parti socialiste (PS).

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10 octobre 2010

L'éco-Joly n'est qu'un songe

Une écologiste en safari aux derniers jours d'aout. Eva Joly sort son fusil et tire sans sommation sur deux éléphants socialistes. La première salve est pour le maire de Paris Bertrand Delanoë à propos de l'accord passé avec l'UMP sur les emplois fictifs de l'ère Chirac : « C’est un mauvais deal au très haut niveau qui traduit une fois encore un mépris de la justice ». La seconde rafale est pour le directeur général du Fond monétaire international : « Je connais bien Dominique Strauss-Kahn, je l’ai mis en examen ». Cette boutade, auréolée du prix humour et politique 2010, ne fait pas rire tout le monde. Martine Aubry recadre vertement Cécile Duflot pour qu'elle tienne Joly. En vain ? « Il faut qu’ils comprennent qu’elle n’est pas sous tutelle, notamment des appareils Verts ou PS » clame l'eurodéputé - et proche d'Eva Joly - Yannick Jadot. La mue des Verts en Europe écologie n'est pas un long fleuve tranquille, ça n'est point un scoop. Mais le vrai talon d'Achille d'Eva Joly est ailleurs : sa faiblesse en matière économique et sociale.

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26 septembre 2010

L'hypothèque DSK

Séducteur, Dominique Strauss-Kahn l'a toujours été. Dans tous les sens du terme. Charismatique et brillant sur le plan intellectuel, indéniablement DSK l'est. L'anecdote raconte qu'en 1996 il inventa pour la gauche les 35 heures et les emplois jeunes... sur un coin de table. En 2002 il publia La Flamme et la Cendre, aggiornamento socialiste le plus bandant de ce début 21e siècle - qui a d'ailleurs motivé l'engagement de nombreux strauss-kahniens. L'ancien pilier de la dream team de Lionel Jospin surfe sur des vagues de sondages outrancièrement favorables. Pourtant Kahn do pourrait bien boire la tasse lors de la session présidentielle de 2012. En cause, son éloignement des messes basses du PS, son positionnement politique et son déficit de fibre populaire.

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25 avril 2010

Le vrai Villepin

L'homme de gauche ne déteste pas Dominique de Villepin. Il éprouve une vielle empathie pour l'ancien ministre des Affaires étrangères. Elle est née le 14 février 2003 dans l'enceinte guindée du Conseil de sécurité de l'ONU. Ce jour la, l'éloquence chevaleresque de Galouzeau de Villepin fit mouche face aux velléités pétrolo-guerrières de Bush fils en Irak : « Dans ce temple des Nations unies, nous sommes les gardiens d'un idéal, nous sommes les gardiens d'une conscience. La lourde responsabilité et l'immense honneur qui sont les nôtres doivent nous conduire à donner la priorité au désarmement dans la paix ». Derrière la vulgate gaulliste anachronique, le plaidoyer pacifiste et multilatéraliste ne pouvait que plaire à l'homme de gauche. Une empathie encore amplifiée par la haine d'un Nicolas Sarkozy voulant pendre Villepin « à un crochet de boucher ». C'est oublié la vie et l'œuvre de Dominique de Villepin, qui n'ont rien de progressiste ou de morale.

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