Blog de Thibault Dumas

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

27 août 2009

Mort d'un combattant du progrès

Le lion du Sénat est mort. Ted Edward Kennedy, frère de John et de Robert, est mort à l'âge de 77 ans d'une tumeur du cerveau près d'un demi siècle après sa première élection au Sénat des États-Unis d'Amérique. Quand « Teddy » est élu en 1962 comme sénateur du Massachusetts, John Fitzgerald Kennedy est à la Maison Blanche depuis un an et lance la conquête spatiale par son discours « Nous avons choisi d'aller sur la lune ». L'Amérique est encore largement ségrégationniste et raciste, même si le mouvement des droits civiques emmené par Martin Luther King obtient ses première victoires. JFK renforce l'engagement militaire étasunien dans la guerre du Viêt Nam, semant les graines du pacifisme étudiant et la nouvelle gauche des années 1970. Quand Ted Kennedy décède en 2009, les USA ont un président métisse progressiste, veulent retourner sur la Lune pour un jour marcher sur Mars et se désengagent du « nouveau Viêt Nam » irakien. Entre ces deux dates, 46 ans de lutte pour la justice sociale et contre la pauvreté.

Lire la suite...

10 juillet 2009

L'échappée politique de Lance Armstrong

Lance Armstrong n'a jamais caché son appétit politique. En 2005, il déclarait au magazine Outside, dédié aux activités en plein-air, ses ambitions pour le Texas : « peut-être que je me présenterais pour devenir Gouverneur ». Le manoir du Gouverneur lui plaît même beaucoup : « (…) c'est vraiment un beau manoir. Un bel endroit, une belle maison ». Pas de second degré. Une cupidité assumée. Pour son retour sur le Tour de France le texan a été tout aussi clair : « J’ai décidé de revenir au cyclisme dans le but de sensibiliser l’opinion publique au fléau du cancer ». Sa piqûre de rappel sur le circuit professionnel en 2009 ? Un marche-pied pour la promotion millimétrée de Livestrong, son association controversée de lutte contre le cancer. Son ONG, son Texas natal, deux piliers d'un même appétit frénétique pour la politique.

Lire la suite...

21 juin 2009

Plus qu’une bataille pour la santé des américains

« La campagne pour réformer le système de santé en 2009 est le plus grand test pour notre mouvement depuis les dernières élections ». Barack Obama mobilise avec vigueur ses troupes pour ce qui s'annonce (déjà) comme le moment crucial de son mandat. Les 46 millions d'américains qui sont dépourvus de couverture médicale attendent cette réforme depuis 15 ans. En effet, Hillary Clinton mandatée par Bill Clinton pour réformer le système de santé en 1993, avait dû céder face au harcèlement incessant des lobbys pharmaceutiques et assurantiels dès 1994. La gauche étasunienne va donc sans doute mener sa plus grande bataille politique depuis la fin du mouvement des droits civiques en 1968. Les républicains, les lobbys aiguisent leurs armes criant déjà « Non au socialisme ».

Lire la suite...

23 janvier 2009

La voix des travailleurs américains

Raul Solis et Juana Sequeira-Solis forment un souriant couple de retraités. Lui est originaire du Mexique, elle du Nicaragua. Tous deux ont émigrés aux États-Unis, ou ils se sont rencontrés puis mariés en 1953. Ils ont longuement travaillés comme ouvriers, lui dans une usine de recyclage, elle sur les chaînes de montage de Mattel. Très engagés dans les syndicats Teamsters et United Rubber Workers, ils n'ont jamais cessé de croire en une Amérique plus juste et généreuse. Alors quand Barack Obama et son administration rentrent à la Maison Blanche ce 20 janvier 2009, ils sont très émus. Doublement émus même, car leur fille Hilda Solis devient à 51 ans la secrétaire au Travail des États-Unis d’Amérique.

Lire la suite...

14 décembre 2008

Du néo-conservatisme au paléo-conservatisme

« Les fondamentaux des républicains sont tels, qu'ils ont 20 ans de victoires devant eux ». Voila ce que l'on pouvait entendre, de la part de nombreux commentateurs, au lendemain de la réélection de Bush contre Kerry en 2004. On mesure ainsi le chemin parcouru par Obama et les démocrates depuis. Mais alors que le monde entier se penche sur l'équipe et la politique du nouveau président, il est pertinent de regarder du côté des battus : la droite républicaine. Il faut reconnaitre que McCain fut tout en dignité dans la défaite, contrastant avec une campagne dure et populiste (merci Sarah Palin). Les « robot calls » annonçant le soutien de Fidel Castro à Obama la veille du vote resteront dans les anales de l'histoire américaine. Mais finalement le plus alarmant pour les républicains c'est que même en choisissant le candidat le plus apte à capter les indépendants, le plus critique des années Bush, ils ont subit une lourde défaite. Après cette débâcle en 2008, avec le fiasco du néo-conservatisme, quelle nouvelle synthèse idéologique peuvent choisir les républicains ?

Lire la suite...

05 novembre 2008

Docteur Barack et Mister Obama

C'est un matin très froid et humide de janvier 2008 dans l’Illinois, les températures sont négatives et David Plouffe comme David Axelrod, têtes pensantes de la campagne d'Obama, sont refroidies. Le National Journal, vénérable magazine politique américain, vient de publier sa 27ème étude annuelle sur les parlementaires américains. Le résultat est sans appel : elle place le sénateur Obama comme le plus à gauche des États-Unis sur la base de ses votes en 2007. Soi-disant un handicap incompressible pour se faire élire dans ce pays ou le mot « liberal » (de gauche) est revendiqué par 20 % des américains contre 40 % qui se disent « conservative ». Jusqu'à l'élection, le staff démocrate a passé sous silence cette étude pour privilégier à côté du discours de gauche de transformation (« change »), une image modérée. Cela n’a pas empêché une « landslide victory » d'Obama ce 4 novembre, historique depuis 1976 (pour les démocrates) et depuis 1908 (pour la participation). Dans ce moment émouvant, la période noire des années Bush défile en nous. Un cycle ultra-conservateur entamé en 1980 se referme, faire le changement devient possible. Pourtant il y a toujours cette question essentielle : qui sera le prochain président américain ? Docteur Barack qui renouvelle le progressisme américain ou Mister Obama rassembleur centriste ?

Lire la suite...

16 octobre 2008

J'ai déjà voté pour Barack Obama

Étrange sensation que celle de voter par anticipation, 21 jours avant la « big election night ». La règle est simple : l'enveloppe contenant le bulletin de vote doit arriver avant la fermeture de son bureau de vote référant aux États-Unis le 4 novembre. 30% des américains auraient optés pour ce mode de vote en avance. Avec des sondages aujourd'hui très favorables à Obama, il y a de quoi encore creuser le trou dans lequel s'enfonce le ticket Palin-McCain. Rétrospectivement on peut diviser la campagne du démocrate en 3 phases : l'outsider fascinant (février 2007 - janvier 2008), l'icône politique (février 2008 - août 2008) et le régulateur crédible (septembre 2008 - novembre 2008). C'est bien sûr la transition entre la phase 2 et 3 qui fut la plus délicate pour le canidat progressiste. Aprés cette longue campagne, ces 1,36 milliards de dollars levés, ces arguments valeureux comme crasseux échangés, tout a été dit. Les américians vont voter plus informés que jamais, surinformés même. Les États-Unis sont à la veille d'un point de rupture de leur histoire. Les démocrates peuvent obtenir une « landslide victory » inédite qui changerait à coup sûr la face du pays (avec toutes les difficultés et désillusions que cela implique). En perdant ils pourraient aussi enfoncer les USA dans une crise totale (un pays « qui vire au noir » selon l’économiste Paul Krugman), l'une des plus graves depuis 1776. A chacun d'être responsable.

05 octobre 2008

Chassez le naturel de Sarah Palin...

C'est une anecdote qui concerne l'ancien président du Sénat français Christian Poncelet. Âgé de 80 ans, ses collaborateurs étaient obliger d'écrire mot pour mot ce qu'il devait dire pour n'importe laquelle de ses interventions publiques, fut-elle banale. Sarah Palin a elle 44 ans et dans le débat des « VP » qui l'a opposé à John Biden elle a répété mot pour mot ce qu'elle avait apprit par cœur et écrit pendant des jours dans un ranch avec l'équipe de campagne McCain. Selon moi 80-90% de ce qu'elle a dit était exactement écrit noir sur blanc auparavant, et pour un débat qui a duré 90 minutes c'est d'une certaine façon une performance de mémorisation (avec l'aide de fiches). Pendant qu'elle parle, pas un regard pour Biden ni pour la présentatrice Gwen Ifill, Palin est rivée vers la caméra telle une bonne élève qui récite son texte. C'est donc une Sarah Palin lissée, amputée de ses (grosses) lacunes mais aussi de ses qualités pour l'électorat mid-west conservateur. Le but était pour l'équipe de McCain de ne pas sombrer à défaut de ne pouvoir faire match nul, encore moins de gagner ce débat.

Lire la suite...

- page 2 de 4 -