Blog de Thibault Dumas

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07 février 2010

(Toujours) le changement

Les critiques sont aussi violentes à l'égard de Barack Obama que les louanges furent excessives. L'Obama-bashing a en quelque sorte suppléé l'Obamamania dans les élites médiatiques de l'autre coté de l'Atlantique - comme de ce côté ci d'ailleurs. Les bénéficiaires de ce caricatural retournage de veste sont tout trouvés : les plus extrémistes des conservateurs américains qui a défaut d'être les plus nombreux s'avèrent les plus virulents, le mouvement Tea Party contre la couverture maladie universelle en a fait  l'éclatante démonstration. Les nantis capitalistes de Wall Street se réjouissent aussi de cette période de turbulences pour l'administration démocrate, ils gagnent un temps précieux et peuvent ainsi intensifier leur lobbying au Sénat, à la Chambre des représentants et à la Maison Blanche. Indéniablement ce premier discours sur l'état de l'Union devant les deux chambres réunies au Capitol arrivait à point nommé pour un orateur aussi brillant et politique que Barack Obama. A l'écoute de cette adresse au peuple américain, force est de constater que la volonté de changer les États-Unis est toujours la.

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09 janvier 2010

Les traders sont éternels

Le « front office », le « carry trade », le « tick » et autres joyeusetés boursières sont pour vous un gloubi-boulga abracadabrantesque ? D’anciens caïds des salles de marchés, affreusement poussés au chômage et à la grande pauvreté par la grande crise débutée en septembre 2008, se feront un plaisir de vous éclairer sur ces voluptueuses notions financières - et sur leur responsabilité dans cette hérésie économique ? - lors de votre prochain séjour dans la ville de New York. En vous acquittant charitablement de la somme de 45 dollars par personne (soit environ 30 euros) et à condition d'être au moins au nombre de deux, vous aurez le plaisir légèrement masochiste de participer au « Tour de la Crise Financière ».

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09 octobre 2009

Barack Obama et l'histoire

Toute la spécificité de Barack Obama est la. Il « est » l'histoire avant même de l'écrire. Ainsi il devient prix Nobel de la paix 9 mois à peine après sa prise de fonction. Une distinction non pas à postériori, mais à priori « pour ses efforts extraordinaires en faveur du renforcement de la diplomatie et de la coopération internationales entre les peuples ». Une récompense pour sa vision du monde et un appel à l'action bien plus qu'une consécration. Déjà son élection en novembre 2008 était un tournant historique surprenant. Fin symbolique du racisme qui a marqué l'histoire étasunienne, de l'esclavage jusqu'à la relégation sociale en passant par la ségrégation raciale. Bannissement du néo-conservatrice de Bush fils qui a souillé à jamais la face du monde. Renouvèlement du progressisme étasunien plus en phase avec l'Amérique admirée des idéaux révolutionnaires de 1776.

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20 septembre 2009

Le burlesque militant des Yes Men

Combattre le néo-libéralisme par l'absurde, tel est le leitmotiv des Yes Men. Il y a chez Andy Bichlbaum et Mike Bonannodu de la candeur militante à la manière d'un Michael Moore, du burlesque visuel façon Jacques Tati, de l'inventivité loufoque dans le veine du professeur Tournesol. Le principe de ces deux trublions est simple : monter de faux sites internet de multinationales (Dow Chemicals, Halliburton, Exxon Mobil) pour se faire inviter dans les médias ou à de prestigieuses conférences. Vient ensuite le canular, sur le mode du discours trop beau pour être vrai ou de présentations ubuesques très « visuelles ». Les assistances biberonnées à la recherche du profit n'y voient que du feu. Le voile tombe, découvrant un cynisme total. A l'image de ce représentant d'une banque filmé en caméra caché après un canular : « Quoi que l'on fasse cela va couter des vies. Mais si cela rapporte de l'argent c'est acceptable ». Devant les péripéties des Yes Men on est plié de rire, révolté mais aussi revigoré. Le plafond de verre indestructible du tout marché vole en milles morceaux, le néo-libéralisme apparait alors pour ce qu'il est : absurde.

27 août 2009

Mort d'un combattant du progrès

Le lion du Sénat est mort. Ted Edward Kennedy, frère de John et de Robert, est mort à l'âge de 77 ans d'une tumeur du cerveau près d'un demi siècle après sa première élection au Sénat des États-Unis d'Amérique. Quand « Teddy » est élu en 1962 comme sénateur du Massachusetts, John Fitzgerald Kennedy est à la Maison Blanche depuis un an et lance la conquête spatiale par son discours « Nous avons choisi d'aller sur la lune ». L'Amérique est encore largement ségrégationniste et raciste, même si le mouvement des droits civiques emmené par Martin Luther King obtient ses première victoires. JFK renforce l'engagement militaire étasunien dans la guerre du Viêt Nam, semant les graines du pacifisme étudiant et la nouvelle gauche des années 1970. Quand Ted Kennedy décède en 2009, les USA ont un président métisse progressiste, veulent retourner sur la Lune pour un jour marcher sur Mars et se désengagent du « nouveau Viêt Nam » irakien. Entre ces deux dates, 46 ans de lutte pour la justice sociale et contre la pauvreté.

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10 juillet 2009

L'échappée politique de Lance Armstrong

Lance Armstrong n'a jamais caché son appétit politique. En 2005, il déclarait au magazine Outside, dédié aux activités en plein-air, ses ambitions pour le Texas : « peut-être que je me présenterais pour devenir Gouverneur ». Le manoir du Gouverneur lui plaît même beaucoup : « (…) c'est vraiment un beau manoir. Un bel endroit, une belle maison ». Pas de second degré. Une cupidité assumée. Pour son retour sur le Tour de France le texan a été tout aussi clair : « J’ai décidé de revenir au cyclisme dans le but de sensibiliser l’opinion publique au fléau du cancer ». Sa piqûre de rappel sur le circuit professionnel en 2009 ? Un marche-pied pour la promotion millimétrée de Livestrong, son association controversée de lutte contre le cancer. Son ONG, son Texas natal, deux piliers d'un même appétit frénétique pour la politique.

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21 juin 2009

Plus qu’une bataille pour la santé des américains

« La campagne pour réformer le système de santé en 2009 est le plus grand test pour notre mouvement depuis les dernières élections ». Barack Obama mobilise avec vigueur ses troupes pour ce qui s'annonce (déjà) comme le moment crucial de son mandat. Les 46 millions d'américains qui sont dépourvus de couverture médicale attendent cette réforme depuis 15 ans. En effet, Hillary Clinton mandatée par Bill Clinton pour réformer le système de santé en 1993, avait dû céder face au harcèlement incessant des lobbys pharmaceutiques et assurantiels dès 1994. La gauche étasunienne va donc sans doute mener sa plus grande bataille politique depuis la fin du mouvement des droits civiques en 1968. Les républicains, les lobbys aiguisent leurs armes criant déjà « Non au socialisme ».

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23 janvier 2009

La voix des travailleurs américains

Raul Solis et Juana Sequeira-Solis forment un souriant couple de retraités. Lui est originaire du Mexique, elle du Nicaragua. Tous deux ont émigrés aux États-Unis, ou ils se sont rencontrés puis mariés en 1953. Ils ont longuement travaillés comme ouvriers, lui dans une usine de recyclage, elle sur les chaînes de montage de Mattel. Très engagés dans les syndicats Teamsters et United Rubber Workers, ils n'ont jamais cessé de croire en une Amérique plus juste et généreuse. Alors quand Barack Obama et son administration rentrent à la Maison Blanche ce 20 janvier 2009, ils sont très émus. Doublement émus même, car leur fille Hilda Solis devient à 51 ans la secrétaire au Travail des États-Unis d’Amérique.

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