De la gauche à la droite de
l'échiquier politique, le terme de régulation est devenu un incontournable. Un
quasi totem. Sur ce point, il y a clairement un avant et un après crise -
une dépression économico-financière qui a débutée il y a maintenant
pratiquement 2 ans. Joseph Stiglitz, Prix Nobel d'économie, résume clairement
le constat en vigueur : « Laisser le marché tout régler ne fonctionne
pas ». Si dans le discours tout le monde s'accorde sur cette idée, même
ceux qui furent des plus néo-libéraux, dans les actes la chose est moins aisée.
Illustration de cette chimère régulatrice : la libéralisation des jeux d'argent
en ligne.
Une foule de supporters
bariolés de ciel et blanc, des verres de bière à toutes les mains, des chants a
n'en plus finir... L'unique entrée du Stade de la Meinau de Strasbourg est un
goulet d'étranglement humain. On pénètre ensuite dans l'arène, forcément
immense quand on la découvre avec ses yeux d'enfant. Puis on se place debout
dans le quart de virage - point de places assises en catégorie
« populaire » à cette époque - alors qu'en face les ultras
strasbourgeois des UB90 rugissent déjà. On aimerait en être. Les équipes
rentrent sur le terrain, les tifos et les fumigènes recouvrent toutes les
tribunes de la Meinau. C'est un derby RC Strasbourg contre FC Metz, le stade
est comme en fusion. 90 minutes plus tard l'enceinte explose : ce 11 avril 1995
Strasbourg va en finale de Coupe de France en s'imposant 1-0. 14 mai 2010, soit
15 ans plus tard, le RCS descend en National et flirte avec la rétrogradation
administrative en CFA.
Mieux que les Experts de Las Vegas, Miami ou New
York, il y a les agents de la Commission européenne et de la Banque centrale
européenne (BCE) en Grèce. Depuis 3 semaines, main dans la main avec ceux du
Fonds monétaire international (FMI), ils effectuent des descentes dans les
ministères grecques « dépensiers ». Ces limiers épluchent les
comptes, dissèquent les dépenses et font la traque au gaspillage. Car le plan
d'austérité du gouvernement de George Papandreou - qui obéit aux
recommandations du FMI et de l'UE – vise à économiser 30 milliards d'euros sur
3 ans. Soit une réduction du déficit budgétaire de 8,1% du PIB aujourd'hui à
2,6% du PIB en 2013. L'Europe se fait ainsi gardienne du temple de l'orthodoxie
budgétaire grecque. Un réveil bien tardif.
La question écologique opposée à la question
sociale ? C'est contre cette idée reçue que l'Agence de l'Environnement et de
la Maîtrise de l'Énergie et l'Université de Nantes ont mené une étude sur les
salariés et le développement durable. Une enquête d'une ampleur inédite : plus
de 1700 salariés ont été interrogés à cette occasion. L'aspiration des salariés
est claire : ils veulent du concret et du participatif en matière écologique.
94% des personnes interrogées se déclarent pour le tri, le recyclage et la
diminution des déchets. Pratiquement autant de travailleurs se disent
favorables à l'optimisation de leurs consommations d'énergie. Le salarié veut
prolonger sur son lieu de travail la chasse au gaspillage qu'il effectue déjà
chez lui. Un éco-citoyen partout, tout le temps en somme. Pour Séverine Millet,
consultante en sociologie de l'environnement : « L'écologie n'est plus
uniquement vue comme une catastrophe ni une contrainte, mais bien aussi comme
une véritable opportunité de mieux vivre ensemble, de changement social profond
et comme une solution de sortie de crise ». Reste à mettre en musique cette
belle partition écologique dans les entreprises (
Au commencement il y avait un groupe
pharmaceutique, qui au fil des fusions et autres acquisitions devint le 5e de
son secteur au niveau mondial et leader à l'échelle de l'Europe. Une entreprise
qui fit 8,47 milliards d'euros de bénéfices en 2009 - la palme d'or du CAC 40
devant Total ! - pour qui l'explosion des ventes de vaccins contre la grippe A
n'était qu'une goutte d'eau (3,6 % du chiffre d'affaires) dans un océan de
blockbusters (petit nom donné aux médicaments au retour sur investissement
faramineux). Dans le même temps, le directeur général de Sanofi Aventis,
Christopher Viehbacher, confirma un brutal plan de réorganisation de
l'activité de l'entreprise visant à réaliser 2 milliards d'euros d'économies en
2013 par rapport à 2008. « Nous sommes en avance sur notre
calendrier » confia t-il même avec délectation. Traduction dans l'hexagone
: 4 sites fermés, « 3000 emplois sont supprimés, dont 1300 en
recherche » selon l'estimation des syndicats, sans compter les 900
chercheurs « volontaires au départ » qui ont déjà quitté Sanofi. Fin
du conte de fée industriel. Début de la boucherie sociale.
Les critiques sont aussi violentes à
l'égard de Barack Obama que les louanges furent excessives. L'Obama-bashing a
en quelque sorte suppléé l'Obamamania dans les élites médiatiques de l'autre
coté de l'Atlantique - comme de ce côté ci d'ailleurs. Les bénéficiaires de ce
caricatural retournage de veste sont tout trouvés : les plus extrémistes des
conservateurs américains qui a défaut d'être les plus nombreux s'avèrent les
plus virulents, le mouvement Tea Party contre la couverture maladie universelle
en a fait l'éclatante démonstration. Les nantis capitalistes de Wall
Street se réjouissent aussi de cette période de turbulences pour
l'administration démocrate, ils gagnent un temps précieux et peuvent ainsi
intensifier leur lobbying au Sénat, à la Chambre des représentants et à la
Maison Blanche. Indéniablement ce premier discours sur l'état de l'Union devant
les deux chambres réunies au Capitol arrivait à point nommé pour un orateur
aussi brillant et politique que Barack Obama. A l'écoute de cette adresse au
peuple américain, force est de constater que la volonté de changer les
États-Unis est toujours la.
Le « front office », le « carry trade », le
« tick » et autres joyeusetés boursières sont pour vous un gloubi-boulga
abracadabrantesque ? D’anciens caïds des salles de marchés, affreusement
poussés au chômage et à la grande pauvreté par la grande crise débutée en
septembre 2008, se feront un plaisir de vous éclairer sur ces voluptueuses
notions financières - et sur leur responsabilité dans cette hérésie économique
? - lors de votre prochain séjour dans la ville de New York. En vous acquittant
charitablement de la somme de 45 dollars par personne (soit environ 30 euros)
et à condition d'être au moins au nombre de deux, vous aurez le plaisir
légèrement masochiste de participer au « Tour de la Crise
Financière ».
On connaissait l’interdiction de stade pour
sanctionner un « supporter » de football indélicat. Nos voisins
helvétiques ont inventé l’interdiction de supermarché pour châtier le vol à
l’étalage. Une décision judiciaire ? Non, une sentence unilatérale et
contestable proclamée par le leader suisse de la grande distribution Migros à
l’encontre d’une jeune femme de 29 ans habitant Vevey, au bord du Lac Léman.
Les larcins incriminés ont été commis par Séverine (le prénom a été modifié) en
début d’année 2009 : « Ça s’est passé deux fois et c’était chaque fois
pour moins de 100 francs (environ 66 euros) de marchandises ». La jeune
Suissesse plaide une passe difficile dans sa vie : « Je traversais
une période de cleptomanie. Mon père venait de se faire agresser et casser les
deux jambes par cinq jeunes à Genève. J’étais très en colère et peinais à gérer
ce sentiment d’injustice ». Suite à ces vols, la chaîne d’hypermarchés lui fait
parvenir plusieurs courriers pour lui signifier qu’elle a interdiction de
remettre les pieds dans un des établissements de l’enseigne.





