
Malgré des revendications éthiques et
sociales, le commerce équitable est présent en grande distribution pour toucher
une audience massive. Mais à quel prix ? Des exigences économiques, écologiques
et de justes répartitions qui ne sont pas toujours appliquées par les grandes
enseignes. Certaines marques sont prêtes à faire des concessions. Témoignage
d'un businessman éthique qui a fait ce choix, Tristan Lecomte,
président-fondateur d'Alter Eco, l'un des leaders du commerce
équitable en France qui travaille dans 29 pays de part le monde. Auteur de
nombreux ouvrages, il défend un commerce équitable sans barrières, s'ouvrant
pleinement à la grande distribution pour toucher ainsi un maximum de
consommateurs.
Une écologiste en safari aux derniers jours
d'aout. Eva Joly sort son fusil et tire sans sommation sur deux éléphants
socialistes. La première salve est pour le maire de Paris Bertrand Delanoë à
propos de l'accord passé avec l'UMP sur les emplois fictifs de l'ère Chirac :
« C’est un mauvais deal au très haut niveau qui traduit une fois encore un
mépris de la justice ». La seconde rafale est pour le directeur général du
Fond monétaire international : « Je connais bien Dominique Strauss-Kahn, je
l’ai mis en examen ». Cette boutade, auréolée du prix humour et politique
2010, ne fait pas rire tout le monde. Martine Aubry recadre vertement Cécile
Duflot pour qu'elle tienne Joly. En vain ? « Il faut qu’ils comprennent
qu’elle n’est pas sous tutelle, notamment des appareils Verts ou PS »
clame l'eurodéputé - et proche d'Eva Joly - Yannick Jadot. La mue des Verts en
Europe écologie n'est pas un long fleuve tranquille, ça n'est point un scoop.
Mais le vrai talon d'Achille d'Eva Joly est ailleurs : sa faiblesse en matière
économique et sociale.
La question écologique opposée à la question
sociale ? C'est contre cette idée reçue que l'Agence de l'Environnement et de
la Maîtrise de l'Énergie et l'Université de Nantes ont mené une étude sur les
salariés et le développement durable. Une enquête d'une ampleur inédite : plus
de 1700 salariés ont été interrogés à cette occasion. L'aspiration des salariés
est claire : ils veulent du concret et du participatif en matière écologique.
94% des personnes interrogées se déclarent pour le tri, le recyclage et la
diminution des déchets. Pratiquement autant de travailleurs se disent
favorables à l'optimisation de leurs consommations d'énergie. Le salarié veut
prolonger sur son lieu de travail la chasse au gaspillage qu'il effectue déjà
chez lui. Un éco-citoyen partout, tout le temps en somme. Pour Séverine Millet,
consultante en sociologie de l'environnement : « L'écologie n'est plus
uniquement vue comme une catastrophe ni une contrainte, mais bien aussi comme
une véritable opportunité de mieux vivre ensemble, de changement social profond
et comme une solution de sortie de crise ». Reste à mettre en musique cette
belle partition écologique dans les entreprises (
Naviguer dans les eaux glacées de
l'Antarctique pendant plus de trois mois. S'aventurer dans une nature grandiose
mais féroce bien au delà des 40e rugissants et des 50e hurlants. Effectuer une
course-poursuite incertaine de plus de 17 000 miles nautiques. Tout cela dans
le but (d'essayer) de trouver et de contrecarrer une flotte de baleiniers
japonais qui chasse avec brutalité des cétacés protégés - en invoquant sans
coup frémir la recherche scientifique. Dans l'excellent documentaire « Milles
Baleines - Le combat de Greenpeace » , l'allemande Angela Grass nous fait vivre
cette aventure de l'intérieur à bord de l'Esperenza, l'un des navires de
l'organisation écologiste Greenpeace. Ni bêtement partisan, ni lourdement
racoleur, le film tire de cette auberge espagnole flottante une fine mosaïque
de portraits.
Le vert est à nouveau tendance. Alors
qu'il y a encore deux ans les Verts étaient une espèce en voie de disparition
politique, il sont aujourd'hui dans un cycle de régénération depuis leur
éclosion électorale au sein d'Europe écologie (EE) lors des européennes du
printemps dernier (16,28 % simplement à 0,2% du Parti socialiste). Fini les
querelles intestines à n'en plus finir des Verts. Au diable les divisions
historiques du mouvement écologiste entre : associatifs et politiques,
apolitiques et progressistes, réalistes et radicaux. Les écologistes en général
et les Verts en particulier sont sur un petit nuage, qui plane très haut dans
le ciel politique français. Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts, nie
toute ébriété électorale prônant « beaucoup de modestie, beaucoup de
responsabilité ». Et les écolos en auront besoin car ils font face à une
véritable quadrature du cercle.
C'est une anecdote qui concerne l'ancien
président du Sénat français Christian Poncelet. Âgé de 80 ans, ses
collaborateurs étaient obliger d'écrire mot pour mot ce qu'il devait dire pour
n'importe laquelle de ses interventions publiques, fut-elle banale. Sarah Palin
a elle 44 ans et dans le débat des « VP » qui l'a opposé à John Biden
elle a répété mot pour mot ce qu'elle avait apprit par cœur et écrit pendant
des jours dans un ranch avec l'équipe de campagne McCain. Selon moi 80-90% de
ce qu'elle a dit était exactement écrit noir sur blanc auparavant, et pour un
débat qui a duré 90 minutes c'est d'une certaine façon une performance de
mémorisation (avec l'aide de fiches). Pendant qu'elle parle, pas un regard pour
Biden ni pour la présentatrice Gwen Ifill, Palin est rivée vers la caméra telle
une bonne élève qui récite son texte. C'est donc une Sarah Palin lissée,
amputée de ses (grosses) lacunes mais aussi de ses qualités pour l'électorat
mid-west conservateur. Le but était pour l'équipe de McCain de ne pas sombrer à
défaut de ne pouvoir faire match nul, encore moins de gagner ce débat.
Matraqué par les publicitaires, embarrassant
pour les politiques, central pour les salariés, le pouvoir d'achat est partout.
L'omniprésence de ce thème est telle qu'on en vient à confondre promesses
électorales et slogans d'hypermarchés. Les deux ne font qu'un quand le
gouvernement lance sa campagne pour promouvoir ses mesures en « faveur » de ce
pouvoir d'achat. Suivant les opinions on la trouvera totalement grotesque ou
carrèment cynique, car non seulement cette droite est caricaturalement dévouée
aux classes possédantes mais petit à petit elle se met à le revendiquer
fièrement (suivant ainsi le chemin tracé par les républicains américains). Mais
revenons au pouvoir d'achat de l'ensemble de la population, est-ce un terme et
un concept pertinent ? De surplus d'un point de vue de gauche ?





