Thibault Dumas | Blog d'un journaliste à Nantes et ailleurs

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

26 décembre 2011

La vie du MIN

4 heures, un froid matin de novembre. La nuit est noire, la lune brille à peine, seuls les lampadaires et les feux tricolores illuminent la chaussée. Nantes est désert. Pourtant, un étrange balai se met doucement en place du côté de l'île Beaulieu. Des camions et des utilitaires par dizaines convergent irrémédiablement vers l'entrée du Marché d'intérêt national (MIN), tels des abeilles vers une ruche. Une nuée blanche qui s'agglutine devant les barrières du 58, boulevard Gustave Roch, entraînant l'engorgement temporaire des rues avoisinantes. Pas d’énervement sur les visages au hâle encore gris de ces conducteurs nocturnes. Le marché aux fruits et aux légumes va débuter dans quelques minutes, à 5 heures précises - plutôt 4h55 aux dires des habitués. Patrice Mariot, le responsable de marché, et Christophe Courant, employé en charge de l'accueil, sont postés devant la cahute d'entrée. Les barrières oranges se lèvent. « Voilà, le marché est ouvert, maintenant, ils vont tous aller faire leurs achats », dit calmement Patrice, « Vous entrez dans une "ville dans la ville", comme on dit », ajoute Christophe.

Lire la suite...

16 novembre 2011

Vers la fin de la voiture à Nantes ?

Désormais, on peut "crébilloner" en toute tranquillité. La flânerie devant les chics boutiques de la rue Crébillon est depuis le 1er juillet dernier strictement piétonne. Première pierre à l'édifice d'un centre-ville sans voitures ? Le calendrier établit par la Ville de Nantes le suggère : rénovation du cours des 50 Otages lancée cet été, livraison de la place du Bouffay et de la promenade Feydeau "piétonnisée" avant la fin de l'année, mise en place d'une zone à trafic limité en centre-ville mi-2012, sans oublier les réfections de la place Graslin et de l'esplanade du Château qui courront jusqu'à l'automne 2015. Ouf. Une entreprise urbaine que Jean-Marc Ayrault, député-maire PS de Nantes, justifie en ces termes « l’ambition est celle d’un centre-ville animé, convivial, où il fait bon vivre, flâner, travailler. Où l’on profite pleinement du charme de notre patrimoine, où l’on fait ses courses en toute tranquillité, où l’on est protégé des nuisances de la circulation automobile ». Haro sur la voiture donc, avec en ligne de mire les élections municipales de mars 2014.

Lire la suite...

12 novembre 2011

À fleur de mots

« Si aujourd'hui je peux vivre du slam c'est grâce à Grand Corps Malade mais Grand Corps Malade ce n'est pas le slam à lui tout seul, simplement un slameur », met au point d'entrée Alice Ligier. Quelle est loin la petite fille introvertie qui découvre les mots à l'aube de ses huit ans. Un poème sur les chaussures en guise d'auto-initiation à l'écriture et vogue la galère artistique, « les mots m'ont toujours plu même si je ne parlais pas beaucoup de moi, j'étais secrète ». Une exploration donc avec comme figure compréhensive quoique tutélaire sa grand-mère. Partie trop tôt, celle-ci reste un fil conducteur pour Alice, artiste adulte et accomplie.

Lire la suite...

11 octobre 2011

Hangar à bananes : la fin de l'âge d'or

Il se dresse là, tout au bout de l’île de Nantes. Niché entre deux bras de Loire, surplombé par la grue Titan grise, jouxté par les anneaux colorés de Daniel Buren et Patrick Bouchain. Le Hangar à bananes ou Hangar Maurice Bertin (président de la chambre de commerce de Nantes entre 1944 et 1953) est une longue bâtisse grise de 150 mètres, basse, carrée, dont l'architecture tient de l'immobilier portuaire art déco. L'imaginaire collectif nantais raccroche l'histoire du Hangar à celle de l'esclavage et du commerce triangulaire. Que neni, il fut construit au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, devint le pourvoyeur de tout l'Ouest en bananes et ananas (importés de Guinée), puis fut transformé en dépôt de sucre de l'usine Béghin Say du début des années 1970 jusqu'à sa fermeture en 1991.

Lire la suite...