South Thanet, le chant du cygne de Nigel Farage

Au centre de l'attention médiatico-politique depuis trois ans, l'europhobe/xénophobe Nigel Farrage a semblé presque satisfait de sa défaite dans cette circonscription de carte postale qu'est South Thanet : « [ce résultat] me soulage d'un énorme poids, je ne me suis jamais senti si heureux ». Malgré une forte poussée électorale (+26,9% en voix) et un reflux des trois grands partis, le leader de UKIP a échoué à 2812 voix de ravir cette terre conservatrice de l'extrême sud-est de l’Angleterre à Craig Mackinlay... ancien camarade de parti.

Avec 12,6% des voix au Royaume-Uni, sa formation maintien son troisième rang national tout en subissant le contre-coup des européennes de 2014 (26,6%). Dans un livre publié en mars dernier ("The Purple Revolution", éditions Paperback, non-taduit) Farrage prevenait : « me concernant, il n'est simplement pas crédible de continuer à diriger le parti sans siège à Westminster. Si j'échoue à South Thanet, c'est rideau, je devrais démissionner ». Ne reste plus qu'à profiter des plages et des villages pittoresques du Kent. Avant un énième come-back ?

Orkney et Shetland, îles libérales-démocrates

Comment a t-il fait pour perdre avec l'étiquette nationaliste dans les îles du nord de l’Écosse ? Qui plus est face aux Lib-Dems, balayés de la scène politique nationale ? Danus Skene est en effet l'un des deux seuls candidats du Scottish National Party (gauche nationaliste) a avoir perdu ce jeudi 7 mai 2015, l'autre étant Neil Hay à Édimbourg. Ailleurs, on dénombre 56 gagnants pour le SNP, un record historique.

Ce professeur à la retraite de 70 ans, a échoué 817 voix derrière Alistair Carmichael, baron Lib-Dem élu pour la première fois en 2001 dans cette circonscription centriste depuis 1950. Située au niveau des 59e et 60e parallèles nord, elle regroupe les 370 îles nord-écossaises, dont les deux principales, Orkney et Shetland. On peut en admirer les paysages sur le compte Twitter de Monsieur Skene. Un candidat du SNP qui a d'ailleurs masqué sa déception en estimant avoir « secoué le cocotier de la vie politique des îles [sic] », à plus de 800 kilomètres de Westminster...

Wolverhampton South West, à nouveau rouge

Tout s'est joué à 801 petites voix, qu'il a fallu recompter jusqu'à 5h30 du matin au complexe Aldersley de Wolverhampton (centre de l'Angleterre). Le travailliste Rob Marris a finalement reconquis son siège, perdu en 2010, dans la circonscription sud-ouest de la ville. « Au milieu des ténèbres, la lumière vient », une devise plus que jamais locale tant le Labour a été laminé à l'échelle nationale. 30,4% des voix, 232 sièges sur 650, les travaillistes sont à leur plus bas niveau depuis 1987.

Wolverhampton South West est une circonscription hétéroclite, faite de quartiers multiculturels déshérités et de banlieues pavillonnaires assoupis. Longtemps conservatrice, elle a changé de couleur à chaque scrutin depuis 15 ans. « Je crois que les gens de Wolverhampton voulaient la fin de l’étranglement budgétaire, qui frappe ici bien plus qu'ailleurs. Je crois qu'ils voulaient aussi un MP [Member of Parliament, ndr] qui habite effectivement la circonscription » a commenté Monsieur Marris, ancien avocat. Son adversaire, le Tory Paul Uppal, aura réussi l'exploit de perdre un siège conservateur en pleine vague bleue.