C'est loin d'être une première pour un hebdomadaire d'information : Marianne imprimait une version locale de son n°881 du 7 mars dernier en s'interrogeant "Et si Ayrault perdait Nantes ?"; L'Express sortait peu de temps après (n°3272 du 19 mars) un supplément, en partenariat avec l'école privée SciencesCom, qui titrait "Nantes; Sports : les raisons d'un succès". Pourtant, le numéro du Point pose question...

Réalisé par la rédaction parisienne

Le dossier consacré au chef-lieu de la Loire-Atlantique fait 13 pages et demie si l'on ôte les publicités, ainsi que la page de garde qui reprend strictement la Une. Il a été réalisé par Audrey Emery et Baudouin Eschapasse, tous deux journalistes au service "Villes" de la rédaction parisienne du Point. Gilles Pudolowski, critique gastronomique, s'est occupé de la partie consacrée aux restaurants et cafés nantais.

Tout a t-il été fait depuis Paris ? "Nous sommes venus sur place pour réaliser notre enquête" répond Audrey Emery, tout en précisant qu'elle se rend régulièrement à Nantes et que son collègue Baudouin Eschapasse est Nantais d'origine. Coïncidence, Philippe Dossal, pigiste sur les bords de Loire pour Le Point depuis 12 ans a été brutalement congédié par la direction de l'hebdomadaire mi-juin (lire sur son blog "De l'art de virer un journaliste").

Et les sujets qui fâchent ?

Venons-en aux articles. Les titres, plus que les contenus, interpellent : "La cité star du numérique", "Ici, on invente la santé du futur", "Ce que le monde nous envie", "Quand Nantes fait mieux que Paris"...etc. Même Nantes Passion, le bulletin mensuel d'information municipal, est rarement aussi dithyrambique. Mais pour Audrey Emery "enquêter sur ce que Paris peut envier à Nantes nous semblait être une nouvelle façon de traiter du dynamisme de la métropole".

Les grands dossiers qui font débat localement sont eux absents : Notre-Dame-des-Landes, franchissement de la Loire, déménagements du CHU et du MIN, rapport coût/retombées de la politique culturelle ou encore difficultés dans les transports. Au Point on précise que les sujets qui fâchent ont été "largement traité dans deux précédents numéros". Les chiffres de tirages et de ventes de ce numéro spécial ne nous ont pas été communiqués (publié en ligne par le Club de la presse de Nantes Atlantique).