Le quotidien s'interroge en titre, "À Nantes, le candidat du FN a-t-il révisé ses dossiers ?" tandis que dans l'article, Fatima Khiati de l’École publique de journalisme de Tours (EPJT) - et non "pratique" comme l'écrit Libération, analyse deux passages d'un entretien diffusé le 13 novembre 2013 et qui dure 11 minutes et 15 secondes.

Les subventions de Royal de Luxe

Le premier concerne la compagnie nantaise de théâtre de rue Royal de Luxe. Christian Bouchet déclare, « Moi, dans Royal de Luxe, ce qui me gêne ce n’est pas Royal de Luxe en lui-même, c’est le coût de Royal de Luxe sur les impôts des Nantais. Ce n’est pas réellement gratuit pour les Nantais... Puisque ça leur coûte, je crois … de tête 1,8 million d'euros » (4 minutes 10).

Libération explique que dans les faits, « La ville de Nantes, elle, ne verse qu'un million d'euros ». Or dans l'interview je réponds immédiatement : « la dernière subvention, c'est un million d'euros » pour ensuite demander au candidat du FN de clarifier sa position, « vous êtes en responsabilité [au conseil municipal], vous ne votez pas cette subvention ? ». Il répond par l'affirmative.

La "Désintox" de Fatima Khiati est même confuse et non sourcée, car en réalité sur l'ensemble de l'année 2013 la ville de Nantes a versé 1,5 million d'euros dont 500 000 euros attribués lors du conseil municipal du 28 juin 2013 (délibération) et un million lors de celui du 11 octobre (délibération), ce qui correspond à « la dernière subvention ».

Nantes capitale verte de l'Europe et la langue anglaise


Le second passage a peu ou pas d’intérêt sur le plan du "fact-checking". « Que Nantes soit capitale verte, ça avait chez moi suscité une certaine interrogation. Quand nous nous étions rendus compte que la mairie communiquait entièrement en anglais sur ce phénomène... Je ne sais pas si vous vous en souvenez, j’avais proposé que le maire de Nantes soit nominé au prix de la carpette anglaise », dixit Christian Bouchet.

Libération
nous apprend qu'au delà de la dénomination "Nantes European Green Capital" le site réalisé par la ville « est bien évidemment rédigé en français, même s'il propose aussi une version anglophone », tout comme les pages Twitter et Facebook adjacentes.

Dans l'entretien, je ne réponds pas à la tête de liste du Front national, n'ayant pas d'élément probant et intéressant sur ce point. Anecdotiquement, on peut noter que le portail français de nantesgreencapital.fr compte 31 pages (plan du site) contre 25 pages pour la version anglaise (site map). Ou encore que la dimension européenne du prix est fréquemment oubliée : Libé parle de « Nantes Green Capital » et Monsieur Bouchet de « Nantes, (...) capitale verte ».