ETA : des négociations à la reddition
Par Thibault Dumas le 07 décembre 2011, - Europe - Lien permanent

Janvier 1982. Euskadi ta
Askatasuna ("Pays basque et liberté"), voilà la signification des trois
lettres de ETA, organisation armée qui lutte pour l'indépendance basque depuis
sa création (clandestine), en 1959. Et en ce début d'année 1982, le conflit
basque connait un tournant. Le deuxième gouvernement de la transition
démocratique en Espagne, dirigé par Leopoldo Calvo-Sotelo, propose l'amnistie
aux combattants de l'ETA , emprisonnés ou pourchassés, en contrepartie de
l'abandon de la violence. Le président du gouvernement central est convaincu
que « le problème du terrorisme n'est pas seulement, comme on le dit
régulièrement, un problème d’État, mais un problème majeur qui menace la
réalité même de l’État ».
30 ans après
Trois hommes cagoulés de blanc et vêtus de noir, un drapeau basque en arrière-plan, une table ornée de la hache entourée d'un serpent, le symbole de l'ETA . « ETA a décidé l'arrêt définitif de son activité armée. ETA lance un appel aux gouvernements d'Espagne et de France pour ouvrir un processus de dialogue direct qui aura comme objectif la résolution du conflit et, en conséquence, le dépassement de la confrontation armée », indiquent-ils dans un communiqué, avant d'ajouter, en ce jeudi 20 octobre 2011 : « à travers cette déclaration historique, ETA montre son engagement clair, ferme et définitif ».
L'organisation a donc mis un "point final au cauchemar" (article de El País) qui a entraîné la mort de 864 personnes en 43 ans de terrorisme, principalement en Espagne. Cette reddition est moins le résultat d'un processus de maturation que la conséquence d'un affaiblissement progressif. Depuis l'été 2009, l'ETA n'a plus effectué un seul attentat en France ou en Espagne. Sur les 900 membres que compterait l'organisation, plus de 750 seraient en prison. Enfin, lors des élections locales de mai 2011, la nouvelle coalition indépendantiste de gauche Bildu ("réunir" en basque) est devenue la deuxième force du Pays basque, avec l'appui des anciens de Batasuna, considérée comme la vitrine politique de l'ETA . Selon le directeur de l'hebdomadaire Cambio 16, Gorka Landaburu, « le politique a gagné sur le militaire » (publié dans Europa n°31).














Commentaires
El Pais y Cambio 16 comme références d'objectivité journalistique dans l'Espagne monarchique installée par Franco, c'est comme prendre Minute et Mein Kampf comme livres philosophiques de chevet.
Je n'en dirais pas plus...
@ Txakal
Mais c'est un jugement tout à fait modéré que vous exprimez la. Faire un parallèle, avec d'un côté El Pais et Cambio 16 et de l'autre Minute et Mein Kampf, c'est d'une finesse absolue. Je n'ai pas pu le mettre dans le billet, car il y a déjà un lien à la fin de celui-ci mais la citation de Gorka Landaburu provient d'une interview à... l'Humanité, datant du 25 octobre de cette année.
http://www.humanite.fr/monde/eta-%C...
Un journal qui s'est toujours distingué par son anti-franquisme. Dernière exemple en date, son article "El Valle de los Caidos, vestige de la honte" :
http://www.humanite.fr/monde/espagn...
Pourriez-vous préciser votre pensée Txakal ?
Droite, Gauche, El Pais, l'Humanité, le Monde... Vus par les Basques (j'en suis un), tous ces partis et ces quotidiens ne sont que les relais des Etats impérialistes qui nous imposent leur domination.
Le "politiquement correct" diffuse la pensée unique et met une chape de plomb sur ce qui ce se passe vraiment au Pays basque, à l'exception des actions spectaculaires ou violentes des militants qui avaient pris les armes pour secouer le joug...
Mais c'est terminé: ETA a mis fin à son activité armée. Tout le monde va pouvoir dormir en paix en imaginant une partie de pelote basque ou une piperade au piment d'Espelette. Ce n'est pas Gorka Landaburu qui va changer ça...
@ Txakal
C'est votre opinion. Ce n'est en rien la mienne. Je pense également qu'il est un brin présomptueux de prétendre exprimer la vision politique de tous les Basques, simplement par ce que vous êtes, Basque. Il est bien dommage aussi de vitupérer les "Etats impérialistes" et la "pensée unique" tout en niant l'existence de quelconques courants politiques (droite, gauche). Ces concepts appartiennent à la gauche radicale voire révolutionnaire me semble-t-il, la ou l'ETA s'est toujours situé selon ses propres dires. Donc il y a une contradiction dans vos assertions.