Naviguer dans les eaux glacées de
l'Antarctique pendant plus de trois mois. S'aventurer dans une nature grandiose
mais féroce bien au delà des 40e rugissants et des 50e hurlants. Effectuer une
course-poursuite incertaine de plus de 17 000 miles nautiques. Tout cela dans
le but (d'essayer) de trouver et de contrecarrer une flotte de baleiniers
japonais qui chasse avec brutalité des cétacés protégés - en invoquant sans
coup frémir la recherche scientifique. Dans l'excellent documentaire « Milles
Baleines - Le combat de Greenpeace » , l'allemande Angela Grass nous fait vivre
cette aventure de l'intérieur à bord de l'Esperenza, l'un des navires de
l'organisation écologiste Greenpeace. Ni bêtement partisan, ni lourdement
racoleur, le film tire de cette auberge espagnole flottante une fine mosaïque
de portraits.
Il y a Sakyo le jeune Nippon en rupture avec la doxa pro-baleiniers du pays du
soleil levant, Irene l'opiniâtre rédactrice internet Finno-Suédoise
(
blog de
l'expédition), Heath le conducteur de canot Américain en quête d'action,
Mir l'opérateur radio assistant Panaméen au look d'étudiant gauchiste, Ben le
chef machiniste allemand terre à terre et Frank Kamp le - forcément -
charismatique capitaine Néerlandais... Des protagonistes attachants, une
musique envoutante et de superbes images qui contrastent avec la bataille
navale qui fait rage. De coups de bluffs en conciliations impossibles la
confrontation semble inéluctable. Celle-ci, finalement très brève, laissera
surtout l'impression d'un combat de David contre Goliath. D'un côté des
chasseurs au sang froid à l'organisation quasi militaire et de l'autre des
militants au sang chaud avec la roublardise comme seule arme. D'où un
questionnement douloureux quand - ô suprême ironie pour des écologistes - le
carburant vient à manquer : tout cela est-il vraiment efficace ? Le
documentaire en lui-même y apporte une réponse : le seul combat que l'on perd
est celui que l'on ne mène pas.
Commentaires
Je te rejoins tout à fait à propos de cet extraordinaire documentaire ''Mille baleines...'', il est bien dommage qu'il ne soit pas possible de se le procurer en DVD pour inspirer ceux qui ne l'ont pas vu. Une des scènes du début, filmée au départ du vaisseau japonais avec une foule saluant en pleurs les gentils harponneurs qui partent pour gagner leur croute, la petite fille qui pleure amèrement dans les bras de sa mère en faisant signe à son Daddy, tu ne peux pas t'empêcher de penser ''Ah fillette si tu connaissais vraiment ton père tu pleurerais pour une autre raison''.
Merci pour votre commentaire sympathique Marie.