La permanence exitentialiste
Par Thibault Dumas le 28 janvier 2010, - Société - Lien permanent
L'existentialisme c'est
d'abord une claque. Lire la philosophie de Jean-Paul Sartre - comme ce fut le
cas pour moi à l'âge de 18 ans - c'est s'ouvrir le champ des possibles.
Face à des pensées rigides (Marx, Kant), angoissées (Pascal, Kirkegaard) ou qui
apparaissant comme passéistes, l'existentialisme se révèle être une doctrine
vivifiante, une dialectique de la liberté et de l'engagement. En cela
l'existentialisme est un humanisme plein et entier, loin du sens classique
qu'on le donne à ce terme. « L'Existentialisme est un humanisme » c'est
d'ailleurs le nom d'une conférence que Sartre a donné le 29 octobre 1945 à la
salle des Centraux dans une ambiance électrique - décrite par Boris Vian dans «
L'Écume des jours » - qui devint ensuite un livre. Ce condensé
philosophique outrepasse la richesse abrupte et inaccessible de « L'Être et le
néant » pour aller à l'essentiel tout en répondant aux critiques acerbes.
Sartre, lui même prendra par la suite distance avec le texte, considérant que
l'exposé philosophique n'y était que trop sommaire.
Reste que comprendre aujourd'hui ces lignes, c'est bénéficier d'un atout non négligeable : n'avoir aucun à priori sur Sartre, ni dithyrambique, ni pourfendeur. On juge alors l'essence de l'œuvre et non l'existence de l'homme. Le procès en quiétisme et en agnosticisme que firent hier communistes et chrétiens donnent aujourd'hui aux réponses de Sartre une force incroyable. L'existentialisme ébranle aussi l'individualisme ou le pessimisme qu'on lui associe souvent à tord - la citation éculée « l'enfer c'est les autres ». Les mots de Sartre parlent d'eux même : « (...) quand nous disons que l'homme est responsable de lui-même, nous ne voulons pas dire que l'homme est responsable de sa stricte individualité, mais qu'il est responsable de tous les hommes ». Une invitation à l'action comme réponse à l'angoisse humaine née de la liberté : « (...) il n'y a pas de doctrine plus optimiste, puisque le destin de l'homme est en lui-même » (ouvrage complet). Celui qui fut le compagnon de Simone de Beauvoire est mort il y a maintenant près de 30 ans, avec le recul on ne peut que faire le constat suivant : il aura marqué le 20e siècle comme d'autres philosophes auront marqué le leur. L'existentialisme n'est pas simplement d'actualité, il est intemporel.










