Les traders sont éternels
Par Thibault Dumas le 09 janvier 2010, - Social - Lien permanent
Le « front office », le « carry trade », le
« tick » et autres joyeusetés boursières sont pour vous un gloubi-boulga
abracadabrantesque ? D’anciens caïds des salles de marchés, affreusement
poussés au chômage et à la grande pauvreté par la grande crise débutée en
septembre 2008, se feront un plaisir de vous éclairer sur ces voluptueuses
notions financières - et sur leur responsabilité dans cette hérésie économique
? - lors de votre prochain séjour dans la ville de New York. En vous acquittant
charitablement de la somme de 45 dollars par personne (soit environ 30 euros)
et à condition d'être au moins au nombre de deux, vous aurez le plaisir
légèrement masochiste de participer au « Tour de la Crise
Financière ».
C’est Andrew Luan, trader licencié de la Deutsche Bank en avril dernier, qui a eu l’idée de cette reconversion un rien cynique sans passer par la case America’s Job Bank (le Pôle emploi à la sauce yankee) : « Le Tour de la Crise Financière est une balade de 2 heures dans le quartier de Wall Street.. (…) Le but est de donner aux gens une meilleure compréhension des marchés financiers et du déroulement de la crise ». Quand le petit peuple se fait enfumer dans les grandes largeurs autant qu'il comprenne comment ! La cote de cette ballade touristique est montée en flèche obligeant à l’embauche de trois ex-traders supplémentaires : James, Jospeh et Tom. Ce dernier arrondissant encore ses fins de mois (très difficiles) en travaillant l’après-midi chez le géant bancaire Goldman Sachs.
Quand l’ex-courtier Andrew Luan raconte la grande crise, il s'exprime comme un soldat fraîchement revenu des premières lignes du front,ayant vu la barbarie financière de près : « J'ai vu la chute d'AIG, de Lehman Brothers et de Bear Stearns et tout ce qui s'est passé là-bas, et des histoires, j'en ai pleins à raconter ». Mais les ex-traders ne sont pas repenti pour un sous (ou plutôt pour une action), derrière le slogan pseudo-pédagogique « divertir, choquer, informer », les visites de The Wall Street Experience (site officiel de l'entreprise) au « cœur du capitalisme » sont une affaire très lucrative. Pour les ex-manitous de la finance, le business continue quand le citoyen moyen lui paye toujours la facture fiscale et sociale de leur mégalomanie.












Commentaires
Ne soyons pas manichéens ! Aux USA, on regrette l'heureux temps du plein emploi, de la croissance à 4,5%. Chez nous et en Chine on regrette le dollar fort, les commandes américaines massives qui on nourri les économies du monde et tout cela pendant une quinzaine d'années !!! Le niveau de vie des américains reste de 25% plus élevé que le nôtre et nul doute que la machine financière de ce pays ne l'empêchera pas de retrouver la croissance bien avant nous. Bien sûr les crédits subprime, héritage des démocrates et de Jimmy Carter qui ont rendu obligatoires les crédits immobiliers aux défavorisés ont semé la pagaille mais c'était une mesure sociale imposée par l'état US aux banques !!!! Heureux temps des requins de la finance où tout allait beaucoup mieux que maintenant..... Nous en France, nous sommes du côté de la morale et du chômage massif garanti depuis 20 ans. Nous avons 5,3 millions de fonctionnaires qui coûtent chacun en moyenne 70 000 euros par an à la collectivité (rapport de la Cour des Comptes) ce qui n'est pas mal, on en conviendra pour des gens qui ne se tuent pas à la tâche, et des finances publiques qui ne se rétabliront pas car nous n'aurons jamais la croissance suffisante. La cessation de paiement est assurée, dans 2 ou 3 ans et donc la révolte sociale suivra. Et quant à ceux qui rêvent de prendre l'argent "là où il est", il faudra qu'ils le piquent aux classes moyennes qui triment et gagnent beaucoup moins de 70 000 euros/an (qui a parlé de justice et de solidarité ???) Maintenant nous allons pouvoir observer le train continu des délocalisations d'entreprises, de capitaux et de personnes car la révolte sociale qui nous guette ne va pas inciter les productifs à rester chez nous et si en plus le percepteur montre les dents.....tout est dit !