Mais la Veveysanne n’a pas réalisé son bannissement et retourne le 1er juillet 2009, soit six mois plus tard, dans le même magasin. Elle y fait pour 60 francs de courses (environ 40 euros) sans commettre le moindre vol. Cependant la surveillante du supermarché la reconnaît, puis c’est l’engrenage humiliant : « on m’a traitée de voleuse et de menteuse et fouillée à plusieurs reprises. On m’a ensuite emmenée à la gendarmerie. Là-bas, j’ai été mise en garde-à-vue dans une cellule, déshabillée, et fouillée à nu ». Très affectée, Séverine n’a pas mangé pendant 15 jours suite à l’incident alors qu’elle souffre déjà d’anorexie (la frêle jeune femme pèse seulement 33 kilos). L’avocat de la Suissesse conteste avec force la décision prise par le géant helvétique de l’alimentation, premier employeur du pays : « Selon moi, Migros ne peut pas spontanément interdire l’accès à son magasin. À mes yeux, seul un juge peut délivrer cette interdiction ». De son coté, la direction nationale de Migros Vaud se targue sans vergogne de se faire elle-même justice en matière de vols à l’étalage : « Si, après deux fautes que nous estimons graves, nous ne constatons pas de changement d’attitude, nous nous réservons le droit d’interdire au contrevenant l’accès à nos magasins, qui sont des territoires privés ». Les deux parties ont porté plainte, le Tribunal de police de Vevey devra trancher. M le meilleur (slogan de Migros) pourrait bien devenir M le maudit (publié par Marianne n°...).