Les intérêts particuliers de Rachida Dati
Par Thibault Dumas le 19 octobre 2009, - Droite - Lien permanent
Rachida Dati a des ressources physiques
inépuisables. Du moins c'est ce qu'elle s'échine à faire croire. Déjà en
janvier 2009, elle avait intégralement mis en scène son retour au conseil des
ministres, 5 jours à peine après son accouchement par césarienne. Manœuvre
grossière d'une disgraciée du sarkozysme dont les prérogatives (et l'agenda) se
réduisaient comme peau de chagrin au ministère de la justice. Aujourd'hui l'ex
garde des Sceaux est une ultra-cumularde. Maire du 7e arrondissement, elle est
aussi députée européenne. Ses négligences républicaines n'ont d'égales que ses
caprices politiques, qui visent à s'arroger toujours plus de pouvoir. Mais les
11 863 euros par mois qu'elle touche de ses mandats, avant impôts, ne suffisent
pas à couvrir son train de vie mondain. Alors Rachida Dati fait du
« conseil » et se lance même dans l'humanitaire. Un seul mot d'ordre
: mes intérêts particuliers avant l'intérêt général.
La cumulardise aiguë de la native Saône-et-Loire commence à lui poser
quelques problèmes dans la capitale. Faible présence au conseil de Paris,
excepté quand Arte tourne le documentaire « Rachida Dati, une femme en
politique ». Compte-rendu de mandats municipaux ou elle ne reste parfois
que 30 minutes. Réputation de « maire retardataire ». Sa désinvolture
permanente contraste avec sa volonté, parfois violente, de prendre la tête de
l'UMP parisien en vue des municipales de 2014. Lynda Asmani, conseillère de
Paris du 10e arrondissement, en a fait les frais en juin 2008. Figure montante
de la droite dans la capitale, elle a été éjectée de sa fonction de
porte-parole du groupe UMP au conseil de Paris... 2 jours après avoir annoncé
sa candidature à la tête du parti sarkozyste dans la capitale (article
du Point). Derrière les sourires de façade, la critique de Rachida Dati est
acerbe : « Les gens préfèrent peut-être quelqu'un de plus proche d'eux, de
plus sympathique, de plus accessible ».
La brutalité et la vulgarité de Rachida Dati irrite jusque dans les cercles
européens. Le 16 septembre 2009, lors d'une réunion interne du Parti Populaire
européen (PPE) elle « exige » l'attribution de la rédaction d'un rapport
sur le fonds spéculatifs. Logiquement c'est Jean-Paul Gauzès, eurodéputé UMP et
spécialiste du sujet, qui se propose pour élaborer le texte. « Explosion
de colère » de l'ancienne égérie du sarkozysme qui « agonit alors
d’injures son collègue » selon les témoins présents. Les communiqués de
démenti passent, l'étourdissement des députés de droite reste. L'eurodéputée
chrétienne-sociale Astrid Lulling ne mâche pas ses mots : « Nous avons des
légions d'anciens ministres au Parlement européen, ça ne veut pas dire qu'ils
ont des priorités pour l'attribution des rapports. Ça ne se passe pas comme
ça ». Pour la luxembourgeoise Rachida Dati « (…) prend la parole pour
essayer d'impressionner les médias alors qu'en commission il faut impressionner
les collègues » (reportage
de France 2).
Plus grave encore, l'ancienne porte parole de Nicolas Sarkozy piétine le
règlement du Parlement européen. Dans sa « déclaration d'intérêts
financiers », remplie pendant l'été 2009, elle n'a pas mentionné son
mandat de maire du 7e arrondissement, qui lui rapporte pourtant 4808 euros
bruts mensuels sans compter les frais de représentation. Le pot au rose,
découvert par Médiapart, a obligé Rachida Dati à corriger sa déclaration
(billet
de Mathilde Mathieu). Le 25 septembre le Parlement européen a
officiellement publié le document dument rempli. Ouf ! Sauf que la députée
européenne a omis de mentionner la création de son cabinet de conseil La
Bourdonnais Consultants et ses quelques missions pour des grandes entreprises
ou le cabinet d’avocats américain Wilkie Farr & Gallagher. La possibilité
du conflit d'intérêt est évident. Madame Dati répond que sa société est encore
« inactive ». Gageons, vu sa boulimie bling-bling, qu'elle ne le
restera pas longtemps.
Mais le cynisme de Rachida Dati n'a pas de limites. Non contente de jouer sur
la fibre sensible lors de l'inauguration de sa statue au Musée Grévin (une
consécration si il en est), elle veut maintenant faire croire en sa
philantropie. Le 14 octobre dernier lors d'un gala de bienfaisance organisé
dans le modeste cadre de la cour de l’Hôtel des Invalides, elle a lancé son
association : C'est à vous. Sur le modèle très américain des « charity
dinners » il s'agissait de récolter des fonds pour la Fondation des
Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France (170 000 euros au final). Raout très chic
donc, avec brochette de stars (Line Renaud, Mireille Darc, Laeticia Hallyday,
Patrick Bruel...) mais aussi politiques chiraquiens pleins d'avenir (Bernadette
Chirac, Jean-Pierre Raffarin...) et quelques grands financiers. L'ancienne
magistrate s'est targuer, sans rire, de créer une ONG « humanitaire et
humaniste ». Avis aux donateurs.











