La cumulardise aiguë de la native Saône-et-Loire commence à lui poser quelques problèmes dans la capitale. Faible présence au conseil de Paris, excepté quand Arte tourne le documentaire « Rachida Dati, une femme en politique ». Compte-rendu de mandats municipaux ou elle ne reste parfois que 30 minutes. Réputation de « maire retardataire ». Sa désinvolture permanente contraste avec sa volonté, parfois violente, de prendre la tête de l'UMP parisien en vue des municipales de 2014. Lynda Asmani, conseillère de Paris du 10e arrondissement, en a fait les frais en juin 2008. Figure montante de la droite dans la capitale, elle a été éjectée de sa fonction de porte-parole du groupe UMP au conseil de Paris... 2 jours après avoir annoncé sa candidature à la tête du parti sarkozyste dans la capitale (article du Point). Derrière les sourires de façade, la critique de Rachida Dati est acerbe : « Les gens préfèrent peut-être quelqu'un de plus proche d'eux, de plus sympathique, de plus accessible ».

La brutalité et la vulgarité de Rachida Dati irrite jusque dans les cercles européens. Le 16 septembre 2009, lors d'une réunion interne du Parti Populaire européen (PPE) elle « exige » l'attribution de la rédaction d'un rapport sur le fonds spéculatifs. Logiquement c'est Jean-Paul Gauzès, eurodéputé UMP et spécialiste du sujet, qui se propose pour élaborer le texte. « Explosion de colère » de l'ancienne égérie du sarkozysme qui « agonit alors d’injures son collègue » selon les témoins présents. Les communiqués de démenti passent, l'étourdissement des députés de droite reste. L'eurodéputée chrétienne-sociale Astrid Lulling ne mâche pas ses mots : « Nous avons des légions d'anciens ministres au Parlement européen, ça ne veut pas dire qu'ils ont des priorités pour l'attribution des rapports. Ça ne se passe pas comme ça ». Pour la luxembourgeoise Rachida Dati « (…) prend la parole pour essayer d'impressionner les médias alors qu'en commission il faut impressionner les collègues » (reportage de France 2).

Plus grave encore, l'ancienne porte parole de Nicolas Sarkozy piétine le règlement du Parlement européen. Dans sa « déclaration d'intérêts financiers », remplie pendant l'été 2009, elle n'a pas mentionné son mandat de maire du 7e arrondissement, qui lui rapporte pourtant 4808 euros bruts mensuels sans compter les frais de représentation. Le pot au rose, découvert par Médiapart, a obligé Rachida Dati à corriger sa déclaration (billet de Mathilde Mathieu). Le 25 septembre le Parlement européen a officiellement publié le document dument rempli. Ouf ! Sauf que la députée européenne a omis de mentionner la création de son cabinet de conseil La Bourdonnais Consultants et ses quelques missions pour des grandes entreprises ou le cabinet d’avocats américain Wilkie Farr & Gallagher. La possibilité du conflit d'intérêt est évident. Madame Dati répond que sa société est encore « inactive ». Gageons, vu sa boulimie bling-bling, qu'elle ne le restera pas longtemps.

Mais le cynisme de Rachida Dati n'a pas de limites. Non contente de jouer sur la fibre sensible lors de l'inauguration de sa statue au Musée Grévin (une consécration si il en est), elle veut maintenant faire croire en sa philantropie. Le 14 octobre dernier lors d'un gala de bienfaisance organisé dans le modeste cadre de la cour de l’Hôtel des Invalides, elle a lancé son association : C'est à vous. Sur le modèle très américain des « charity dinners » il s'agissait de récolter des fonds pour la Fondation des Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France (170 000 euros au final). Raout très chic donc, avec brochette de stars (Line Renaud, Mireille Darc, Laeticia Hallyday, Patrick Bruel...) mais aussi politiques chiraquiens pleins d'avenir (Bernadette Chirac, Jean-Pierre Raffarin...) et quelques grands financiers. L'ancienne magistrate s'est targuer, sans rire, de créer une ONG « humanitaire et humaniste ». Avis aux donateurs.