La rénovation jusqu'au bout
Par Thibault Dumas le 05 octobre 2009, - Gauche - Lien permanent
C'est fait. Les camarades socialistes
ont fourni à la direction du PS la décoration, l’outillage et la quincaillerie
de la rénovation. Martine Aubry, telle une Valéry Damido du socialisme, à
maintenant un mandat clair pour ravaler la « vielle maison »
socialiste. La participation, enjeu de cette consultation interne, a été
décevante à Paris mais importante en province. Plus de 92 000 militants
qui se déplacent pour un projet positif, c’est un signal fort. Aucune autre
force politique française ne peut se targuer d’une telle puissance
démocratique. En nombre de militants c’est un record pour un référendum interne
depuis 1995, excepté de vote houleux sur le TCE à l’automne 2004. Les
tentatives de déstabilisation de certains barons conservateurs (sur le
non-cumul des mandats), ou autres apparatchiks (sur les primaires à gauche) ont
été balayées avec respectivement 68% et 72% des voix.
Le non-cumul du mandat n’est pas le « sens de l’histoire » pour
reprendre l’expression involontairement marxisante de Jean-Marc Ayrault, chef
de file des députés PS (note
sur son site). C’est le sens d'une certaine « morale » de gauche,
qui de Pierre Mendès-France à Lionel Jospin à mis l’éthique démocratique au
cœur de son combat politique malgré la 5e République. Conquérir le pouvoir
présidentiel de la 5e République (sans se faire bouffer par celle-ci) pour
construire une 6e République, tel est le défi du le camp du progrès. Les
primaires ouvertes de la gauche seront le moyen de dompter la compétition à
l'investiture présidentielle. Organiser ce débat populaire et démocratique,
construire une plate-forme commune, permettra de fédérer les gauches
(politique, syndicale, associative). Par ce vote, les militants du PS ouvrent
la voie à ce processus historique.
Un autre intérêt sied aux résultats de cette consultation interne. Il s'agit de
la 12e question, ouverte aux remarques éventuelles des militants (questionnaire
complet). Une mine d'or pour connaître les aspirations des militants du PS.
Gageons que Solférino lira les réponses avec attention. Sans prétendre être
exhaustif ou objectif, il ressortirait plusieurs choses de ces réponses. En
toute logique, la volonté d'imposer « le non-cumul
maintenant », c'est à dire dès les élections régionales de mars 2010. Il
émergerait aussi une envie de formation militante, d'une meilleure intégration
aux processus internes du PS, parfois jusqu'à l'idée de démocratie
participative (en référence à qui vous savez). Enfin s'exprimerait l'idée d'une
certaine « discipline » dans la parole des personnalités socialistes.
Une expression forte des militants, un devoir d'action pour les dirigeants du
PS en somme. Martine Aubry en tête.












Commentaires
Le PS le camps du progrès ? Les socialistes ont tout faux depuis longtemps. 35 heures, retraite à 60 ans, corporatisme égoïste du secteur public, incapacité chronique à traiter le problème de l'immigration clandestine, vision passéiste digne du 19ème siècle de la société (lutte des classes, anti capitalisme rampant ), incompréhension des mécanismes de marché etc... Quant à la morale dispensée par le PS et son respect des valeurs démocratiques, il vaut mieux ne pas en parler... Car les personnalités socialistes nous ont déjà tout servi depuis F. Mitterrand jusqu'à Martine, on a tout vu. Pour ce qui est du projet socialiste, il se limitera à de l'anti-sarkozysme sarcastique pour la bonne raison qu'il n'y a rien du tout à ajouter après des décennies de mensonges et de délires. Les socialistes n'ont pas plus de prise sur la réalité qu'avant, mais maintenant on le sait, là est toute la différence. Il ne leur reste plus que le chevalier blanc DSK mais le Monsieur ne pourrait pas remettre son costume socialiste sans devoir débiter des fariboles auxquelles il ne croit pas un instant. Un directeur du FMI, ne pourrait se permettre un discours de type PS sans se couvrir de ridicule à l'échelon international donc son éventuel retour sur la scène politique française reviendrait pour lui à se contredire par rapport à ce qu'il aura professé au FMI pendant près de 5 ans. Il ne pourrait par exemple pas critiquer la politique économique de Sarkozy après l'avoir approuvée comme il le fait dans le cadre de son mandat de directeur du FMI. Sorti de DSK, il reste qui au PS ? Un panier de crabes, d'opportunistes et d'ambitieux épuisés par leurs échecs à répétitions ainsi que des gens en vase clos qui tournent leur moulin à prières sans rien comprendre à ce qui sort de leurs repères archaïques. Il est grand temps de tourner la page sur ces égarements.
Cher Jean-Pierre, je constate que votre commentaire est tout en équilibre et objectivité. Je pense qu'il faut que vous choisissiez. Soit les socialistes sont des marxistes passéistes, des rouges "le couteau entre les dents". Soit les socialistes sont des sociaux-traitres qui débitent des "fariboles auxquelles il ne croit pas un instant".