Le non-cumul du mandat n’est pas le « sens de l’histoire » pour reprendre l’expression involontairement marxisante de Jean-Marc Ayrault, chef de file des députés PS (note sur son site). C’est le sens d'une certaine « morale » de gauche, qui de Pierre Mendès-France à Lionel Jospin à mis l’éthique démocratique au cœur de son combat politique malgré la 5e République. Conquérir le pouvoir présidentiel de la 5e République (sans se faire bouffer par celle-ci) pour construire une 6e République, tel est le défi du le camp du progrès. Les primaires ouvertes de la gauche seront le moyen de dompter la compétition à l'investiture présidentielle. Organiser ce débat populaire et démocratique, construire une plate-forme commune, permettra de fédérer les gauches (politique, syndicale, associative). Par ce vote, les militants du PS ouvrent la voie à ce processus historique.

Un autre intérêt sied aux résultats de cette consultation interne. Il s'agit de la 12e question, ouverte aux remarques éventuelles des militants (questionnaire complet). Une mine d'or pour connaître les aspirations des militants du PS. Gageons que Solférino lira les réponses avec attention. Sans prétendre être exhaustif ou objectif, il ressortirait plusieurs choses de ces réponses. En toute logique, la volonté d'imposer  « le non-cumul maintenant », c'est à dire dès les élections régionales de mars 2010. Il émergerait aussi une envie de formation militante, d'une meilleure intégration aux processus internes du PS, parfois jusqu'à l'idée de démocratie participative (en référence à qui vous savez). Enfin s'exprimerait l'idée d'une certaine « discipline » dans la parole des personnalités socialistes. Une expression forte des militants, un devoir d'action pour les dirigeants du PS en somme. Martine Aubry en tête.