4 raisons de voter pour le Parti socialiste européen
Par Thibault Dumas le 27 mai 2009, - Europe - Lien permanent
Les élections européennes c’est un peu
comme l’histoire de la poule et de l’œuf. On ne sait qui des citoyens ou des
médias se sont désintéressés en premier de ce scrutin. Mais la réalité
démocratique est la. Depuis la première élection directe du Parlement européen
l’abstention n’a eu de cesse d’augmenter : de 39,3% en 1979 à 57,2% en
2004. Ce phénomène n’est pas spécifique à la France puisque lors de ces
dernières élections l’abstention était de 55,5% en moyenne dans l’Union
européenne. Pourtant l’enjeu est crucial à l’aune d’une crise capitaliste d’une
rare violence, particulièrement pour les salariés et la jeunesse européenne. Il
y a urgence à renouer avec le fil d’une Europe sociale et démocratique, à
combattre le fanatisme libéral, qui sous les bons mots est toujours aussi
virulent en Europe. Voici 4 raisons de voter pour les listes du Parti
socialiste européen le 7 juin.
1. La Commission Barroso doit être abattue. L'échec de la
Commission européenne dirigée par José Manuel Barosso n'est pas seulement
conjoncturel (« la crise »). Il est structurel de par la trahison
continue de l'idée européenne originelle. La non-union européenne telle qu'elle
existe aujourd'hui est finalement assez proche de la doxa libérale et
eurosceptique théorisée par Margaret Thatcher dans les années 1980.
Coordination et coopération en lieu et place d'intégration et solidarité.
Amoncellement d'intérêts nationaux égoïstes (« I want my money
back ») à la place d'une indispensable unité politique car démocratique.
Vénération du « Dieu marché » se substituant à la construction d'un
modèle de société inédit à l'échelle d'un continent. La Commission européenne
ne peut plus être l'émanation d'un absolutisme politique, un petit arrangement
conservateur entre gouvernants qui crache sur la démocratie. Une autre
Commission européenne, « un autre mécanicien pour l'Europe » (tribune
de Caroline Fourest) est possible et indispensable.
2. Seul le Parti socialiste européen peut changer l’Europe.
Qu’on le veuille ou non seul le Parti socialiste européen incarne cette
possibilité. Voulu conjointement par François Mitterrand en Willy Brandt dès
1979, c’est aujourd’hui l'unique véritable parti politique à l’échelle de
l’Europe. C’est aussi le seul à pouvoir donner une majorité de gauche au
continent. Même si on peut critiquer son penchant social-libéral des années
1990, l’existence même du PSE sous la présidence du keynésien Paul Nyoup
Rasmussen est une victoire de son aile gauche européiste sur son aile blairiste
euro-limitée. Le manifesto du PSE adopté en décembre 2008 est le plus détaillé,
le plus ambitieux de l'histoire de la gauche européenne. Y est inscrit la
volonté de combattre « une foi aveugle dans le marché, servant les
intérêts d’une minorité et non de la collectivité » pour « établir la
justice dans la nouvelle Europe sociale » (manifeste
complet). Le travail étroit du PSE avec le Confédération européenne des
syndicats, les ONG, les Forums progressistes et sociaux sont les prémisses
d'une société civile puissante au niveau de l'Union européenne.
3. Les écologistes ne peuvent pas, l’extrême gauche ne veut pas changer
l’Europe. Daniel Cohn-Bendit voit en Barroso « un caméléon
malléable au service des grands ». Il a raison. Mais la réalité est que le
Parti des verts européens est faible. Seulement 42 parlementaires. De plus il
reste tiraillé idéologiquement entre altermondialisme radical, apolitisme
centriste et mythe conservateur du « retour à la terre ». A l’image
d’un Daniel Cohn-Bendit coincé dans les ambigüités de son
« libéral-libertaire », à la tête d’un rassemblement fourre-tout et
menant une campagne bien peu politique. Quant au Nouveau parti anticapitaliste
et à Lutte ouvrière, ils veulent tous deux combattre « l’Europe des
actionnaires ». Mais le groupe Gauche unitaire européenne avec lequel ils
s'associent (tout comme le Front de gauche) compte seulement 41 membres. Plus
révoltant, l'anticapitalisme des trotskistes s'arrête aux portes du Parlement
européen. En 2000, les 3 élus de LO dont Arlette Laguiller ont votés contre
l’instauration d’une taxe Tobin européenne tandis qu’Alain Krivine pour la LCR
s’abstenait (tribune
dans Libération)…
4. Le MoDem n'est pas européiste mais nationaliste. La
démocratie-chrétienne fut avec la social-démocratie la principale force motrice
de la construction européenne depuis la mise en place de la CECA en 1952. Cet
héritage européiste a complètement été abandonné par François Bayrou au moment
de sa campagne électorale de 2007 puis de la création du MoDem, au profit d'une
sorte de gaullo-chevènementisme. Son aventure « égo-centriste » se nourrie
d’un nationalisme bon teint, outrancier même dans son obsession de convoquer la
France. Il nationalise le scrutin en jouant la surenchère politique permanente
avec Nicolas Sarkozy. Jusqu'au ridicule. Cette stratégie n’est pas sans
rappeler l’appel de Cochin anti-européen de Jacques Chirac contre Valéry
Giscard d'Estaing en 1977. Le discours de Bayrou lors de la Convention
européenne du MoDem s'est conclut par un message d’une pauvreté intellectuelle
étonnante, il faudrait bâtir « (...) une Europe qui en vaille la peine et pas
une Europe qui stagne ou qui recule ». Le leader centriste se moque de
l'Europe, il est obnubilé par 2012.












Commentaires
Bonjour,
Mes 4 raisons de ne pas voter pour le PS:
1- Barroso a eu l'aval du PSE à sa nomination et son équipe avec.
2- Le PS n'a rien changé quand il le pouvait, aurait-il évolué avec ses divisions internes dues aux nombreuses ambitions personnelles ?
3- Ce n'est pas en critiquant mais en proposant mieux que les autres que l'on avance.
4- Bayrou n'a jamais été aussi près du PS que maintenant et c'est pour moi l'argument le plus important pour ne pas m'allier à ce fantoche.
J'ajouterai que je préfèrerais me couper les deux mains que de voter pour l'UMP ou son cousin germain le FN.
Je ne vois pas en quoi Barroso a eu l'aval du PSE lors de sa nomination en 2004 par le Conseil européen ? A noter qu'à l'époque cette nomination était surtout la victoire des libéraux et des plus euro-sceptiques tant au niveau du Conseil européen que du Parlement européen.
Par ailleurs on peut critiquer les atermoiements du PS depuis 2002, néanmoins dire que la gauche de gouvernement (PS-PCF-PRG-Verts) n'a rien changé est faux. La période 1997-2002 fut pratiquement la période de gouvernement la plus longue de l'histoire de la gauche, qui de façon inédite a alliée transformation profonde de la société et solidité dans le temps. On peut critiquer le contenu et surtout la mise en place des réformes (notamment sur la période 2000-2002) mais pas leur ampleur. Le sarkozysme en a d'ailleurs fait son angle d'attaque principal (35h, présomption d'innocence, CMU).
Quant à la critique vous semblez aussi céder à ce défaut en procédant par élimination progressive concernant les listes européennes. Si mes calculs son bons (n'hésitez pas à me le signaler si je me trompe) vous soutenez le Front de gauche (Parti communiste - Parti de gauche). Faut il rappeller que le PCF était membre du dernier gouvernement dirigé par un socialiste (Jospin) et que l'ex-camarde Mélenchon était membre du PS tout comme ministre délégué à l’enseignement professionnel de ce même gouvernement Jospin...
Lynchage + plagiat :
...
Le commentaire précédent a été modéré pour la raison suivante : pas d'insultes.
L'Europe de Bruxelles c'est une couche de fonctionnaires supplémentaires gavés de privilèges scandaleux et donneurs de leçons comme il se doit. Une nouvelle caste supra nationale courtisée par des lobbys qui la pressent d'agir dans leur intérêt. Bilan : des impôts, des normes à la con qui pèsent sur l'économie et l'emploi, une perversion d'une grande idée d'union de pays. Il est intéressant de constater que cette nouvelle caste de fonctionnaires se conduit comme les fonctionnaires français qui lui ont donné naissance car on sait que cet univers technocratique fut pensé par des énarques. C'est le règne de la gabegie, de l'arrogance, de l'impunité et un jour de la corruption, n'en doutons pas ! Cette pieuvre administrative européenne devenu une usine à gaz coûteuse et fondamentalement inutile terminera sous les tomates si ce n'est sous les oeufs pourris. Elle est le reflet de la décadence d'une civilisation sans valeurs qui cache ses démissions sous des discours idéalistes creux. En attendant, la natalité s'effondre, l'immigration d'invasion s'installe, le chômage de masse est la règle et l'assistanat devient un idéal. Cette europe castrée et donc stérile aura beaucoup de mal à relever les défis lancés par la Chine et les USA. Nul doute que notre meilleure jeunesse va continuer de s'expatrier car ce continent bouffé par sa bureaucratie et ses profiteurs n'a pas d'avenir. Tous ces gens qui se pressent pour devenir député "européens" sont surtout impatients de se gaver des privilèges qui vont avec le fauteuil. Minable.