Voyage au bout de l'obscenité
Par Thibault Dumas le 18 avril 2009, - Société - Lien permanent
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L'exagération sous toutes ses formes est aussi essentielle au journalisme qu'à
l'art dramatique, l'objet du journalisme est de pousser les événements à aller
le plus loin possible » (Arthur Schopenhauer). Dans le cas de « l'affaire
Élise» le drame médiatique se joue (pour l'instant) en trois actes. Acte I,
l'enlèvement à Arles par la mère Irina Belenkaya aidée d'hommes de mains, puis
la fuite vers l'est. Acte II, la recherche tous azimuts de l'enfant par le père
et un imbroglio diplomatique franco-russe. Acte III, les retrouvailles du père
Jean-Michel André avec se fille de 3 ans et le retour en France. Mais le rideau
de fin est encore loin d'être tombé. L'obscénité médiatique est déjà la,
totale, presque totalitaire
D'un côté, un couple qui met intégralement à nu sa vie privée. Des insultes aux blessures psychologiques et physiques les plus profondes. Puis l'impardonable. La vie d'une petite fille de 3 ans, diffusée dans ses moindres détails en direct sur toutes les télévisions. De l'autre, la plupart des journalistes qui renchérissent d'interviews niaiseux, de duplex voyeuristes, « pour faire comme la concurrence » (vidéo du site Le Post). On reste dans le culte de l'anecdotique. La seule question de fond intéressante est passée sous silence : le cadre juridique des couples binationaux. Coincée entre la crise sociale et la météo, « l'affaire Élise» est un bout de viande médiatique. Un pur produit du tout info, tout marchand, tout spectacle. Dans six mois il n'en restera rien, à part la douleur (et peut être les regrets) de cette famille. C'est la règle des trois L de l'emballement médiatique : « on lèche, on lache, on lynche ».











