Quand Le Figaro fait du publireportage pour l'UMP
Par Thibault Dumas le 06 février 2009, - Société - Lien permanent
Dans son numéro du samedi 31 janvier 2008
l'hebdomadaire le Figaro Magazine a fait dans le lourd. De le page 22 à 26
c'est un véritable publireportage en faveur du plan de relance du gouvernement
qui a été imprimé. Ce dossier intitulé « Plan de relance, c'est parti ! » est
pour le moins partisan, sans nuances, dénué d'opinions alternatives. C'est très
critiquable sur le plan du travail journalistique mais c'est le droit le plus
strict du « Fig mag ». La ou le bas blesse c'est que chaque page est agrémentée
d'un énorme logo gouvernemental « Plan de relance » avec adresse du site
officiel en prime. Imaginons que Libération fasse la même chose avec le visuel
« Agir vraiment contre la crise » du PS. Ridicule ! Le propriétaire du Figaro
magazine, Serge Dassault, s'est il « coordonné » avec Patrick Devejian ? Est-ce
une commande directe du gouvernement et de son communicateur en chef Thierry
Saussez ?
Le publireportage correspond exactement à l'idéal sarkozyste de la presse : « Publicité présentée comme un article de revue ou de journal ». La presse d'opinion n'est pas une presse du politique. C'est un acte « politique » au sens plein et démocratique du terme, pas une soumission à un ordre politico-financier. En septembre dernier, nombre de journalistes de la rédaction du Figaro contestaient « (...) une ligne éditoriale trop proche du pouvoir en place ». Le sénateur Dassault (UMP), ayant une facheuse tendance à influer sur le contenu de celui-ci soit sarkozyste (article du Nouvel Obs). Dans les études, les citoyens demandent plus d'indépendance journalistique (article de Véronique Maurus), notamment par rapport au pouvoir financier. En effet, la viabilité pour la presse écrite française passe, entre autres, par plus d'indépendance, d'engagement et d'investigation. Il serait peut-être temps que certains « journalistes » honorent ces principe.












Commentaires
Un journal qui ne casse pas du Sarkozy à longueur de pages est évidement condamnable. Je vois que vous n'avez pas manqué de réagir à cette incongruité journalistique ! Je vous rappelle que la presse est libre en France et être libre ne veut pas dire être de gauche. Le fait que les propriétaires du Figaro, aient, comme vous le supputez, demandé à leurs journalistes de traiter le sujet du plan de relance à leur manière est leur décision légitime et responsable. S'ils veulent soutenir le gouvernement, ils ont le droit. Si leurs lecteurs sont satisfaits, c'est tant mieux pour eux. S'ils ne le sont pas, ils n'ont qu'à lire un autre journal. A chacun de voir et de se faire son idée. Votre réaction est typique de la gauche française pour qui seules les idées de gauche sont moralement valables et dignes d'être défendues. Gauche du "pouvoir de la rue" qui doit faire reculer le pouvoir des urnes ! Gauche pour laquelle la démocratie n'a de sens que si elle permet à la gauche de prendre le pouvoir ! Pauvre France. Et que savez-vous donc de la pertinence du plan de relance économique français ? Etes-vous économiste ? ou bien répétez-vous ce que la presse de gauche diffuse ? Promettre des distributions d'argent au peuple est une démagogie bien classique et c'est tellement facile....
Vous feriez bien de relire vos commentaires, car selon moi, il relèvent d'un amoncèlement de lieux communs et d'extrapolations délirantes. Figurez-vous que Le Figaro est un journal de grande qualité que je lis régulièrement.
Ce n'est donc pas une question de ligne éditoriale, mais d'indépendance par rapport au pouvoir politique qui se pose. Les mêmes problèmes ont émergés après l'élection de Mitterrand en 1981, et l'arrivée dans les rédactions de toute une génération de journalistes (trop) proches de l'Élysée.