Artisans de la paix en temps de guerre
Par Thibault Dumas le 13 janvier 2009, - Monde - Lien permanent
Les bombes et les missiles israéliens pleuvent
sur Gaza. Les roquettes du Hamas tombent sur le Sud d'Israël. La disproportion
guerrière de Tsahal, la violence et le désastre humain sont tels, que devant le
flot incessant et répétitif des images cela en devient banal. L'horreur
absolue, la guerre devient banale. En France, ce sont les préjugés qui
pleuvent. La bêtise extrémiste et communautariste (d'ou qu'elle vienne) à voix
au chapitre : « Dis moi qui tu es, je te dirais qui tu soutiens ». C'est ying
contre yang, noir contre blanc, bloc contre bloc, pro-israéliens contre
pro-palestiniens. Peu importe la recherche de la paix, l'important est de
s'indigner le plus possible en faveur d'un « camp », et de faire le lit des
plus extrémistes. Dans ce chaos réel (là-bas) comme verbal (ici), certains ont
le courage d'être à contre-courant. D'être des artisans de la paix et de la
justice en temps de guerre.
Oui, il existe des gens en Israël qui se battent aujourd'hui pour une paix juste avec les palestiniens et les pays arabes. C'est par exemple l'association israélienne de gauche Shalom Akhshav (« la Paix maintenant »). Née dans l'esprit de la rencontre de Sadat et Begin en 1978, elle s'est démarquée historiquement par son opposition à la guerre du Liban en 1982 (historique complet). Mais surtout elle a interrogée avec vigueur la conscience collective israélienne et le sionisme, avec trois manifestations. En 1982, où plus de 400 000 israéliens (sur une population de 5,5 millions à l'époque) se rassemblent pour la paix après le massacre de Sabra et Shatila. En 1989, où 15 000 israéliens et 15 000 palestiniens manifestent à Jérusalem pour la paix. En 2005, où 10 000 personnes se mobilisent pour le désengagement des colonies par l'État hébreux (une position historique courageuse car pour le moins minoritaire).
Même en ces temps de guerre et de désespoir, les militants de la Paix maintenant se mobilisent inlassablement. Ils manifestent en scandant « Il n'y pas de solution militaire ». Ils tiennent des meetings ou il disent « Nous tenons aux habitants du Sud d'Israël, et oui (...) nous tenons aux habitants de Gaza » (meeting à Tel-Aviv). La moindre des choses est de leur rendre hommage, car il est infiniment plus difficile et courageux de dire cela là-bas qu'ici. La réalité est que israéliens et palestiniens sont proches voisins (documentaire interactif Gaza / Sderot). Ils seront obligés, tôt ou tard, d'entretenir de bonnes relations de voisinage. Ils sont donc condamnés à faire la paix, avec tous les interlocuteurs de chaque camp. Alors mobilisons-nous tous pour une solution politique juste à cette guerre. Pour qu'un jour ces peuples puissent vivre en paix, côte à côte, au sein de deux États souverains et démocratiques.












Commentaires
Bonjour Thibault,
Je ne m'exprime pas sur le sujet, mon opinion pourrait déranger parce que trop radicale...
Mais je suis largement d'accord pour faire le constat que seul une solution politique peut changer les choses (je pense plutôt à une force d'interposition de la paix après un cessez le feu que le Hamas envisage enfin...).
Par contre pourrais tu me faire parvenir par mail le code de ta bannière "ça change à gauche" comme tu l'avais fait pour celle de la poste. Rien ne t'y oblige mais ça serait très sympathique de ta part.
Merci d'avance.
Je t'ai envoyé le code par mail. Tout autre chose, mais concernant l'état d'esprit de la gauche pacifiste israélienne et des pacifistes palestiniens, j'ai trouvé deux excellents articles, un dans le New York Times, l'autre dans Libération :
http://www.nytimes.com/2009/01/13/w...
http://www.liberation.fr/monde/0101...