Le Conseil National du Patronat Français (CNPF) fut créer en 1945, sur les recommandations de l'État français, qui voulait un interlocuteur patronal pour écrire un nouveau pacte social. Au départ le patronat ne s'est donc pas organisé par lui même, l'histoire du CNPF se mêlant à celle du gaullisme dans les années 1950-1960. Avec la pression de la gauche syndicale (CGT, FO puis CFDT après la scission de la CFTC), de nombreuses avancées sociales sont conclus pour garantir la stabilité sociale et la prospérité pendant « les 30 glorieuses ». Le patronat y trouve son intérêt, il est alors dominé par les industriels (métallurgie, aéronautique puis informatique) qui eux, depuis le Comité des Forges en 1864, se sont organisés. Cette idée de paix sociale va dériver jusqu'au concept de « fluidité sociale » avec les caisses noirs de l'IUMM (historique complet). Il s'agit d'éviter l'intervention étatique par le « financement » direct des syndicats ouvriers dans les branches.

L'histoire a son importance, car le tournant ultra-libéral des années 1970 conduit, depuis, le patronat français à défendre non seulement le capital, mais sa forme la plus agressive et financiarisé. Le symbole de cela est la création du Mouvement des entreprises de France (MEDEF) en 1998. Le problème est que dans une organisation monopolistique comme le MEDEF, les débats ne sont pas démocratiques. Ils sont opaques, interneo-internes à l'organisation, avec une bataille entre cette vielle tradition industrielle des « maitres des forges » et la nouvelle génération « marketing » du tertiaire (Laurence Parisot). Quand une organisation se créer, comme la CGPME, ou l'UPA c'est en réalité pour étendre l'influence du MEDEF. « L'entrisme » et les « satellites » existent aussi dans ce camp la. La pluralité des représentations des chefs d'entreprises est impossible, on reste sur le schéma pour le moins obsolète de 1945. Un scandale.

Les représentants auto-proclamés du patronat français n'ont cessés de vitupérer la « bureaucratie ». Le soucis est que le MEDEF est lui même une véritable bureaucratie, l'IUMM étant carrément un État dans l'État au sein du monde patronal. A cette  hérésie organisationnelle s'ajoute le dogmatisme libéral (« l'éthique » pour résoudre la crise financière) et le ridicule marketing. (article de Marianne). La première solution, pour changer cela, serait de « casser » le monopole du MEDEF, Un amendement, un peu passé inaperçue, a été voté dans ce sens par la Commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale le 25 juin dernier (article de MediaPart). Deuxième solution, l'État pourrait reconnaître de nouvelles organisations représentatives, comme l'USGERES (économie sociale). Enfin, troisième solution, tout cela devrait permettre aux patrons de choisir librement entre plusieurs listes de représentants lors des élections prudhommales, au lieu d'une seule liste « d'union » menée par le MEDEF.