La première primaire est pour le représentant à la Chambre du 7ème district du Massachusetts. Il y a un seul candidat le congressman sortant Ed Markey. C'est une légende politique, troisième plus vieil élu démocrate de Nouvelle Angleterre (derrière Ted Kennedy et devant John Kerry) : il est en poste depuis 1974. Politiquement c'est un « hardcore liberal », classé régulièrement dans les membres du Congrès les plus à gauche des États-Unis. Aucun souci pour le soutenir. La seconde primaire est pour l'un des deux sénateur du Massachusetts. Le sortant est John Kerry qui a pour la première fois doit affronter concurrent : Edward O'Reilly (portrait de South Coast Today). Cet inconnu en politique est un avocat, trapu et plutôt virulent avec un étrange accent, entre l’américain sudiste et l’irlandais. Il a fortement attaqué Kerry, notamment sur son vote en faveur de la Guerre en Irak en 2003, l’accusant de s’être acoquiné avec la droite et l’Administration Bush. Le slogan de O’Reilly est « un démocrate progressiste pour le Massachusetts » et sa tactique est de rassembler les pacifistes comme les « hillarystes » (Kerry ayant soutenu Obama lors des primaires) pour battre l’ancien candidat à la présidentielle de 2004.

Cette primaire est un dilemme pour moi. J’ai toujours beaucoup respecté Kerry et son travail politique mais je me fais comme obligation de toujours soutenir l’aile la plus à gauche du Parti démocrate. Après avoir visualisé le débat opposant les deux candidats (voir la vidéo), après avoir lu leurs programmes respectifs, j’ai finalement décidé de voter pour John Forbes Kerry. Son influence longuement acquise dans les commissions sénatoriales (notamment des affaires étrangères), son duo de choc avec « Teddy » Kennedy sont autant de qualités essentiels pour les démocrates au Congrès. De plus, Kerry est indispensable aux démocrates pour les prochains scrutins : sa capacité à lever des fonds, à épauler des campagnes locales indécises, à imposer les thématiques écologistes… Car le 4 novembre l’enjeu est bien plus large que de porter Obama à Washington. Il faut enraciner les résultats des élections « mid-terms » de 2006, les 51 sièges du Sénat (contre 49) et les 233 sièges de la Chambre (contre 202) pour permettre aux démocrates de mener à bien le « changement ». Gagner pour gouverner avec une majorité républicaine ou une majorité démocrate affaiblit serait un coup pour rien.