D'abord Chuck Baldwin qui se présente au nom du Parti de la Constitution (nationaliste et conservateur), il représente l'extrême droite sur l'échiquier politique américain. Ultra-libéral sur le plan économique il est aussi très conservateur sur le plan des questions de société, il était d'ailleurs assez logiquement membre du Parti Républicain auparavant. Dans le texte cela donne « pour protéger vos familles et garantir la liberté de votre pays, allez acheter une arme » (programme de Baldwin). Il reste néanmoins un candidat original et populiste (son slogan est « Laisser la vérité être entendu ») : il soutient qu'il faut écouter ceux qui remettent en cause la version officielle des évènements du 11 septembre, il considère que George W Bush mène une politique équivalente à celle des démocrates depuis 2006. Ce pasteur Baptiste est aussi un détracteur intarissable du soutient de la droite évangélique à l'Administration Bush.

Ensuite Bob Barr qui a l'investiture du Parti Libertarien, il représente une tradition importante de la droite américaine, parfois considéré comme centriste, le libertarisme. Avec comme ligne « La liberté pour l'Amérique » il est violemment opposé à toute intervention publique que soit en matière économique (c'est un ultra-libéral), sur le plan des mœurs, des libertés publiques ou de l'immigration. Mais cette image de franc-tireur qu'a cet ancien employé de la CIA a du mal à résister à la réalité de ses positions de congressman : il était en pointe dans la procédure d'impeachement contre Clinton (ou est la liberté des mœurs ?) et son registre de votes le consacre comme un homme de la droite la plus dure. « Il est l'idole de ceux qui veulent multiplier les armes à feux, combattent l'avortement et haïssent l'IRS (administration fiscale des USA) » selon la presse d'outre-atlantique (article de Online Athens).

Cytnhia McKinney se présente sous la bannière du Parti Vert (gauche écologiste) qu'elle a rejoint en 2007. Cette professeur de formation a été élue au Congrès de 1993 à 2007 comme démocrate, elle fut l'une des congresswoman les plus progressiste des États-Unis. Son programme très à gauche met fortement en valeur la démocratie participative (son slogan est le « Pouvoir aux gens »). Il intègre aussi des valeurs clefs comme : l'égalité et la justice sociale, le bon sens écologique, la non-violence, l'économie coopérative... Virulente dans son opposition à l'Administration Bush elle s'est faite remarquer en 2006 en lançant une procédure d'impeachement contre George W Bush, Dick Cheney et Condelezza Rice. Par ailleurs un parfum controversé lui colle à la peau car en 2000 elle avait déclaré « (...) le niveau de tolérance de Al Gore envers les nègres n'a jamais été très haut » (article de Slate).

Enfin voila Ralph Nader qui « run » comme indépendant. Avocat diplomé à Harvard, il fut pendant de longues années le défenseur ardent des consommateurs contres les lobbys. Depuis 1990 il matraque que les démocrates et les républicains sont des clones en situation de duopole. Il correspond à une tradition de gauche contestataire voir populiste de la vie politique étasunienne et se situe à l'extrême gauche du spectre politique. Outre des thèmes classiques, il veut de façon originale : « diminuer drastiquement l'énorme budget de l'armée », « renverser la politique US au Moyen-Orient ou mettre en place une « procédure d'initiative populaire » au Congrès (programme de Nader). Il a aussi ses boulets politiques : la défaite démocrate de 2000, la remise en cause de la version officielle des attentats de 2001, le soutien du Parti de la Réforme (nationaliste et protectionniste) en 2004.

Le scénario d'un candidat de tiers parti faisant un score significatif semble pourtant impossible en 2008. Cette élection a comme thème central le changement en matière économique et social. Aucun Président ou Vice-Président sortant n'est candidat. Le champ politique est donc « renouvelée » et l'intérêt des citoyens maximum. L'audience des deux conventions a été exceptionnelle (38,3 millions de téléspectateurs pour McCain et 37 millions pour Obama) et l'inscription des jeunes pour voter est en hausse. Nous ne sommes pas dans un scénario de « campagne molle » comme se fut le cas en 2000. De plus, chaque camp a aujourd'hui en mémoire un candidat indépendant qui a compromit une élection ce qui fait jouer à plein le vote utile. Ce fut Ross Perot et ses 19 millions de voix (18 % des suffrages) en 1992 pour les républicains et bien sûr Ralph Nader pour les démocrates.

Tactiquement les deux candidats ont balisés leur champ politique. Le profile iconoclaste de John McCain, aurait pu permettre à Chuck Baldwin ou un autre candidat ultra-conservateur de le déborder sur sa droite en mobilisant une droite évangelique hésitante. Cela explique en partie le choix du « bitbull conservateur » Sarah Palin comme « running mate ». Le seul autre risque à droite aurait été qu'un candidat républicain libertaire (comme Ron Paul) se présente contre son parti. Pour Obama, pas de danger particulier sur sa gauche, tant il mobilise les masses « libérales » et la jeunesse. Nader a perdu de sa superbe, et le programme économico-social très progressiste d'Obama fait le reste. Finalement le seul danger pour le duel aurait été que Michael Bloomberg, le maire de New-York (succesivement démocrate, républicain et indépendant) se présente pour percer au centre chez les modérés.