Créé en 2005, ce Team a pour ambition d'être la filière d'élite sportive, joujou de Lagardère fils. Il s'est principalement développé dans le tennis (9 des 15 meilleurs français !), l'athlétisme, le judo mais lorgne vers le rugby et le football. Malgré son opacité on estime que son budget serait de 6 millions d'euros par an pour un total de 100 millions d'euros. Ses méthodes tiennent plus du « sport buisness » à l'américaine que du paternalisme industriel. Un recrutement agressif des cadres techniques fédéraux, l'INSEP (Institut national du sport et de l'éducation physique) s'en n'est d'ailleurs alarmé. Un emploi des proches de champions voir des retraités du sport comme par exemple le père de Gasquet ou bientôt Santoro à la fondation Lagardère (article de Libération). Des structures de haute-technologie comme le centre Jean Bouin pour supplanter les structures publics. Un gout du sur-marketing avec le découpage en « Team Espoir » et « Team Elite », l'offre d'un pack de communication pour chaque sportif, le partenariat lucratif avec des marques (amies de Arnaud Lagardère).

On pourrait se dire que la sphère marchande ayant envahit le sport, ces filières privés n'en sont qu'un avatar qui a le mérite d'injecter de nouveaux capitaux. Or cette privatisation rampante pose de graves problèmes pratiques. Tout d'abord sur le choix des sports, typiquement le Team Lagardère ne choisit que certains sports « bankables ». A terme cela signifie la disparition (d'abord dans l'élite) des sports considérés comme secondaires. Ensuite en misant seulement sur les champions et le marchand on tue le sport amateur destiné aux masses. La relation entre les deux est déterminante, et déjà l'insuffisance d'accueil pour le grand public dans certaines disciplines est alarmante (comme le Rugby après la Coupe du monde). Sans l'orientation populaire inspiré de Lagrange certains pans entiers de disciplines deviendraient déclinants et destinés à une caste de privilégiés comme au 19ème siècle. Enfin cela fragilise au quotidien les structures comme les sportifs en créant des guerres permanentes avec (certaines) fédérations (article d'Eurosport).

L'impact social des grands évènements sportifs est sur-estimé (Coupe du monde 1998) tout autant que l'importance éducative et épanouissante du sport pour la vie sociale est sous-estimé. Que ce soit dans les rythmes scolaires des enfants (horaires aménagés) ou dans les rythmes des salariés (à repenser à partir des 35 heures) le sport devrait avoir une place prépondérante. Cela n'est possible que par les services publics, les associations, les fédérations... Ces structures sont aussi les seules à pouvoir développer en parallèle le haut niveau pour tous les sports. En refusant le « sport business », il ne faut pas non plus nier la rôle du privé, qui a toujours existé notamment dans la vie des clubs d'élite. Reste qu'aujourd'hui la place prise par la sphère privée est proprement scandaleuse et il semble que cela n'émeuve pas grand monde au delà d'un cercle de professionnels très restreint. On cours alors le risque de dériver vers un sport qui « (...) amuse les masses, leur bouffe l'esprit et les abêtit » comme le dénonçait l'écrivain autrichien Thomas Bernhard.