L'universalité de la conscience démocratique
Par Thibault Dumas le 07 novembre 2007, - Monde - Lien permanent
A entendre certains il y aurait une
prédisposition de certains peuples et de certaines cultures pour la démocratie
(en général les pays occidentaux anciennement colonisateurs), et la
prédestination d'autres à l'autoritarisme voir au totalitarisme barbare (pour
résumer les pays orientaux, africains et asiatiques anciennement colonisés).
Pourtant de l'Europe orientale jusqu'au Sud-Est de l'Asie, de multiples
mouvements d'émancipations démocratiques et de répressions autoritaires à leur
encontre ont lieu : Birmanie, Pakistan, Géorgie ...
La Birmanie ou Myanmar, était un pays politiquement inconnu pour beaucoup jusqu'à il y a peu. Face à un pouvoir autoritaire presque caricatural, qui parle d'accidents quand des citoyens meurent, et de problèmes techniques quand les communications sont coupés ; l'image de ces moines et de ce peuple en jaune-orange épris de liberté est poignante. La répression violente de la junte militaire suscite (à juste titre) l'émoi international. La force du mouvement réside dans son caractère pacifique et populaire mais le danger, déjà palpable aujourd'hui est celui d'un « tsunami médiatique ». Observé depuis 2005, c'est le fait qu'un évènement international très fort soit surtraité par les médias du monde et plus particulièrement européens, pour être sous-traité par la suite entrainant un ressac qui a une influence néfaste sur l'évènement lui-même. Il faut donc continuer à informer sur la Birmanie et à soutenir les birmans (le site Free Burma), tout en étant intransigeant sur les abus économiques d'entreprises européennes dans ce pays.
Le Pakistan est dans une situation différente, mais ou la aussi il existe une forte conscience démocratique du peuple. La société pakistanaise est soumise aujourd'hui à un triangle de pressions. Un, la pression des États-Unis qui pour mener leur « guerre contre le terrorisme » contraignent le gouvernement pakistanais. Deux, les islamistes extrémistes qui exercent une forte influence dans la société pakistanaise. Trois, le gouvernement Pakistanais lui même qui prend des mesures autoritaires extrêmement durs. Dans cette situation l'espoir de la liberté est incarné par Benazir Bhutto et le mouvement populaire autour du Parti pakistanais du peuple (parti socialiste, progressiste et démocrate). Malgré les difficultés que le PPP a eu par le passé au gouvernement, comment ne pas soutenir les citoyens pakistanais qui à chaque instant risquent leur vie pour leurs droits politiques et sociaux, tenaillés entre les attentas islamistes et la répression du président Musharraf. Faire pression pour la tenu d'élections législatives dans ce pays est une nécessité.
La Géorgie quand à elle, vie une trajectoire politique assez spécifique. En 2003 la « révolution des roses » avait, sur le modèle pacifiste de révolution démocratique, engagé le pays sur le chemin de la liberté. Or aujourd'hui, le président qui a été élu à l'époque Mikhaïl Saakachvili mène une répression politique violente : l'emprisonnement de personnalités de l'opposition, dispersions violentes de manifestations. Déjà en 2004, Amnesty International avait dans un rapport émis de sérieux doutes sur le respect des droits de l'homme en Géorgie par la surutilisation de la répression policière, le maintien de méthodes de torture et de mauvais traitements (rapport d'Amnesty International). De plus l'État géorgien semble encore miné par une corruption importante et des règlements de comptes mafieux. Mais le peuple géorgien est mobilisé, il aspire toujours à une démocratie apaisé, à la possibilité de l'alternance politique et au rapprochement avec l'Union européenne. Les manifestations toujours plus nombreuses qui ont lieu dans le pays en sont une illustration.
Ces exemples montrent que malgré les répressions autoritaires, malgré les difficultés, la ou il y a conscience humaine il y a conscience démocratique. Bien sûr cette conscience démocratique implique la complexité, et l'incertitude quand à la construction d'une communauté de dignité et de liberté humaine. Imposer un modèle comme se fut le cas en Irak, s'est en réalité agir pour d'autres intérêts notamment financiers et géopolitiques, s'est réhabiliter un nouveau colonialisme. Le vivacité de cette conscience démocratique chez un peuple est donc une condition pour qu'ils puisse construire et réfléchir à sa société démocratique. C'est le soutien à cette conscience démocratique universelle, ou qu'elle soit, que nous devons réaliser.











