Qui est ce membre véhément de l'opposition ? Qui dénonce avec une telle ardeur le pouvoir en place ? Va-t-il déposer une motion au prochain congrès du Parti socialiste ? Veut-il prendre le leadership de la gauche en vue des élections présidentielles de 2012 ? Non, c'est Dominique de Villepin qui fait ses gammes anti-sarkozystes. Ce qui délicieux à écouter l'ancien Premier ministre, c'est qu'il est un traite antique, usant de ses tirades comme autant d'armes contre l'Élysée. Héritier désigné par le vielle empereur Chirac, il fut écarté de la succession au pouvoir par le perfide Sarkozy, fils rejeté. Tel un traitre au nouveau César, Galouzeau de Villepin dénonce et poignarde sans relâche un pouvoir qu'il ne connaît que trop bien, pour y avoir exercé longtemps comme conseiller de l'ombre. Ainsi, il est le surmoi chiraquien, proclamant tout haut ce que l'empereur à la retraite n'ose dire que tout bas. Son éloquence désuette mais tellement inspirée a côté de la vulgarité de Nicolas Sarkozy, n'a d'égale que sa mauvaise foi. Car Dominique de Villepin ne dénonce pas tant les choix du pouvoir que le fait de ne pas être lui même au pouvoir. Il méprise tellement le suffrage universel et la démocratie qu'il pense que les luttes politiques ne se gagnent que dans l'ombre des officines et dans la lumière de ses envolées lyriques.