A la fin des années 1990 le métro de Londres a été privatisé par un PPP (Partenariat-Public-Privé) très avantageux pour le secteur privé. Ce processus a suivi la libéralisation totale du secteur ferroviaire sous l'aire Thatcher. En 2002 nous avions menés avec plusieurs camarades une comparaison entre les transports collectifs à Londres et à Paris. Au niveau des tarifs (abonnements, tickets unique, pass…) même avec les différences de niveau de vie, le coût des transports est 100% plus élevé à Londres qu’à Paris. Pour ces deux métropoles de taille comparable, la fréquentation du métro est elle incomparable. En 2005, le nombre de voyageurs sur le réseau parisien était de 1,340 milliards pour 976 millions sur à Londres. Plus parlant encore, face à un métro londonien financé par le privé, éclaté et segmenté entre différentes entreprises, la publique RATP se montre beaucoup plus entreprenante et cohérente dans sa politique à moyen et à long terme. Le réseau public parisien est donc beaucoup plus accessible aux citoyens et permet une politique de transports collectifs viable et offensive.

Il y a pratiquement un an, en 2006, le numéro public des renseignements (le 12) était ouvert à la concurrence. Après des campagnes publicitaires impliquant des sommes financières rarement vue, le bilan est la. On estime que le nombre d'appels vers les nouveaux numéros en 118 est en chute de 30% par rapport au 12, soit 100 millions d'appels en moins (article du Figaro). Cette ouverture à la concurrence a entrainé une hausse importante des coûts pour les usagers, l'offre est devenue incroyablement complexe avec des grilles de tarifs a n'en plus finir. Cette question peut paraitre anecdotique, mais sociologiquement les principales victimes de cette libéralisation sont les classes sociales les plus âgés. Peut enclin à l'utilisation d'internet, déboussolés par les nouveaux tarifs elles se retrouvent un peu plus isolés, sans un service qui de façon pratique créer un peu de cohésion et de facilitation sociale. Cette libéralisation c'est donc révélé infructueuse économiquement et injuste socialement, créant une nouvelle fracture numérique, sociale et générationnelle.

Depuis le 1er juillet 2007 le service de l'électricité pour les utilisateurs particuliers est ouvert à la concurrence. Seuls 1% des usagers voulaient changer d’opérateur au moment de la libéralisation et deux mois après ils ont massivement préférés rester dans le secteur public, l’argument de la dynamique économique est donc irrecevable. La règle abjecte du non-retour à EDF en cas de changement d’opérateur met la encore à mal le bienfondé économique de cette décision.  On peut aussi être assuré de l’effet dévastateur que cela va avoir sur les prix, puisque ailleurs en Europe la libéralisation des années 1997-1998 a entrainé une hausse entre 19% et 66% des factures d’électricité pour une hausse moyenne de 8% sur l'ensemble de l'UE (donnés de l'Eurostat). Un cout économique et social majeur pour les usagers : augmentation des inégalités, aggravation des problèmes d’accessibilité à l’énergie pour les plus pauvres (phénomène qu’avait mis en lumière le collectif des Robins des Bois). Plus globalement ont peut s’alarmer du comportement d’opérateurs privés à la recherche de bénéfices à court terme sur un marché instable et qui demande une forte volonté écologique à long terme.

Ces trois exemples de décisions économiques de libéralisation ont été animés par la même idéologie, le fanatisme du marché. La croyance (naïve) que le marché est tout et qu’il résout tout, ou (cupide) que c’est pour des intérêts financiers privés qu’il faut gouverner. Le problème n’est pas tant que le libéralisme économique existe, c’est qu’il soit présenté comme la seule voie économique possible et qu’il n’y est pas d’alternative démocratique et sociale, notamment au niveau européen. Les citoyens ont le droit de choisir, les usagers ont le droit d’êtres protégés : une directive européenne pour la protection, la promotion et le développement des services publics serait une avancée majeure qui irait dans le sens de cette alternative. C’est un élement de la bataille culturelle que doit mener la gauche syndicale et politique européenne contre le néolibéralisme.