Quel avenir pour le communisme français ?
Par Thibault Dumas le 08 avril 2007, - Gauche - Lien permanent
Le Parti communiste à bien changé et on ne s'en rend pas compte. La
candidate Marie-George Buffet se définit comme celle de la gauche populaire et
antilibérale, le terme communiste n'est que peu présent.. Le rouge typographié,
le souffle des affiches d'hier à laissé place à la multiplicité des couleurs et
à un côté réaliste, proche du peuple (qui allait de soit auparavant). Se ne
sont pas seuls des communistes qui ont fait le programme mais aussi "des
socialistes, des associatifs, des écologistes" disent les tracts. La lutte des
classes, la dictature du prolétariat a laissé place à la lutte (légitime)
contre le libéralisme, à la sauvergarde du communisme municipal et
parlementaire. Le contraste est vif entre les troskistes et les socialistes qui
ont connu le grand PCF hégémonique à gauche et nous qui voyons ce parti au
mieux comme un simple allié, au pire comme une nostalgie pereclitante. Oui le
Parti communiste à bien changé mais la question est arrivera t'il à se
transformer ?
Mais qu'elle est la portée de sa candidature aujourd'hui ? Le fiasco de la "gauche antilibérale" (article que j'avais écrit) a montré un appareil communiste encore otage des minoritaires orthodoxes et d'une certaine nostalgie. Les frontières idéologiques et électorales entre les communistes, les trotskistes et les altermondialistes n'existent pratiquement plus (exception faite de Arlette Laguiller). La faiblesse de la gauche radicale aujourd'hui est une résultante direct de ces divisions. Le trop plein de candidatures sur un même credo politique est évident. Un choix stratégique clair et l'humilité devraient être les mots d'ordre.
L'appareil du PCF ne suit pas, des pans entiers de militants soutiennent José Bové. Combien de militants et d'élus communistes se sont ralliés à cette candidature altermondialiste ? Un tiers selon certains observateurs de la gauche radicale. Le PCF paye surement une mue inachevé et incomplète. La démocratisation interne, la normalisation des liens avec le PS voulue par Robert Hue, l'ouverture vers la gauche mouvementiste mené Marie-George Buffet. Tout cela n'a pas suffit, le Parti communiste ne doit pas se rénover par petits touches, il doit se transformer complètement.
La question se pose alors, peut on parler de communisme aujourd'hui (article de Eric Lafon) ? Les militants communistes ont étés des victimes collatérales du stalinisme. Les directions successives, le fonctionnement aveugle du centralisme démocratique, la volonté de ne pas décourager Billancourt ont mené au désastre politique. Le mensonge a cassé la viabilité du grand parti ouvrier. Le drame idéologique du communisme aura été d'être le plus grand espoir du 19ème puis du 20ème siècle pour en devenir l'une des pires dictatures. Il convient donc pour les communistes de réinventer autre chose, de donner un autre sens au communisme du 21ème siècle. Comme dit l'excellent journaliste de l'Humanité Claude Cabanes "il faut réinventer une gauche de transformation sociale".
Le Parti communiste français doit changer de nom. La majorité des partis communistes européens l'ont fait après 1991 pour se refonder politiquement. Partant de cette hypothèse il existe trois possibilités pour le PCF. 1. Recréer un grand parti à la gauche du PS rassemblent tous azimuts dans la gauche radicale, communiste, mouvementiste, altermondialiste. De même qu'en Allemagne avec le "Linkspartei". 2. Rénover l'identité communiste sans la brader en rompant symboliquement avec un lourd passé. Comme "Refondation communiste" en Italie. 3. Rester sur une ligne orthodoxe et finir en un mouvement passéiste et ultraminoritaire. Le Parti des communistes italiens (PDCI) en est un excellent exemple.
J'entends certains à gauche se réjouir de la faiblesse du PC... bien qu'on puisse se satisfaire de la mort du stalinisme, je ne suis pas partisan d'un écrasement du Parti socialiste sur l'ensemble de la gauche. La diversité, le renouveau politique à gauche est une nécessité pour la vitalité des forces progressistes. Le PC à malgré toutes ses difficultés possède un avantage. Une tradition et un tissu militant encore fort. Il appartient donc aux communistes de conduire cette transformation, il appartient au reste de la gauche de les y aider.











