1. La représentativité syndicale. En France seule 9% des salariés sont syndiqués, un taux équivalent à celui des Etats-Unis (statistiques mondiales). Comme dit un syndicaliste américain « l'adhésion à un syndicat est perçu comme une anomalie alors que cela devrait être la règle absolue ». Plusieurs pistes sont à explorer. Le renforcement de la protection des délégués syndicaux et des salariés syndiqués dans l'entreprise. La diminution massive du prix des cotisations, avec la déduction fiscale de l'adhésion (comme c'est le cas pour celle à un parti). La fin de la règle des cinq syndicats représentatifs et la reconnaissance des derniers nés du syndicalisme :  UNSA et SUD. Les grandes centrales (CGT, CFDT, FO) y sont aujourd'hui favorable. La fin des accords minoritaires et la mise en place de la règle majoritaire (plus de 50% des salariés représentés) est primordiale.

2. Le pouvoir syndical de co-décision dans l'entreprise. Une affiche des sections socialistes d'entreprises des années 1970 disait "prenait le pouvoir dans l'entreprise". Ce slogan est plus que jamais d'actualité. Le capitalisme financier à éclaté les centres décisions dans l'entreprise : sous-traitances, fusions, actionnariats, patronats. Les interlocuteurs et les lieus de décisions se sont multipliés sans doute aussi pour diminuer l'influence et le droit de regard syndical. Première mesure l'accessibilité pour les délégués des salariés à l'ensemble des documents et bilans de la direction d'entreprise. Ensuite l'institutionnalisation de représentants des salariés dans les Conseils d'administration, les conseils de surveillances et les holdings des entreprises et la possibilité pour ces derniers d'utiliser une minorité de blocage (majoritaire représentative d'au moins 50% des salariés).

3. Le pouvoir syndical dans les PME et la sous-traitance. Un problème important qui se pose et la non représentation voir le bâillonnement de toute une partie des salariés notamment dans la sous-traitance, les PME, les nouveaux ouvriers dans le tertiaire (typiquement les chaînes des supermarchés). Il faut mettre en place l'application des accords sociaux aux sous-traitants des grandes entreprises. Autre mesure pour éviter l'atomisation des intérêts salariés dans les petites entreprises, créer des organismes de négociations par bassins géographiques, qui représenteraient ainsi les intérêts des salariés et des ouvriers de plusieurs petites entreprises. De même ces bassins peuvent s'organiser par branche, regroupant tous les sous-traitants d'un secteur économique.

4. Le rôle des syndicats ouvriers. Loin de cantonner les syndicats à la représentation des salariés ils doivent gérer de façon démocratique et transparente de nouvelles missions, de nouveaux services. Prendre en charge une partie du fonctionnement du travail, notamment dans la couverture sociale et mutuelle, la gestion de l'aide à l'emploi. Le couplage et l'organisation formation-emploi dans le cadre de la mise en place d'une Couverture Professionnelle Universelle (CPU) vielle revendication de le CGT et de la CFDT. Est ce que l'accès à ces services pour les employés doit être conditionné à l'adhésion syndicale comme c'est le cas en Allemagne ou en Suède ? Ségolène Royal est pour, c'est en tout cas à discuter avec les centrales.

5. La gestion de la production par les salariés organisés. Un outil majeur a été expérimenté en Suède avec succès. Il s'agit des « fonds d'investissements collectifs » alimentés par l'impôt, c'est la possibilité pour les salariés de racheter des parts de leur usine ou d'une entreprise et de la gérer (voir l'historique suédois). Couplé avec les nationalisations temporaires développés par DSK cela serait un levier efficace face aux délocalisations. Les formes économiques alternatives, coopératives, mouvements mutualistes doivent être relancés. Les coopératives sont trop peu nombreuses en France (1500 coopératives) et cantonnées au secteur agricole. Pourtant c'est un formidable outil de gestion démocratique de la production par les salariés.

6. La démocratie sociale effective. Cette démocratie sociale doit être conditionné à la force des syndicats ouvriers (les cinq volets précédents) mais aussi à la représentativité des organisations patronales (le secteur tertiaire et les entreprises du CAC 40 sont sur représentés). Bien sûr un gouvernement de gauche doit appuyer avec vigueur les salariés pour permettre des progrès sociaux lors de négociations. D'excellentes propositions ont été faites par Jean-Marc Ayrault dans ce domaine (rapport complet) : inscription de la démocratie sociale dans la constitution, transformation du Conseil Economique et Social en chambre de la démocratie sociale, négociation  pour que les normes de l'OIT et la consultation de la Confédération Syndicale Internationale (CSI) conditionne l'ouverture des marchés internationaux.