Le premier échec est social. Tony Blair voulait être "différent" des anciens travaillistes dans le rapport à l'Etat social et casser les liens avec le syndicalisme. Il a de fait brader l'objectif de justice sociale et d'égalité qu'implique le progressisme. Le rapport de l'UNICEF (document complet) démontre que la pauvreté infantile est très importante et surtout persistante au Royaume-Uni. Le tissu social et les solidarités sont extrêmement faibles. Les enfants les plus modestes sont laissés à l'abandon et se perdent dans des violences récurantes. Même si l'on prend l'exemple de l'emploi les échecs sont criants. Le taux de chômage serait plus élevé que les statistiques à 5,5% pour cause de radiations régulières. La proportion de travailleurs pauvres est extrêmement élevé. Les "job centers" sont tellement agressifs dans leur gestion des aides sociales, de la recherche d'emploi que les associations s'y substituent et l'offre de travail n'aurait augmenté que de 0,5%.

Le deuxième échec est européen. Tony Blair et surtout Gordon Brown ont développés une vision rétrograde et destructrice de l'Europe. Ils se sont contentés d'appeler de leur voeux au libre marché et au tout marché européen. L'UE n'aurait aucune vocation démocratique et sociale, elle doit tendre le plus possible vers un espace de concurrence total, de liberté intégrale pour le capital et les entreprises. L'idée est celle d'un "bloc commercial" de concurrence acharné entre les Etats nations liés par une simple "coopération" (analyse de Zaiki Laïdi). En 2004 une partie du Parti Socialiste Européen (PSE) mené par Harlem Désir porte au vote une Taxe Tobin sur les flux financiers européens. La majorité des travaillistes britanniques votent contre avec les conservateurs et une partie de l'extrême gauche. Ce progrès important pour le financement de l'Europe sociale est de fait sabordé par les blairistes.

Le troisième échec est international. Les néo travaillistes sont à milles lieux de la réflexion altermondialiste ou socialiste sur une alternative régulé et une résistance à la mondialisation néolibérale tel qu'elle est.  Ils se sont fait les chantres de l'adaptation à tout prix. Adaptez vous à la mondialisation, courbez l'échine devant les puissances de l'argent. Peu importe les droits sociaux, la solidarité Nord-Sud, l'exigence écologique; la mondialisation ouvre des "business opportunities" incroyables. Sur le plan diplomatique c'est encore plus grave. Tony Blair a joué le "caniche de Bush" en engrenant l'Angleterre dans ce bourbier sanguinaire, créateur de terrorisme qu'est la guerre en Irak. Usant à fond des techniques de publicitaires et de communication il a vendu cette guerre sur la base de mensonges éhontés et d'un cynisme doublé d'amateurisme quand à la réalité irakienne.

En conclusion on peut se demander qu'elle patrimoine commun avons nous avec le blairisme ? Bien peu de choses quand on regarde la politique mené par Tony Blair depuis 1997. Le blairisme n'est pas une modernisation social démocrate mais bien une nouvel idéologie politique, une sorte de libéralisme social revendiqué. Il ne faut pas s'y tromper, quand Tony Blair et Gordon Brown apportent leur soutien à Nicolas Sarkozy et que Ernest Antoine Sellière se dit "socialiste anglais" ont est à l'opposé de la social démocratie... même moderne.