La pensée, l'écriture de Jaurès est incroyablement riche, elle est remplit d'un souffle qui vous habite à sa lecture. Révolté par les conditions de vie de la classe ouvrière, orienté par sa réflexion politique et philosophique, Jean Jaurès s'engage dans le combat du socialisme. Pour lui l'idéal de la République sociale est l'application de la promesse de justice sociale et d'égalitarisme de la Révolution française aux ouvriers, aux pauvres, aux exploités de la société industrielle. Dans cette lutte il est l'homme de l'unité de la gauche socialiste française.

Jaurès est le défenseur du prolétariat face à la violence du capitalisme. Différant de Jules Guesde sur la méthode il croit en la démocratie pour le prolétariat, en l'éducation populaire et en l'idéal de cette République sociale pour arracher la classe ouvrière à son sort. Il milite sans relâche au parlement et sur le terrain pour les ouvriers en lutte et les syndicats : liberté syndicale, protection des délégués, création des caisses de retraite ouvrière, abrogation des lois scélérates, organe de décision mutuel syndical, gestion de la propriété sociale par les ouvriers…

Nicolas Sarkozy veut aujourd'hui enterrer un pouvoir syndical affaiblit par la mondialisation libérale. Il se fait le chantre d'un service minimum, d'un droit de grève inexistant pour les salariés. Il veut casser l'unité des syndicats ouvriers en ridiculisant les élections prud'hommales. Il veut un contrat unique inspiré du CPE-CNE, renvoyant les travailleurs un siècle en arrière, piétinant cent ans de luttes. Nicolas S. se fait le champion du libéralisme, de la liberté pour une minorité de privilégiés, du capitalisme sauvage. Il tue l'héritage du socialisme humaniste de Jaurès.

Nicolas Sarkozy s'est consacré comme le ministre de l'autoritarisme et du communautarisme antirépublicain. N'a t'il pas choisi la visite "spirituelle" du Mont Saint-Michel, entouré de religeux, comme premier déplacement de candidat ? (compte rendu de l'AP) Faut il rappeler son comportement avant et pendant la crise des banlieues en 2005 : attisant les haines, prêchant le faux quand à la mort des deux adolescents, mentant sur le caractère organisé des violences. Il tue l'héritage du républicanisme social de Jaurès.

Personne n'a le monopole de Jaurès. "Il n'appartient qu'au peuple" comme disaient les ouvriers après sa mort. Mais citer Jean Jaurès quand on assassine son héritage politique c'est l'assassiner une seconde fois. Nous socialistes, nous hommes et femmes de gauche, devont être à la hauteur de son héritage, être fidèle à sa pensée et continuer son combat.