Jaurès assassiné une seconde fois
Par Thibault Dumas le 16 janvier 2007, - Gauche - Lien permanent
Le
31 juillet 1914, Jean Jaurès père du socialisme humaniste français est
assassiné au Café du croissant. Le militant de la droite nationaliste
Raoul Villain anéanti l'espoir de la paix en tuant Jaurès. Les socialistes
se rallient à l'Union sacrée, la guerre commence trois jours pus tard. Le 14
janvier 2007, presque 100 ans après la mort du géant Jaurès, le petit Sarkozy
champion de cette droite haineuse cite à trois reprises le
socialiste dans son discours d'investiture autocratique en se demandant
"pourquoi la gauche n’entend-elle plus la voix de Jaurès ?". Espérons que Jean
Jaurès n'entende pas la voix de cette droite sarkozyste, cette droite
décomplexée qui assassine l'esprit du socialisme jauressien.
Jaurès est le défenseur du prolétariat face à la violence du capitalisme. Différant de Jules Guesde sur la méthode il croit en la démocratie pour le prolétariat, en l'éducation populaire et en l'idéal de cette République sociale pour arracher la classe ouvrière à son sort. Il milite sans relâche au parlement et sur le terrain pour les ouvriers en lutte et les syndicats : liberté syndicale, protection des délégués, création des caisses de retraite ouvrière, abrogation des lois scélérates, organe de décision mutuel syndical, gestion de la propriété sociale par les ouvriers…
Nicolas Sarkozy veut aujourd'hui enterrer un pouvoir syndical affaiblit par la mondialisation libérale. Il se fait le chantre d'un service minimum, d'un droit de grève inexistant pour les salariés. Il veut casser l'unité des syndicats ouvriers en ridiculisant les élections prud'hommales. Il veut un contrat unique inspiré du CPE-CNE, renvoyant les travailleurs un siècle en arrière, piétinant cent ans de luttes. Nicolas S. se fait le champion du libéralisme, de la liberté pour une minorité de privilégiés, du capitalisme sauvage. Il tue l'héritage du socialisme humaniste de Jaurès.
Nicolas Sarkozy s'est consacré comme le ministre de l'autoritarisme et du communautarisme antirépublicain. N'a t'il pas choisi la visite "spirituelle" du Mont Saint-Michel, entouré de religeux, comme premier déplacement de candidat ? (compte rendu de l'AP) Faut il rappeler son comportement avant et pendant la crise des banlieues en 2005 : attisant les haines, prêchant le faux quand à la mort des deux adolescents, mentant sur le caractère organisé des violences. Il tue l'héritage du républicanisme social de Jaurès.
Personne n'a le monopole de Jaurès. "Il n'appartient qu'au peuple" comme disaient les ouvriers après sa mort. Mais citer Jean Jaurès quand on assassine son héritage politique c'est l'assassiner une seconde fois. Nous socialistes, nous hommes et femmes de gauche, devont être à la hauteur de son héritage, être fidèle à sa pensée et continuer son combat.












Commentaires
Personne n'assassinera plus Jaurès, sa pensée toujours influente s'impose tranquillement même à ceux qui s'en revendiquent abusivement.
Tout à fait d'accord. Pour connaître pleinement la pensée philosophique et politique de Jaurès je renvois à l'excellent "Jean Jaurès" de Jean-Pierre Rioux :
http://livre.fnac.com/a2209018/Jean...