Nous devons clairement affirmer notre identité. Ce ne sont pas des critères imposés à chacun, mais des traits politiques de gauche dans lesquelles nous nous retrouvons tous. Nous croyons dans le pouvoir politique, dans les instruments démocratiques pour faire changer les choses : c’est la définition du socialisme démocratique qui refuse la violence révolutionnaire comme mode d’action. Nous pensons que la sphère du politique est l’arme essentielle pour agir sur l’économique et transformer le social. C’est en cela que nous sommes réformistes car nous croyons que c’est par notre action sur le réel que peuvent se concrétiser nos aspirations socialistes. Notre ambition « c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel » comme l’avait dit Jaurès, car l’idéal seul donne un cap sans moyens et le réel seul donne des moyens sans cap. Nous refusons donc le jamais faire maximaliste comme le laisser faire blairiste. Notre principal moyen d’agir est l’Etat providence et les collectivités locales mais aussi le milieu associatif, l’économie alternative, le mode coopératif. Notre réflexion peut trouver des débouchés concrets : reconnaissance des droits des homosexuels, importance des normes écologiques, lutte contre l’extrême droite. Nous avons besoins de tous les camarades qui se retrouvent dans ces valeurs pour faire respirer le socialisme tout en restant fidèle à nos racines.

Nous assumons la pratique du pouvoir et la prise de responsabilités mais toujours accompagné d’une éthique et d’une transparence sans failles. Le dernier congrès du MJS (1) à était le théâtre de trop de souffrances, et nous sommes parfois en tant que jeunes socialistes des caricatures de tout ce que nous détestons chez nos aînées. La discussion de fond est la condition sine qua note de notre travail commun. Le débat doit toujours porter sur la politique au sens noble du terme, il ne doit jamais s’attaquer aux personnes. Chacun doit se sentir à la fois responsable et garent de ce mode de fonctionnement collectif. Car c’est bien le respect de la démocratie comme de la pluralité des opinions qui fera la force des jeunes socialistes. Divisés nous sommes affaiblit, rassemblés nous serons combatifs. Mais cette ouverture a laquelle nous appelons n’est pas seulement vrai à l’intérieur du MJS elle se doit d’exister vers tous les modes d’actions qu’utilise de la jeunesse de gauche : autres partis jeunes, syndicats, associations, mouvements, comités d’actions, alter économie. Le dialogue entre toutes ces formes d’engagements doit se faire sans à priori car nous pensons que cette respiration est indispensable à l’avenir du MJS.

Un autre combat fondamental est l’internationalisme : nous sommes des internationalistes et des européens acharnés. Beaucoup d’entre nous avons milités pour le OUI, d’autres ont milités pour le NON. Même si le débat à été parfois exemplaire, la souffrance fut de se confronter avec des camarades parfois des amis avec lesquelles nous avons largement plus de dénominateurs communs que de différences. Notre défi sera donc de se retrouver tous comme jeunes socialistes et de relancer l’envie d’Europe politique et sociale. Et ce par des projets concrets comme le jumelage de chaque fédération avec un ou plusieurs des pays membres de l'Union Européenne (texte de la motion). Nous sommes la génération de l’Europe vécue plus que celle de l’Europe rêvée de nos aînés à nous de la faire progresser. Le deuxième défi de notre génération de gauche sera d’endiguer la violence du capitalisme financier mondialisé. De ne pas « s’adapter à la mondialisation » comme le vocifère Gordon Brown (article de Zaki Laidi) mais d’adapter la mondialisation à la solidarité. L’échelon européen est plus que jamais important dans cet ambitieux combat de régulation. Si certains le dénoncent comme un combat utopique nous l’avons commencé par des batailles pratiques : travail contre les inégalités Nord-sud, participation aux révolutions démocratiques de l’est, engagement pour le paix… C’est sur ces pistes que nous devons amplifier notre action.

L’avenir des jeunes socialistes est donc entre nos mains. Nous devons réussir le pari de traduire l’envie de gauche de notre génération en actions politiques concrètes. L’affirmation de notre identité doit permettre de faire respirer le MJS de l’ouvrir vers de nouvelles perspectives tout en restant fidèle à notre combat pour l’égalité et pour la justice sociale. A travers notre éthique et notre transparence nous devons mobiliser les jeunes de toutes les origines, de tous les horizons, des classes populaires comme des classes moyennes. Car l’un de nos premiers combats sera de lutter contre le fatalisme sarkozyste-thatchérien, qui prétend que la seule vérité pour notre pays est le libéralisme et le populisme. Nous devrons aussi donner un second souffle à notre expérience municipale avec Bertrand Delanoë pour confirmer cette réussite de gauche : écologie, solidarité, culture populaire, déontologie, démocratie directe, internationalisme. Notre engagement doit être à la hauteur des défis qui nous attendent par ce que comme l’a dit Léon Blum « L’homme libre est celui qui n’a pas peur d’aller jusqu’au bout de sa pensée ».