Le temps du combat pour les jeunes socialistes
Par Thibault Dumas le 09 novembre 2005, - Gauche - Lien permanent
Jean Jaurès avait
dit que « Sans la République, le socialisme est impuissant et sans le
socialisme la République est vide ». Nous vivons un moment de la vie politique
ou notre parole comme notre volonté d’action en tant que jeunes socialistes
sera cruciale. Notre capacité à enclencher une dynamique sera décisive tant
pour l’avenir du Mouvement des Jeunes Socialistes que pour nos futures
batailles politiques. Trois conditions doivent être réunies pour que nous
puissions réussir ce combat : l’affirmation de notre identité, l’éthique du
débat démocratique et l’ouverture puit le rassemblement.Nous devons clairement affirmer notre identité. Ce ne sont pas des critères imposés à chacun, mais des traits politiques de gauche dans lesquelles nous nous retrouvons tous. Nous croyons dans le pouvoir politique, dans les instruments démocratiques pour faire changer les choses : c’est la définition du socialisme démocratique qui refuse la violence révolutionnaire comme mode d’action. Nous pensons que la sphère du politique est l’arme essentielle pour agir sur l’économique et transformer le social. C’est en cela que nous sommes réformistes car nous croyons que c’est par notre action sur le réel que peuvent se concrétiser nos aspirations socialistes. Notre ambition « c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel » comme l’avait dit Jaurès, car l’idéal seul donne un cap sans moyens et le réel seul donne des moyens sans cap. Nous refusons donc le jamais faire maximaliste comme le laisser faire blairiste. Notre principal moyen d’agir est l’Etat providence et les collectivités locales mais aussi le milieu associatif, l’économie alternative, le mode coopératif. Notre réflexion peut trouver des débouchés concrets : reconnaissance des droits des homosexuels, importance des normes écologiques, lutte contre l’extrême droite. Nous avons besoins de tous les camarades qui se retrouvent dans ces valeurs pour faire respirer le socialisme tout en restant fidèle à nos racines.
Nous assumons la pratique du pouvoir et la prise de responsabilités mais toujours accompagné d’une éthique et d’une transparence sans failles. Le dernier congrès du MJS (1) à était le théâtre de trop de souffrances, et nous sommes parfois en tant que jeunes socialistes des caricatures de tout ce que nous détestons chez nos aînées. La discussion de fond est la condition sine qua note de notre travail commun. Le débat doit toujours porter sur la politique au sens noble du terme, il ne doit jamais s’attaquer aux personnes. Chacun doit se sentir à la fois responsable et garent de ce mode de fonctionnement collectif. Car c’est bien le respect de la démocratie comme de la pluralité des opinions qui fera la force des jeunes socialistes. Divisés nous sommes affaiblit, rassemblés nous serons combatifs. Mais cette ouverture a laquelle nous appelons n’est pas seulement vrai à l’intérieur du MJS elle se doit d’exister vers tous les modes d’actions qu’utilise de la jeunesse de gauche : autres partis jeunes, syndicats, associations, mouvements, comités d’actions, alter économie. Le dialogue entre toutes ces formes d’engagements doit se faire sans à priori car nous pensons que cette respiration est indispensable à l’avenir du MJS.
Un autre combat fondamental est l’internationalisme : nous sommes des internationalistes et des européens acharnés. Beaucoup d’entre nous avons milités pour le OUI, d’autres ont milités pour le NON. Même si le débat à été parfois exemplaire, la souffrance fut de se confronter avec des camarades parfois des amis avec lesquelles nous avons largement plus de dénominateurs communs que de différences. Notre défi sera donc de se retrouver tous comme jeunes socialistes et de relancer l’envie d’Europe politique et sociale. Et ce par des projets concrets comme le jumelage de chaque fédération avec un ou plusieurs des pays membres de l'Union Européenne (texte de la motion). Nous sommes la génération de l’Europe vécue plus que celle de l’Europe rêvée de nos aînés à nous de la faire progresser. Le deuxième défi de notre génération de gauche sera d’endiguer la violence du capitalisme financier mondialisé. De ne pas « s’adapter à la mondialisation » comme le vocifère Gordon Brown (article de Zaki Laidi) mais d’adapter la mondialisation à la solidarité. L’échelon européen est plus que jamais important dans cet ambitieux combat de régulation. Si certains le dénoncent comme un combat utopique nous l’avons commencé par des batailles pratiques : travail contre les inégalités Nord-sud, participation aux révolutions démocratiques de l’est, engagement pour le paix… C’est sur ces pistes que nous devons amplifier notre action.
L’avenir des jeunes socialistes est donc entre nos mains. Nous devons réussir le pari de traduire l’envie de gauche de notre génération en actions politiques concrètes. L’affirmation de notre identité doit permettre de faire respirer le MJS de l’ouvrir vers de nouvelles perspectives tout en restant fidèle à notre combat pour l’égalité et pour la justice sociale. A travers notre éthique et notre transparence nous devons mobiliser les jeunes de toutes les origines, de tous les horizons, des classes populaires comme des classes moyennes. Car l’un de nos premiers combats sera de lutter contre le fatalisme sarkozyste-thatchérien, qui prétend que la seule vérité pour notre pays est le libéralisme et le populisme. Nous devrons aussi donner un second souffle à notre expérience municipale avec Bertrand Delanoë pour confirmer cette réussite de gauche : écologie, solidarité, culture populaire, déontologie, démocratie directe, internationalisme. Notre engagement doit être à la hauteur des défis qui nous attendent par ce que comme l’a dit Léon Blum « L’homme libre est celui qui n’a pas peur d’aller jusqu’au bout de sa pensée ».












Commentaires
Quelles belles envolées lyriques !!
Le monde parfait existe alors ?
J’étais loin de me douter que le socialisme dans ce pays véhiculait toutes ces valeurs, tout cet espoir, qu’il pouvait donner cet élan républicain vers un avenir tout prop’, tout beau, ou l’humain sera au cœur des débats, avec pour but ultime le chemin qui mène vers la terre promise, cette immense nation ou les gens s’aimeront, avec des villes ou paix, égalité, travail règneront, guidées spirituellement par des milliers, des millions de clones de Bertrand Delanoë, par qui….
Houlà !! … J’m’envole pas un peu là ?... Houlà.. du calme…
J’ai pourtant voté à gauche pendant des années, mais j’ai du rater quelque chose…
Bon allez !!... Fin des discours stériles !! Du concret, du concret, du concret !!!..
On va commencer par annuler le scrutin de cette semaine, ( avec les mêmes horaires d’ouverture et de fermeture des bureaux de vote, y compris dans les zones dites « dissidentes »… oups ! ...), repartir du bon pied dans la bonne direction !!
On vire les Hollande, les Ségolène, les DSK, les Starac’Jack et tous ces machins, on « bombarde » Harry Potter et David Coperfield à la tète du mouvement, et hop !! Roule ma poule, vers une nouvelle pensée spiritique et un nouvel age réminiscent….
Heureusement que l’angélisme ne tue pas et que l’espoir fait vivre…
Salutations
Eric
Eric, je vous trouve très critique, trop critique face à des valeurs auquelles vous avez cru pendant longtemps (la solidarité, l'Etat providence...) qui sont bien, pour moi les valeurs de la gauche, celles dans lesquelles je me retrouve. Bien que très critique à l'égard du PS parce qu'il ne cesse d'être déchiré par des guerres de clans, je ne trouve pas la droite mieux lottie, que dire de la bataille Villepin-Chirac/Sarkozy? Pour moi si le PS a du mal à se définir comme un opposant à l'UMP c'est parce qu'il lui manque un homme fort depuis le départ de Jospin, je ne crois pas qu'on puisse le ridiculiser ainsi : on ne peut pas dire que la politique de Chirac soit très efficace pour la croissance économique pourtant hérigée en valeur suprême par nombre d'hommes politiques de droite ! sans parler de leur gestion de la "crise des banlieues".
De plus il faut savoir que si ce sont les commentaires des politiques de droite qu'on retransmet c'est parce qu'ils sont au pouvoir et que le pouvoir fait de plus en plus peur (il faut le reconnaître c'est une réalité !)
Comparer des hommes politiques à des héros pour "gamins", tout le monde peut le faire et cela ne constitue pas vraiment un argument ni même une critique tellement c'est ridicule!
La gauche en général, le Parti Socialiste en particulier sont des entités politiques très critiquables, plus critiquables que la moyenne des autres mouvements politiques car ils font naitre, notamment pour les classes populaires, les gens les plus faibles, beaucoup d'espoir.
Bien que j'accepte qu'on critique, qu'on se révolte, qu'on s'oppose, qu'on rêve parfois; le devoir de toute personne qui sent son coeur battre à gauche c'est de faire la gauche, d'agir sur le réel. Peu importe la forme (association, parti, mouvement) car sans cet engagement on tombe dans la critique nauséabonde fleurant avec l'anarchisme et le mépris de la démocratie, du politique. C'est dans ce travers la que Eric se perd.
Houla !!
Du calme les copains ! Le sujet est si sensible que ça ?
Je n’ai fait que traiter avec humour et un peu de provoc. l’état dans lequel se trouve le socialisme (et la gauche en général ) dans ce pays…
De la à me faire cataloguer « d’anarchiste à la critique nauséabonde, méprisant la démocratie » !!...
Hé, ho !!.. J’ai couché avec les boches ou quoi ?!!
D’autant que quand on se permet d’affirmer que le parti socialiste est le plus critiquable de tous, par les faux espoirs qu’il fait naître parmi les classes les plus populaires, on lui colle du même coup l’étiquette d’un mouvement politique pervers et manipulateur, qui fait de la misère des plus faibles son fond de commerce électoral…
Alors la critique nauséabonde, tu m’excuseras…
Et puis s’il faut impérativement intégrer le milieu associatif ou prendre sa carte au parti pour avoir le droit d’émettre un avis ou une critique sans se faire étriller, on va pas être nombreux devant les urnes en 2007 les gars !!...
De plus, Flo, il est évident qu’en aucun cas je ne remets en cause les valeurs du socialisme.. Ce que je fustige, c’est ce que nos dinosaures du parti en ont fait, et les couleuvres qu’ils nous ont faites avaler en s’appuyant dessus..
Quand je propose de les remplacer par Harry Potter et David Cooperfield, c’est une manière imagée de m’insurger contre ce non renouvellement de la classe politique qui gangrène notre pays depuis trois décennies (au moins, et ce, à droite comme à gauche..), et qui fait de notre démocratie la plus immobiliste, la moins réformatrice et la plus vieillissante d’Europe…
Puisque brocarder les hommes politiques est ridicule(..sauf quand il s’agit de Sarkozy, non ?), voila donc le message en clair…
J’ai bon là ?
Bon, je retourne me cacher dans ma tanière , au milieu d’autres pestiférés de mon espèce, pour attendre le jour béni ou les Lang, DSK, Hollande, Fabius, Emmanuelli, Jospin et les autres, auront décidé de laisser vacantes leurs candidatures aux postes clés de ce pays (qu’ils ont tous déjà occupés avec les résultats que l’on sait…), et qu’enfin pourra s’exprimer un socialisme moderne, avec à sa tête des hommes, et surtout des femmes, avec des idées, un discourt et des ambitions définitivement en rupture avec la « soupe » que se préparent à nous servir encore une fois, tous ces repris de justice et ces stars des plateaux télé, qui ne font plus rêver personne, mêmes chez les sympathisants..
C’est pas gagné, je sais !
Mais en attendant, un peu d’humour, ça peut pas faire de mal…bordel !
Salutations
Eric
Je n'oblige personne à s'engager à gauche je dis que quand on se permet de critiquer fortement, c'est bien aussi en contrepartie de proposer et de s'engager concrètement. Par ce que la politique cela commençe comme simple citoyen et comme simple militant, la réduire à son reflet médiatique ce n'est que la mépriser, c'est mépriser la démocratie. Concernant le PS vous le réduisez à une simple machine à "faux espoirs" et à faire avaler les "couleuvres", cette critique est injuste car malgré les gros défauts qu'a ce parti il a au moins une qualité c'est sa démocratie interne, quel parti peut prétendre autant débattre, discuter, voter que le PS?
Pour le reste le raisonnement est tellement confus que ja n'ai rien à ajouter.
Là, (pour une fois!) je suis d'accord avec toi Thibault! Raisonnement confus, si confus que vous devez vous y reprendre à deux fois pour expliquer votre point de vue, à moins qu'il n'y ait aucun argument derrière toutes ces belles phrases : en un mot discours creux!
Pour préciser je ne fais pas partie du PS parce que justement même si je m'y retrouve plus que dans aucun autre parti, je le trouve très, trop criticable mais je ne crois pas que le point qu'il faille le plus critiquer soit "la vieillesse" de ses dirigeants!! Pour moi le PS gagnerait beaucoup à s'unir et surtout à garder cette union solide. Le PS c'est avant tout un parti de solidarité, d'écoute et de débats (ce que vous refuser de faire ici Eric en n'apportant aucun argument qui"se tienne"! Nous comprennons alors mieux pourquoi vous avez quitté la gauche!!) et il vient de le démontrer aujourd'hui même avec la synthèse du congrès du Mans. Différents courants arrivent à collaborer. Je suis fière de croire en leurs valeurs!!
Quand je te lis Flo je me dis que les gens de ta trempe sont fait pour faire bouger la gauche et rajeunir le PS.
J'ai passé mon dimanche matin devant LCP qui retransmettait en direct le congrès du PS au Mans, et finalement, aujourd'hui, je comprends mieux vos réactions... La culture de l'auto satisfaction est devenue un sport dans ce parti... Le discourt fleuve de C. Bartolone n'a pas dérogé à cette loi.
Visiblement, vous n'avez l'intention, pas plus l'un que l'autre, de recevoir les arguments de qui que ce soit, et encore moins de les voir...
Pour des sympathisants qui mettent en avant les notions de solidarité et d'écoute, on peut s'attendre à mieux !
Quand j'entends F. Hollande annoncer, droit comme un I, a ses militants qu'il a bien l'intention de proposer la "re-nationalisation" EDF sur les fonds de la caisse des dépôts et consignations, je me dis qu'une telle dose d'irresponsabilité aurait de quoi faire hurler de rire si l'enjeu n'était pas si sérieux..
C'est ce genre d'ânerie qui pourrait me pousser à quitter la gauche, Flo, et non pas ce soit disant refus de débattre où je ne sais quelle étiquette anti démocratique que vous essayez de me coller...
Mais vous avez sûrement raison... Puisque vous etes de la trempe de ceux qui peuvent faire bouger la gauche et rajeunir le PS, ne vous gênez pas !
Mais pour ça, il faudra apprendre à écouter autre chose que vous même...
J'adore écouter, débattre mais j'ai un petit peu de mal avec vous Eric, proposez, innovez au lieu de tirer à vue sur tout ce qui bouge. Je vous écoute.
Et l'analyse de politiK sur la crise des banlieues, sur les grands sujets du moments? Car j'veux pas dire, mais le congrès des jeunes socialos, ça m'en touche une sans me réveiller l'autre...
moi je veux bien écouter des arguments mais quand il n'y a pas d'arguments, je ne vois pas ce que je peux écouter car il faut bien se rendre à l'évidence : comparer Hollande, Royale et les autres à Coperfield et Harry Potter n'est pas un argument!
Mais je suis d'accord avec Patrice et je crois pas qu'il faille s'attarder sur cette question!
Pour moi la crise des banlieues a été un révélateur de la fracture sociale française et du mal que pouvait faire Sarkozy (et la droite en général) à nos idéaux!
Mon analyse sur l'actualité récente est la suivante. Pour résumer ma position (je vais peut être écrire un article) je pense que au delà des violences en elle même qui sont choquantes, c'est la souffrance sociale qu'il faut entendre derrière ces actes. Souffrance qui existe tant pour cette minorité violente, que pour la majorité silencieuse des quartiers défavorisés de nos villes mais qui n'arrive pas à s’exprimer par les organes démocratiques.
Sur la réaction immédiate du pouvoir actuellement en place, je trouvais déjà discutable la mise en place de la loi sur l'Etat d'urgence, je m’oppose frontalement à sa prolongation pour trois mois. Ce qui me pose gravement problème ce sont les articles 8, 11 et 12. Lisez le texte et dites moi ce que vous en pensez.
J’aurais envie d’aller beaucoup plus loin dans mon résonnement, mais je pense que l’écriture d’un article s’impose !!! Alors ne prenez pas ce commentaire comme l’intégralité de ma réflexion mais comme une première piste.
sur les banlieues, je vous livre le texte de Taranne sur son site Rue Taranne:
"IN THE GHETTO
Des immeubles insalubres, dégradés, où l’on dort jusqu’à sept dans une seule pièce. Les habitants sont pour la plupart d’origine étrangère, ils parlent souvent mal le français et parfois ne savent ni lire ni écrire. Les pères règnent en tyrans sur des familles nombreuses - ceci quand il y a un père, ce qui n’est pas automatique, il s’en faut de beaucoup. Livrés très tôt à eux-mêmes, les enfants ne vont pas à l’école et trainent dans la rue où s’organisent en bandes.
Pour survivre, il faut accepter des boulots fatigants, humiliants et payés au lance-pierres. En l’absence de tout espoir d’une vie meilleure, d’aucuns préfèrent envoyer la loi se faire voir et s’adonner à de petits trafics ou détrousser les passants. On joue beaucoup du couteau dans ce quartier et il vaut mieux ne pas s’aventurer dehors à la nuit tombée.
La police, me direz-vous? Elle fait un petit saut de temps en temps, effectue quelques interpellations plus ou moins musclées et repart jusqu’à la prochaine fois. Deux à trois fois l’an, un fait divers plus violent que les autres rappelle au monde extérieur l’existence de ceux qui vivent ici. Alors on s’indigne, on compâtit, on fait de belles promesses, on parle de rétablir l’ordre, les politiciens tempêtent et les intellectuels théorisent… puis on oublie. Tout simplement.
Je ne suis pas en train de vous parler des Mureaux, du Val-Fourré, de Vénissieux ou de quelque autre banlieue-mouroir qui fait régulièrement la une des journaux. Non. Je vous parle de l’est parisien, plus précisément du dix-neuvième arrondissement, au début du siècle dernier, quand les Belges, les Italiens, les Polonais, les Russes et même des “immigrés de l’intérieur” comme les Auvergnats occupaient le même rang dans l’échelle sociale que les Africains et les Maghrébins aujourd’hui. Comme on peut le voir, il n’y a rien de nouveau sous le soleil. D’où vient alors que les “Indigènes de la République” d’alors n’aient jamais ressenti le besoin de “s’extérioriser” comme leurs congénères modernes le font depuis bientôt deux semaines? D’où vient qu’ils parvinrent sur le long terme à s’intégrer, de sorte que les voitures que l’on incendie sont parfois celles de leurs descendants?
La réponse la plus simple, que l’on n’a pas manqué d’entendre, est que les immigrés d’autrefois étaient plus proches culturellement de leurs hôtes, ce qui facilitait d’autant leur intégration. C’est vrai, mais c’est faux. Pour s’intégrer, il faut être deux, et tous les historiens un peu sérieux vous diront que la société de l’époque n’avait pas la moindre envie d’intégrer “ces gens-là” à moins d’y être contrainte. Dans de nombreux cas, l’intégration se fit par le travail acharné et par le sang versé. Il s’agissait de remonter la pente soi-même, personne n’était là pour tendre une main secourable. Chacun pour soi.
Et c’est bien là la raison pour laquelle l’intégration a si bien, même si pas tout de suite, fonctionné. Les gens de l’Ouest, pour la plupart, n’en avaient rien à cirer de ceux de l’Est. Mais ces derniers ne s’attendaient pas non plus à ce que le monde entier les plaigne ni les aide. Il n’y avait pas, à cette époque, de “droit à” ni de minima sociaux, quant au Code du Travail il tenait en quelques lignes et n’était pas très contraignant pour les employeurs. La République se contentait (du moins en principe) de garantir l’égalité des chances grâce notamment à une école qui, bien qu’obligatoire en théorie, n’était dans les faits guère suivie. Les gens du coin savaient très bien qu’ils ne pouvaient compter que sur eux-mêmes pour s’en sortir, et c’est ce qu’ils faisaient. Puisque le liftier faisait grève, ils manoeuvraient eux-mêmes les câbles de l’ascenseur social.
Un siècle plus tard, les choses ont bien changé. Il y a des droits en pagaille, des minima sociaux à faire saliver un ouvrier de Germinal et un Code du Travail aussi voire plus épais que la Bible. L’Etat se veut proche des gens, il les accompagne de la maternité jusqu’au cimetière, la scolarité est obligatoire jusqu’à seize ans et ce n’est qu’un début pour une grande partie des élèves. De tout cela, les habitants des ghettos ne voient généralement pas grand-chose, mais - et c’est important - ils en ont entendu parler. L’envie, le désespoir, la colère, les anciens connaissaient. Le sentiment d’être lésé de quelque chose auquel on a droit, en revanche, c’est nouveau. La société explique à ses enfants que certaines choses sont dues, que le chômage n’est pas un accident de l’existence mais un scandale, que la pauvreté est une abomination. Cela ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd. Le Banlieusard se demande pourquoi il n’a pas tout ce qui lui est “dû”. Mais au lieu de se retrousser les manches comme on le faisait un siècle auparavant, il pique une grosse colère et la fiesta peut commencer.
Le Banlieusard a bien évidemment quelque raison de se fâcher, mais ayant perdu en cours de route l’individualisme qui sauva ses prédécesseurs, il est incapable de se remettre en cause et même de penser sa propre responsabilité dans ses échecs. De prétendus amis le lui répètent d’ailleurs sur tous les tons: s’il est pauvre, s’il est mal logé, s’il a des problèmes avec la justice, c’est la faute au système, au racisme des blancs, au capitalisme, à Bush… Lui n’y est pour rien. Il n’a pas le choix. Le Banlieusard hoche la tête: puisqu’on ne vient pas frapper à sa porte pour lui donner ce qu’on lui doit il va aller le chercher lui-même. Le résultat, on le connait.
Dans son malheur, le Banlieusard a néanmoins la chance de pouvoir compter sur sa famille, sur ses potes, sur son clan, sur sa cité - même les gens qu’il ne connait pas. Ceux-ci, solidaires de par la seule appartenance ethnique ou religieuse, le soutiendront contre vents et marées, y compris contre leur propre intérêt. L’ancienne loi de la rue imposait de ne pas dénoncer, la loi communautaire impose elle de se serrer les coudes contre l’Ennemi Extérieur qui, de modèle qu’il était autrefois, devient un repoussoir dont on attend qu’il donne ce qu’il doit mais à qui on ne veut surtout, surtout pas ressembler. Dont on réclame le respect sans lever le petit doigt pour l’obtenir - et en soutenant ceux qui, par leur comportement, sont le moins en mesure d’améliorer l’image de la communauté.
Et c’est ainsi que l’on rate une intégration. Alors après d’autres problèmes viennent se greffer là-dessus, comme l’Islam radical, mais ils sont des conséquences et non des effets. Les immigrés ne sont pas moins intégrables qu’avant, ni la société plus fermée qu’autrefois. C’est seulement, simplement, l’Individu qui est mort. "
Merci Patrice pour ce texte car bien que je sois totalement en déssacord avec celui ci (je le trouve très caricatural et individualiste), et qu'en général je n'accepte pas les copier-coller il peut servir dans le débat démocratique que nous avons.
Flo, cette allusion à D. Cooperfield et H.Potter, encore une fois, c’était de l’humour et de la provoc ! Dans quelle langue faut-il le dire ?
Evidement qu’il ne s’agit pas d’un argument…
Mais reconnaissez qu’un Hollande (et un Fabius) qui lance en plein congrès : « nous allons passer le SMIC à 1500 euros ! », sans l’ombre d’un développement, ni l’amorce d’une explication sur le coût et la mise en place d’une telle avancée, relève de l’illusionnisme, voire de la magie.. ( sans parler de l’effet d’annonce « à la Raffarin » de tels propos, que le premier secrétaire dénonce à longueur de temps..).
Alors on va encore m’accuser de tirer à boulet rouge sur tel ou tel, ou de critiquer pour critiquer… Non, non, et re-non…
J’ai simplement du mal à croire que les intentions, les ambitions, les programmes, et surtout le discourt (que ce soit sur la forme ou sur le fond) incroyablement passéiste, que nous distillent ces ténors du PS, aient une quelconque chance d’incliner les Français vers la gauche en 2007..
Comment imaginer que les électeurs qui ont sanctionné Jospin pour sa gestion de « l’insécurité » dans notre pays, un certain 21 avril, vont regagner le giron du PS en 2007, en écoutant les déclarations démagogiques d’un Dray ou d’un Montebourg, qui ont passé les quatre dernières semaines à « bouffer du Sarkozy »… ?
C’est ça la réponse du PS aux problèmes des émeutes ? Traiter le ministre de l’intérieur de « bras armé des banlieues » ?
Soyons sérieux..
Moi, j’ai envie d’une formation qui sorte une bonne fois pour toute de ses barrières idéologiques et historiques, qui en finisse avec cette espèce de vénération des icônes, et autre culte du « Mitterrandisme » qui ne peuvent être que des replis sur soi..
Le Français qui, par son bulletin de vote, souhaite mettre un terme à la politique en place aujourd’hui, se laissera t’il convaincre par un monologue de 40 minutes de Dominique Straus Kahn, qui se termine sur une citation de K.Marx ?!
A part la perception d’un « recroquevillement » idéologique, et une volonté viscérale de « faire » du socialisme « à l’ancienne » avec tous les plats réchauffés qui vont avec, je ne vois pas bien ce que ça peut lui inspirer..
A quand une équipe courageuse qui reconnaîtra ses erreurs du passé, qui enverra paître les vieux idéaux, qui proposera, par exemple, de dégraisser définitivement cette espèce de République monarchique qui nous fait honte, mais aussi qui osera réformer des bastions comme l’éducation nationale sans se défroquer, attaquer de front le problème des religions (les remettre à leur place, c'est-à-dire dans le cadre d’une démocratie laïque, et pas en dehors..) , qui durcira l’arsenal répressif pour les patrons qui débauchent en plein enrichissement, mais qui relâchera la pression fiscale sur les milliers d’autres entreprises de taille « humaine » qui sont le poumon de notre société..
A quand un leader de gauche qui osera dire qu’il est profondément injuste et antisocial qu’un actif du privé cotise encore à 60 ans pour financer la pension de son voisin chemineau , qui lui ne cotise plus depuis l’age de 55 ans, qui osera aborder les problèmes des familles polygames sans trembler dès que le MRAP ouvre la bouche, qui osera admettre que l’application stricte des principes de l’état providence fini par faire apparaître massivement une déresponsabilisation de chacun dont on perçoit les effets tous les jours, etc, etc, etc…
J’ai la faiblesse de penser qu’on peut avoir envie d’être de gauche, et souhaiter voir disparaître les carcans qui l’empêchent de grandir..
Rejeter en bloc les idées et les arguments des autres, pour l’unique raison qu’ils ont mûris dans un cerveau « non socialiste », est une immense connerie… C’est malheureusement le discourt ambiant qui a « survolé » le congrès du Mans le week end dernier, entre deux seances d’autosatisfaction…
Désolé, mais moi, ça m’attriste..
C’est pourquoi le billet que Patrice publie dans son commentaire plus haut, mérite qu’on s’y arrête, qu’on y réfléchisse…
Je pense que Thibault, pour le coup, me rejoindra sur ce point..
Salutations à tous..
Eric
bonjour
désolé de casser l'ambiance du blog
mais la photo de delanoé utilisé ici est de moi et a été utilisée sans mon autorisation.......la moindre des choses eut été de me demander l'autorisation.
bon je veux pas être lourd mais pourriez vous me donner des explications.
merci d'avance
C'est vrai que la monidre des choses aurait été de vous demander. Je m'en excuse ici "officiellement". Je vais enlever directement la photo dès que nous aurons mit cela au clair.
Merci de votre compréhension Sébastien j'ai mis un lien vers votre site en dessous de ma photos et dans mes liens. Bon courage pour la suite.