Une lourde responsabilité historique
Par Thibault Dumas le 13 juin 2005, - Europe - Lien permanent
La première
image choquante de ce 29 mai 2005 ne fut pas la joie des partisans du non à
l’annonce de cette victoire (réaction compréhensible) mais les drapeaux
français qui volaient chez les partisans de la droite souverainiste comme chez
les tenants du non de gauche. Les premiers mots qu’a eut Monsieur Emmanuelli
étaient « nation » et « France » mais n’est ce pas de l’Europe dont il
s’agissait ? C’est une lourde responsabilité qu’ont prit les partisans du non
de gauche en disant qu’on pouvait renégocier mieux, qu’on pouvait renégocier
plus progressiste. C’est une lourde responsabilité que vous avez prit face à la
gauche européenne, face au monde et face à l’histoire. Tout en prenant acte que
la ratification du traité continue en Europe il faut bien noter à quel point ce
vote massif contre le traité constitutionnel peut être porteur de désillusions
ou de fausses illusions quand à l’avenir de l’Union.La parole démocratique est sans ambiguïté, 54,67% des citoyens français se sont
exprimés contre ce traité constitutionnel. La fièvre de la participation à
69,37% renforce ce constat implacable. Bien sûr qu’il faut réaliser la
souffrance sociale, notamment celle des catégories les plus défavorisées qui
s’est exprimée dans ce vote. Bien sûr qu’il faut admettre l’incapacité durable
des politiques à expliquer la construction européenne. Bien sûr qu’il faut
avouer le manque de renouvellement de la représentation politique. Bien sûr
qu’il faut reconnaître l’incapacité de la gauche réformiste à expliquer le
texte et à construire une alternance vigoureuse au pouvoir. Sans aucun doute le
oui de gauche à peiner à expliquer les progrès sociaux et démocratiques du TCE.
Il est indéniable que nous avons eut du mal à entendre le refoulement massif
qu’a fait notre électorat du libéralisme économique. Ces remarques sont des
axes de réflexion qu’il faudra approfondir, mais un élément fondamental restera
gravé dans la mémoire collective européenne. Ce vote français a souvent été un
vote de replis sur l’état nation, un vote de fort repli identitaire. Dixit une
étude Louis Harris post-électoral (étude
du vote) « la xénophobie a constitué un puissant ressort du vote ; 49 % des
personnes interrogées ont estimé qu’il y avait trop d’étrangers en France ».
Résumer le non à ce seul fait serait scandaleux mais il reste à savoir dans ces
conditions comment nous allons renégocier avec nos partenaires européens
?
Aucun représentant du non de gauche n’a expliqué ou n’explique précisément le protocole à suivre pour construire un traité plus démocratique, plus clair et plus progressiste. Bien sur qu’on peut faire appel à l’utopie révolutionnaire et à la théorie du « grand soir ». Mais la géopolitique, la négociation diplomatique doit être empreint d’un pragmatisme au service de l’utopie et non d’une utopie qui sert un pragmatisme du rien, du néant politique. Le maximalisme à toute épreuve conduit à l’immobilisme politique, et donc à ne jamais être une force européenne de progrès social. Soyons réalistes la position de la gauche (socialiste, social-démocrate, écologiste et même communiste) dans l’Union Européenne n’est pas spécialement favorable. Bien qu’il existe une péninsule ibérique rose (Espagne, Portugal) partout ailleurs la gauche est souvent dans des positions stratégiques délicates. Notre partenaire historique l’Allemagne est le théâtre d’une impopularité grandissante de la coalition SPD-Grünen. Les prochaines élections législatives de septembre verront sans doute la victoire des conservateurs. Malgré certaines critiques que l’on peut porter à l’encontre du chancelier allemand force est de constater que c’est un meilleur défenseur du modèle social européen que Angela Markel (candidate probable de la CDU). La présidence de l’Angleterre à partir du 1er juillet 2005 n’ira pas dans le sens de l’Europe politique ni de l’Europe sociale, elle sera axé sur le marché commun et l’Europe économique. La politique du commissaire européen au commerce Peter Mandelson (proche de Tony Blair) le prouve déjà. Margaret Thatcher avait déjà répondu à l’Europe politique en 1990 par « No, no, no »… Il faut espérer que l’Union Européenne et ses peuples auront la force nécessaire pour repartir de l’avant. Car Abraham Lincoln avait dit "un bulletin de vote est plus fort qu'une balle de fusil", il semble bien que l’Europe politique du progrès social se soit prit une balle dans le ventre.
Aucun représentant du non de gauche n’a expliqué ou n’explique précisément le protocole à suivre pour construire un traité plus démocratique, plus clair et plus progressiste. Bien sur qu’on peut faire appel à l’utopie révolutionnaire et à la théorie du « grand soir ». Mais la géopolitique, la négociation diplomatique doit être empreint d’un pragmatisme au service de l’utopie et non d’une utopie qui sert un pragmatisme du rien, du néant politique. Le maximalisme à toute épreuve conduit à l’immobilisme politique, et donc à ne jamais être une force européenne de progrès social. Soyons réalistes la position de la gauche (socialiste, social-démocrate, écologiste et même communiste) dans l’Union Européenne n’est pas spécialement favorable. Bien qu’il existe une péninsule ibérique rose (Espagne, Portugal) partout ailleurs la gauche est souvent dans des positions stratégiques délicates. Notre partenaire historique l’Allemagne est le théâtre d’une impopularité grandissante de la coalition SPD-Grünen. Les prochaines élections législatives de septembre verront sans doute la victoire des conservateurs. Malgré certaines critiques que l’on peut porter à l’encontre du chancelier allemand force est de constater que c’est un meilleur défenseur du modèle social européen que Angela Markel (candidate probable de la CDU). La présidence de l’Angleterre à partir du 1er juillet 2005 n’ira pas dans le sens de l’Europe politique ni de l’Europe sociale, elle sera axé sur le marché commun et l’Europe économique. La politique du commissaire européen au commerce Peter Mandelson (proche de Tony Blair) le prouve déjà. Margaret Thatcher avait déjà répondu à l’Europe politique en 1990 par « No, no, no »… Il faut espérer que l’Union Européenne et ses peuples auront la force nécessaire pour repartir de l’avant. Car Abraham Lincoln avait dit "un bulletin de vote est plus fort qu'une balle de fusil", il semble bien que l’Europe politique du progrès social se soit prit une balle dans le ventre.












Commentaires
Ton billet est ...super et ton analyse fine. Oui, j'ai aimé. Pour en revenir au cause de la victoire du non -en admettant qu'il s'agisse d'une victoire-, je dirai que son succés a pour origine en tout premier lieu la peur. Peur en l'avenir, peur en des personnes que l'on ne connait pas, peur de voir nos enfants partir, souffrir, peur de ne plus subvenir à nos besoins... Et quand on a peur on se protège de l'étranger, de celui qui pense et croit autrement que soi, on reste entre "nous", on reste entre français et ce ne sont pas les allemands, les anglais ou les polonais (et encore moins les turcs...) qui vont décider pour nous et nous prendre nos sous, notre boulot... Les représentants du Non ont surfaient sur cette trouille et voilà le résultat ! NON ...
Merci pour ton commentaire ça fait vraiment plaisir. Il est vrai que le NON était la position facile à défendre car refuser, s'opposer se réferer à des valeurs franco-françaises est toujours plus rassurant. La construction par le TCE était sans doute plus difficile à mettre en avant, la gauche pro OUI à sans doute faillit à faire passer un message d'espoir. Même si pour moi l'espoir progressiste et solidaire passait par l'adoption de ce texte...
Un nouveau blog pour poursuivre la discussion: pasfabiusen2007.tooblog.f...
Des camarades socialistes, écologistes et communistes qui se mobilisent pour 2007. Ca fait vraiment plaisir, car ce combat des forces réformistes et du progrès social va vraiment être dur. Vive l'unité de la gauche démocratique !!!
ca fé lgtps kje sui pa venu pour coz de bac mé jcroi pa kil faille simplifié à ce point la soi disan "victoire du non" jpens ke la plupar des pers ki ont voté non ne l'on pa fait de gaité de coeur. Ce n'était pa un non contre l'UE mé un non contre ce ke la Constitution représentait, j'ai relu les différents argumen pour le oui é pour le non é je doi dire ke meme maintenan lé argumen pour le oui n'ont pa su me convaincre. Je sai ke lé gen autour de moi ki on voté non ne l'on vraimen pa fé contr l'europe mé pour sa viabilité, pour son futur, pour ke l'UE ne soit pa sou l'hégémonie des Etats Unis à travers l'OTAN. Je regrette lé propo d dirigeants politik com Emmanueli ou Le Pen ou encore De Villier pck pour moi ce n'est pa ça le non mé je ne croi pa kil faille généraliser le non d meneur à celui de leur base! Et je regrette également ke lé partisan du oui nous prenne pour d extremistes. J'ai toujours était de la gauche modéré é je le reste encor aujourd'hui com la plupar d partisan du PS ki ont voté non! Je reste ouverte à la discussion com tu le sais Thibault alor on pe en discuter!
Pour te répondre Flora je te citerais une partie de mon article quand au ressort nationaliste "Résumer le non à ce seul fait serait scandaleux mais il reste à savoir dans ces conditions comment nous allons renégocier avec nos partenaires européens ?". En effet tu me parles de viabilité de l'europe, mais quelle est la viabilité de l'Europe aujourd'hui, quelle est la viabilité de la gauche européenne aujourd'hui ? L'émergence d'un modèle de société européen était possible par le TCE, je crains que se le soit beaucoup moins aprés le 29 mai. Le modèle libéral chinois ou américain vit dans le pragmatisme absolu, quand ils voient l'UE soumise à de telles difficultés ils prennent acte de notre faiblesse et c'est la dérégultion économique qui l'emporte. On m'a beaucoup parlé de crise salutaire pendant cette campagne. En 1954 nous avons refusé la CED (Communauté européenne de défense), 40 ans plus tard l'Union Européenne à été incapable d'arrêté un génocide dans les Balkans. Certains pays (dont la France) ont put intervenir seulement grâce à l'impulsion des Etats Unis d'Amérique...
Pour c ki é de la viabilité de la gauche européenne tu sais ce ke j'en pens é jcroi kil fo vrémen se poser la question.Je sui d'ac avec toi pour ce ki é de l'intervention aux Balkans mé cette crise a permi à la CEE de voir le jour le 25 mars 1958. Certe ce n'est pa une union sociale é l'UE ne l'est encor pa aujourdui ni politik d'ailleurs mé c qd meme l'organisation supranationale la plus aboutie!Et jpens ke si on pe pa la renégocier elle entrera en vigueur comme prévu. Pour l'instan lé pays ki ont di non sont qd meme minoritaires é loin d'etre lé 5 pays ki permettraient une rediscussion du TCE. Je ne me fais pa tro d'illusion sur ce point. Mé ce ke je voulais dire surtou c'est ke lé gens ki ont voté contre le TCE n'ont pa forcémen voté contre l'Europe!
Je prends acte de ce point même si je pense que l'organisation supranationale la plus aboutie du monde est en position de faiblesse en ce moment. Quand à la gauche européenne, il est vrai que le mouvement de la troisième voie blairiste a voulu amener vers le centre le PSE (Parti Socialiste Européen), mais il ne faut pas se leurer cette volonté qui était en position de force en 1998 s'est largement éstompée. En temoigne la politique audacieuse de JL.Zapatero en Espagne et l'échec d'une partie de la politique de G.Schrodër en Allemagne. De plus il ne faut pas confondre Tony Blair et le Parti Travailliste, dont une partie de ses membres ne l'on pas suivit dans cette voie (Ken Livingston maire de Londres).
Bon alors mettons les choses au point. je crois que ton analyse, pour fine qu'elle soit et je le reconnait volontiers, passe à côté d'un élément flagrant : Les partisans du NON ont menti aux Français. Ni plus, ni moins. Le fameux plan B de Fabius, où est-il ? La fameuse renégociation, qu'en est-il ? Les lendemain qui chantent, l'Europe unie dans sa diversité disant non mais étant obligé de le faire, c'est pas de gaité de coeur mais bon... Alors en France rappelons nous qu'il est toujours plus simple de faire dire NON que OUI, le français est râleur. je ne dis pas qu'il ne faut pas lui demander son avis, mais bon, pour quelque chose d'aussi handicapant que le fonctionnement même des institutions, je crois que jouer des peurs et des mensonges tel que ce fût le cas est granve pour la démocratie. Le pouvoir au peuple soit, mais que les élus respectnet ce peuple en lui disant la vérité. Aujourd'hui encore Henri Emmanuelli demande, à mot couverts, de ne pas faire de purge. Mais les militants socialistes qui avaient voté en majorité pour une position favorable au traité ont été baffoués, c'est écoeurant. Et ce sont les mêmes qui parlent de respect des résultats des urnes ? J'en suis malade, c'est navrant d'être à ce point irrespectueux des militants.
Je partage ton amertume, ta déception voir ta colère. C'est vrai que pendant les trois mois de campagne on a beaucoup discuté d'Europe or depuis que le NON l'a emporté toutes les bonnes paroles et les solutions de reconstruction de l'europe politque ont fondu avec l'été. La critique et l'opposition ne suffissent pas quand il s'agit de faire une politique de gauche, il faut savoir proposer, gouverner et agir pour changer les choses. La posture d'opposition frontale et simpliste a longtemps était l'appanage du PCF voir de la SFIO pendant la periode 1958-1981. Faut il rappeller que les communistes étaient opposés à l'entrée dans l'UE de l'Espagne et du Portugal qui sortaient pourtant du facisme. Sur le comportement de certains camardes qui ont fait campagne pour le NON sous l'étiquette PS, c'était parfois écoeurant. L'affranchissement de la règle collective, issue du vote démocratique est un comportement individualiste qui est à l'opposé des valeurs du Parti Socialiste.
Quand je repense à ce débat sur le TCE (Traité Constitutionnel Européen), il y a eu un glissement politique par rapport au traité de Maastricht car à l’époque les déchirements avaient lieu à l’intérieur de la droite. Tandis qu’au printemps 2005 le cœur du débat se situé à gauche de l’échiquier politique. Sans revenir sur le fond des discussions, sur la forme nous aurions due éviter deux écueils : assimiler les tenants du non de gauche à des anti européens ou des nationalistes (c'était faux) ; consacrer les partisans du oui de gauche comme des sociaux libéraux ou des sociaux traîtres (une contre vérité).