L’espoir du vivre ensemble pour la jeunesse
Par Thibault Dumas le 03 avril 2005, - Social - Lien permanent
Le choc du 21 avril 2002 fut en
fait double. Premièrement, l’arrivée de l’extrême droite xénophobe au second
tour de l’élection présidentielle sonnait le glas d’une résurgence des heures
les plus sombres de l’histoire française et mondiale. La jeunesse avez alors
combattu pour sauvegarder les valeurs qui sont celles de la démocratie, de
l’humanisme et de la pluralité culturelle. Le second choc fut pour la gauche «
plurielle » (socialiste, communiste et écologiste) de se rendre compte que
malgré un bilan politique et économique plus qu’honorable elle ne fut pas
reconduite dans ses fonctions de gouvernance (l’ironie veut que la pluralité
électorale fut une des raisons de cette défaite). La dureté de notre regard sur
l’effritement social de l’ère Jean Pierre Raffarin (2002-…) doit faire germer
en nous, jeunes citoyens et citoyennes, l’espoir que porte les forces
politiques de gauche pour continuer à créer une société plus égalitaire, plus
solidaire et plus heureuse.
Tous ces jeunes que l’on considère avec dédain se révoltent contre un modèle libéral et individualiste. Quand les lycéens manifestent pour plus d’égalité et pour plus de justice sociale, ils expriment un réel malaise vis-à-vis de la société qui nous entourent. Non, ils ne sont pas manipulés par des gauchistes trotskistes ou des ex soixante huitards, ils vous crient monsieurs les élus quelles sont les valeurs de notre société ? Quel avenir avons nous ? Face à ces questions la surdité chronique de monsieur Fillon (ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche) est insupportable, le problème de l’éducation et de la formation est au effet au cœur de la société. La gauche doit monter ses forces de convictions sur le sujet, il faut réadapter le système scolaire aux problèmes auxquels il est confronté tout en se basant sur le socle des valeurs qui sont les nôtres : égalité, solidarité, liberté et laïcité. Concrètement il est nécessaire de réhabiliter des petites structures, de remplacer des collèges et des lycées en difficultés (les fameux ZEP) de plusieurs milliers d’élèves, en plus petites enceintes de quelques centaines d’élèves. Il faut rétablir un rapport de confiance, de proximité entre les élèves, les équipes pédagogiques et les parents de façon à accompagner tous nos jeunes sur la route de l’apprentissage et de la citoyenneté. Il faut des mesures visibles, en favorisant les postes et les vocations de terrain à l’administration. Le collège et le début du cycle secondaire doit rester en tronc commun pour permettre à tous d’avoir un apprentissage commun de qualité (une des dispositions du projet de loi Fillon avait décrit la possibilité d’envoyer en apprentissage des élèves dès le début de la 4e). Il faut protéger les enfants les plus faibles et les plus vulnérables contre les tensions sociales et les violences qui émanent de la vie collégienne et apprendre l’amour de la diversité et du cosmopolitisme dans notre société.
Mais l’école de la tolérance et du respect de l’autre doit aussi être celle de l’accompagnement vers le milieu professionnel. Un travail en amont doit être fait pour préparer les lycéens à leur orientation. La mise en place des TPE (circulaire du 8 janvier 2001) fut une progression en ce sens en proposant au lycéen un travail plus pratique et plus ouvert que la scolarité habituellement enseignée. Une autre idée serait de mettre en place des pôles d’échanges entre étudiants et lycéens en fin de cycle. Mais la mesure indispensable dans ce domaine serait de réhabiliter l’image des voies professionnelles et de l’apprentissage en l’alternance. Il faut arrêter cette sorte de hiérarchisation de l’orientation, admettons une bonne fois pour toutes que ces voies sont tout à fait nobles car elles conduisent a des emplois assurés et sont nécessaires au bon fonctionnement de notre société (selon certains économistes il y aurait 350 000 emplois à pourvoir dans le BTP par exemple). La gauche se doit de montrer que notre société doit avancer mais de façon collective, en ne laissant personne sur le bord du chemin. Cet utopisme peut trouver des applications concrètes. La législature de Lionel Jospin avait permit la création de 276 000 « emplois jeunes ». Bien que répondant à de réels besoins locaux, ceux-ci ont montrés leurs limites dans la non évolutivité professionnelle qu’ils ont engendrés pour certains. Il faut reconnaître de ce point de vue la pertinence des « emplois tremplins » qui en plus d’offrir une opportunité d’embauche permettent des réels débouchés professionnels. La région IDF (Ile de France) prévoit par exemple, sous l’égide de son président Jean-Paul Huchon, la création de 10 000 emplois d’ici à 2010 (avec un premier financement de 10 000 euros).
Un deuxième grand axe d’actions est celui de réinvestissements massifs (financiers et humains) dans l’enseignement supérieur et dans la recherche scientifique stricto sensu. C’est un impératif, car c’est l’outil indispensable pour qu’à long terme les jeunes puissent s’intégrer au marché du travail mais surtout pour qu’ils acquièrent la culture et les connaissances pour faire progresser notre société et construire un monde plus juste. L’accès à des études supérieurs doit s'accentuer pour le plus grand nombre, aucun déterminisme social ne doit restreindre l’accès à telle ou telle filière. L'enseignement superieur doit permettre aux classes sociales les plus défavorisés de progresser dans la société et non d'accentuer les inégalités au bénefice des plus aisés. En effet, selon les statistiques la dépense moyenne par étudiant et par an en 2003 fut de 6820 euros à la faculté contre 13 170 euros dans les CPGE (Classes Préparatoires aux Grandes Ecoles). Il faut donc casser ce système binaire de massification d'un côté et d'élitisme de l'autre par le réforme de la galaxie grandes écoles. Ensuite, susciter un maximum les vocations d’enseignements dans le supérieur par le biais de professionnels, de retraités comme d'agrégés. La finalité de l'université n'est pas l'adaptation au marché mais une formation citoyenne et professionnelle. Dans le même temps l’éducation nationale doit faire l’effort d'amener des moyens colossaux vers le supérieur. Contrairement aux idées reçues, ce financement est trop faible pour notre société car il ne représente que 1,4 % du PIB en France contre 3 % aux Etats Unis. Le mouvement « Sauvons la Recherche » à très bien montré la spécificité problématique du domaine scientifique. «La recherche possède une logique propre dont les objectifs ne se réduisent pas à ses impacts à court terme sur la vie socio-économique d'un pays. Elle doit être conduite indépendamment des intérêts particuliers, ou de la rentabilité financière » ; « Cette volonté devait se concrétiser par une augmentation forte des crédits (...) distinguant la qualité et la créativité hors de tout pilotage ».
La jeunesse à le droit de rêver "d'un autre monde", c’est avec cette utopie la que la gauche, force de proposition et de gouvernement, se doit d’allumer une lueur d’espoir dans les yeux de ces millions de jeunes hommes et de jeunes femmes. La société dans laquelle nous vivons est pleine de violences inégalitaires. Le système éducatif se doit en conséquence de compenser ces différences sociales pour faire de l’égalitarisme une réalité. La diversité culturelle, sociale, et identitaire de cette génération est une chance incommensurable de construire cet autre monde de demain.












Commentaires
Ton analyse est exhaustive et judicieuse!! Elle montre, comme beaucoup aujourd'hui, l'échec - le mot s'impose à présent - de la politique de la droite. Elle montre aussi que le clivage droite gauche que l'on disait ne plus exister pendant la campagne de 2002, ce qui a été une des raisons de la dispersions des votes, de l'hésitation et au final, d'une crise de la politique, elle montre donc que ce clivage existe bel et bien, à la source même. Cet échec était prévisible - a d'ailleurs été prévu largement! - dès l'annonce de la répartition des budgets, c'est à dire des secteurs que le gouvernement souhaitrait privilégier, ou négliger. On connait l'attachement à la sécurité intérieur, et à la défense, qui là encore a participé de la montée des extrêmes. Mais on connait aussi la façon dont ce gouvernement a écarté la recherche et l'éducation, les secteurs primordiaux pour une croissance avenir. Et si certains pensaient que le maintient de TPE ne vallait pas l'ampleur de la mobilisation, néanmoins, l'hypocrisie avec laquelle ce gouvernement voulait réformer l'éducation pour la rendre meilleur donc, tout en rabaissant d'un autre côté les budgets assignés, cette hypocrisie là la vallait bien.
En tout cas bravo pour ton article, et ton blog, c'est par ce type de réflexion que la gauche arrivera à se réformer pour en sortir plus forte!
Bien que je ne partage pas vos idées, votre blog est intéressant, fort bien écrit et agréable à lire.
Je suis pour ma part un libéral libertarien administrateur du blog liberteavenir.tooblog.fr/ , et je suis ouvert à la contradiction, à la tolérance, à la liberté.
Si vous souhaitez vous y exprimer librement, vous y serez le bienvenu. Il vous suffira de me faire parvenir votre billet par mail.
Au nom de la liberté, longue vie à votre blog.
Patrice VEZINE
A Clermont nous avons un service d’ordre composé d’étudiants, de lycéens et même de prof d'autre par la CGT nous prête un camion é il n y a pas u de pb. Nous commençons à penser à fer d action plu perturbante pour lé lycée c à dire blocages ey occupation d gd lycées clermontois, pétition....ils doivent en débattre à l'AG à Paris ce week-end!Et je comprend que certains parents trouvent dangereux de fer lé manif mais je crois que c s'exprimer et c'est important!
J'ai franchement l'impression d’avoir affaire à un sourd avec Fillon!
Je tiens à te dire que je soutiens totalement le mouvement lycéen, et ce pour plusieurs raisons. Tout d'abord je pense que votre combat et juste et légitime, la préoccupation de votre avenir ne peux qu'être saluée et tout autant que la défense de l'égalité républicaine. Le peu d'audience que vous accorde monsieur Fillon est tout à fait choquante, car je sais (j'y est participé quand j'étais lycéen) que les manifestations lycéennes son une sorte de "dépucelage" politique et qu'elles contribuent à susciter de nombreuses vocations politiques et citoyennes (surtout à gauche !!!).
Néanmoins je voudrais formuler deux réserves par rapport aux mouvements. Premièrement il faut que vous soyez plus dans une optique de proposition et donc progressiste (pour faire bouger la politique!!). Deuxièmement, je sais que c'est difficile pour la FIDL et la FNL mais il faut que vous mettiez en place des vrais cordons de sécurités pendant les manifs, faites vous aider par l'UNEF, la CGT ou la CFDT (il s'y sont tout à fait disposés). Les incidents qui ont eut lieu à Paris furent choquants pour de nombreux lycéens et ils fragilisent la mobilisation en cours.
Juste un petit commentaire non pas sur le fond mais sur la forme. Récupérer une photo en nomant son auteur, c'est bien, demander la permission c'est mieux, mettre un liens vers le site source serait la moindre des choses.
Je ne trouve pas trés correcte de découvrir que cette photo illustre une de vos note en traquant le nom de Céline sous google.
Un petit mail pour lui demander son avis et surtout la permission me parraitrait bien venu:
...
Je la vois bosser tous les jours comme une folle pour se lancer, ca me fais mal au coeur de savoir qu'elle n'est pas au courant de cette publication.
Oui, le libéralisme est social
Jacques de Guénin, le 14 septembre 2005.Conférence délivrée le 10 septembre 2005 aux Assises Libérales de Bretagne.
De l'extrême gauche à une grande partie de la droite, les Français se disent "sociaux", et anti-libéraux. Ils veulent dire par là qu'ils s'intéressent au sort des plus défavorisés, alors que nous, les libéraux, qui défendons l'individu et l'économie de marché - rebaptisée loi de la jungle pour la circonstance - sommes des égoïstes, avides de profit. Or il se trouve que c'est exactement le contraire : c'est nous les généreux, et eux les prédateurs! Mais il nous acculent toujours à la défensive en se plaçant sur le terrain de la morale. Il est grand temps de repasser à l'offensive, et d'occuper à notre tour ce terrain.
...
J'espère vous avoir démontré que les vrais libéraux, eux, respectent les principes moraux de notre civilisation chrétienne.
Vous avez tout à fait le droit d'exprimer votre opinion, mais si vous pouviez éviter de faire un copier coller d'un discours déjà écrit, je préférais que vous laissiez un commentaire avec vos propres mots en faisant peut être un résumé de cette pensée libérale, cela m'intéresserai beaucoup. Sinon je me sentirais obligé de supprimer votre commentaire ou de l'amputer par ce que autrement on ne s'en sort plus.
Amicalement.