La mise en scène du reportage est morbide, morbide dans la recherche du sensationnel…dans la recherche de l’image qui va accaparer le zappeur convulsionel. Le faisceau est trop concentré l’image trop pensée, on se demande même pendant quelques instants si ce syndrome infantile n’a pas été inventé. Inspiré par le fameux adage de monsieur Le Lay « ce que nous vendons à Coca c’est du temps de cerveau disponible… ». Ou peut être venu à « l’esprit » d’un producteur qui ne savait plus quel sujet tapageur faire sortir de la bouche de Madame Rousseau. Cette vision est trop pessimiste. Peut être que l’équipe de tournage à juste demandée aux parents d’amener le gamin au supermarché pour que les symptômes réapparaissent. Mais réfléchissons-y, qu’est ce qui pousse des adultes responsables à agir de la sorte. Pour mettre en pâture au téléspectateur sa vie privée ? Pour faire connaître la maladie, rendre compte de leurs souffrances. Ca y est le mot est lâché: l’information. Voyons voir, l’explication médicale a était expédié en une phrase. Aucun recul, aucun appel à la réflexion…juste le martèlement de l’émotion mais vidé d’humanisme. La besogne de la première chaîne ne fait même pas sourciller une cellule grise. C’est le néant intellectuel le plus total. Le cadreur n’était même pas doué. Le sujet à était tourné en une journée à tout casser. Le spectateur lambda pourrait prendre ça comme un travail de fond sur les maladies orphelines. C’est la que le bas blesse.

Ce reportage est une caricature. Il bafoue tout un corps de travail. Le chercheur dévoué à des causes scientifiques nobles. Les professions médicales qui accueillent, écoutent et guérissent les misères et les souffrances de notre société. Les associations d’aides aux malades rares qui font un travail de terrain et de proximité incroyable auprès des victimes maladies orphelines. Un contre argument consisterait à dire que cette émission est un cas particulier, aussi déplorable qu’en soit le contenu c’est une exception dans l’ensemble des programmes de la une, mais c’est faux. Le 4 avril 2004 (histoire complète) une jeune femme a participé à l’émission « Y a que la vérité qui compte », un fait en apparence anodin. Mais à l’époque la production ne lui avait point spécifié les raisons de son invitation et une fois la découverte de ce pour quoi elle avait été invitée, elle a quitté le plateau extrêmement vexé. Cinq jours après la diffusion de l’émission son ancien compagnon à commit une « agression sexuelle » selon la qualification du tribunal correctionnel de Dunkerque. Ce dernier l’a condamné le 23 décembre 2004 à 5 ans de prison ferme. Une citation du procureur de la république Monsieur Jean-Philippe Joubert corrobore notre réflexion. En effet il a déclaré que la jeune femme « n'avait pas voulu être la marchandise manipulée par ces gens de télévision qui, pour faire de l'audimat et de l'argent, doivent exposer le plus crûment la vie des gens et leurs problèmes ».

On ne peut que dénoncer le caractère scandaleux de ces procédés télévisuels. Que le secteur télévisuel privé est comme objectif l’enrichissement et comme moyen le divertissement on ne peut que l’accepter. Le système est ainsi fait que les revenus principaux des chaînes sont les recettes publicitaires qui s’échelonnent en fonction de l’audience. Mais informer sur des problématiques graves de façon artificielle on doit le refuser. S’accommoder de la vérité et de la réalité pour faire de l’audience on doit le refuser. La prétention objective du « journalisme » de TF1 est hautement condamnable, elle est indigne de l’héritage historique du 4ème pouvoir C’est une forme de totalitarisme moderne. En effet la télévision est au cœur de la sphère privée, car elle la filme sous ses angles les plus crus et la diffuse de façon massive dans tous les foyers (le temps moyen passé par les Français chaque jour devant leur télé est de 3h22) (statistiques complètes). Cette force d’immersion dans l’intime doit toujours être accompagné d’une étique sans failles.

Les exemples précédents montrent bien qu’une partie (ou la totalité) de la déontologie journalistique de la chaîne privée a était sacrifié sur l’autel de « Médiametrie »…