Tout d'abord, relativisons l'écho que font les médias de cette catastrophe. La surmédiatisation est certes propice à l'émotion mais ne peut en aucun cas aider à la réflexion. En effet, sur l'ensemble des réseaux d'informations aucun recul n'a était prit par rapport à la catastrophe d'ou la difficulté d'avoir une vision d'ensemble du problème, d'en comprendre les tenants et les aboutissants. Les journaux télévisés sont une caricature de ces imprécisions : non indications des sources d'informations, erreur sur l'indication des lieux des reportages, partialité des informations. Exemple avec la problématique de l'apparition et la propagation des épidémies. Comme l'a bien expliqué un représentant de MSF France (Médecins Sans Frontières) le 06.01.05, ce n'est pas tant les cadavres en décomposition qui provoquent ces problèmes épidémiques mais le manque d'hygiènes (alimentaire, médicale…) et surtout les problèmes d'eau potable.

De plus, dans cette frénésie peu de médias ont répondu à cette question : pouvant on limiter les effets du raz de marée ? Premièrement, les centres de sismologie occidentaux (en France celui des sciences physiques de Strasbourg) ne peuvent en aucun cas prévoir une friction tectonique mais peuvent en mesurer les caractéristiques. En témoigne la situation de l'île Diego Garcia (dossier complet). Cet archipel situé au sud de l'Inde abrite une base aéronavale américaine et des ramifications de la CIA prévenu de l'imminence du tsunami. Des dispositions techniques ont étaient prisent et aucune victime n'a était déplorée. Deuxièmement, même si le temps n'a pas joué en faveur de l'Indonésie trop proche de l'épicentre, les côtes indiennes comme le Sri Lanka étaient à 4 heures de l'arrivée des vagues. Un lapse de temps suffisant pour évacuer une partie des populations. Troisièmement, le coût global d'un système de prévention (balises maritimes, centres de mesures) est estimable à 100 millions de dollars (75 millions d’euros) soit 7,5% des promesses mondiales de dons…Le Japon dispose déjà d'un tel système pour le pacifique tout comme l'Inde, avec un système de prévention des moussons.

C'est avec tristesse que l'on peut constater l'espèce d'autosatisfaction occidentale qui a suivit cet évènement. D'un côté le feu d'artifice militaro médiatique de monsieur George Walker Bush qui en envoyant 15 000 hommes aider le plus grand pays musulman du monde (l'Indonésie) veut se racheter une bonne conduite géopolitique. Mais on ne peut faire de l'aide humanitaire par coups de communication, il faut parler d'aide globale de suppression des dettes des pays en développement. L'assistance que doivent porter les pays occidentaux doit être permanente, importante et humble elle doit se faire par le biais d'organismes multilatéraux déjà existants : la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced), le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef), tous rattachés à l'Organisation des Nations unies (ONU). Bien sûr que c'est le développement économique qui peut permettre l'émergence des pays du sud. Mais la croissance qui découle de l'activité économique de ces pays doit être solide donc basée sur le respect de droits sociaux pour les travailleurs et aussi la conservation du patrimoine écologique.

Il est vrai que nous exerçons parfois un rapport de domination néocolonialiste sur ces pays. Les relations que nous entretenons sont dans certains cas dénoncables : la destruction de la faune et de la flore au profit du tourisme, l'asservissement industriel des populations sans parler de l'horreur du tourisme sexuel. La détresse des pays européens est compréhensible dans la lecture de cette catastrophe mais elle n'est en rien comparable avec celles des pays touchés par les drames écologiques ou guerriers. La vie d'un sri lankais ne vaut et ne vaudra jamais moins que celle d'un occidental. Il ne faut pas qu'une telle vague de tragédie n'efface notre regard sur les peuples de l'oublie. La dérive meurtrière du Darfour aujourd'hui (plus de 80 000 morts), mais qui se souvient des inondations au Bangladesh d'hier, entraînant en 1970 la mort de plus de 500 000 personnes ? Alors évitons les superlatifs historiques car on a apprit que trop peu de l'histoire. Restons modestes mais réalistes quand à notre aide à apporter au sud-est asiatique et aux tragédies du monde. Et n'oublions pas que la première des mondialisations n'est malheureusement pas humaine, ni solidaire mais économique et médiatique.