L'occident face aux tragédies du monde
Par Thibault Dumas le 14 février 2005, - Monde - Lien permanent
Comme vous le savez une
catastrophe extrêmement violente a touché l'Asie du sud-est le 26 décembre
2004. Les pays victimes du tsunami consécutif aux tremblements de terre sont
nombreux : l'Indonésie, la Thaïlande, le Sri Lanka, L'inde, le Bangladesh, le
Myanmar (la Birmanie) et la Somalie. Selon le premier secrétaire de l'ONU
Monsieur Annan (intervention du 11.01.2005) le bilan final pourrait avoisiner
plusieurs centaines de milliers de morts et un nombre indéterminable blessés.
Néanmoins il faut rester prudent quand aux termes qualificatifs de cette
tragédie. On ne peut parler de " catastrophe du siècle " alors que celui ci n'a
historiquement commencé que depuis 4 ans. Le traitement médiatique de cet
évènement est révélateur de l'ambiguïté de l'occident face aux tragédies du
monde.
De plus, dans cette frénésie peu de médias ont répondu à cette question : pouvant on limiter les effets du raz de marée ? Premièrement, les centres de sismologie occidentaux (en France celui des sciences physiques de Strasbourg) ne peuvent en aucun cas prévoir une friction tectonique mais peuvent en mesurer les caractéristiques. En témoigne la situation de l'île Diego Garcia (dossier complet). Cet archipel situé au sud de l'Inde abrite une base aéronavale américaine et des ramifications de la CIA prévenu de l'imminence du tsunami. Des dispositions techniques ont étaient prisent et aucune victime n'a était déplorée. Deuxièmement, même si le temps n'a pas joué en faveur de l'Indonésie trop proche de l'épicentre, les côtes indiennes comme le Sri Lanka étaient à 4 heures de l'arrivée des vagues. Un lapse de temps suffisant pour évacuer une partie des populations. Troisièmement, le coût global d'un système de prévention (balises maritimes, centres de mesures) est estimable à 100 millions de dollars (75 millions d’euros) soit 7,5% des promesses mondiales de dons…Le Japon dispose déjà d'un tel système pour le pacifique tout comme l'Inde, avec un système de prévention des moussons.
C'est avec tristesse que l'on peut constater l'espèce d'autosatisfaction occidentale qui a suivit cet évènement. D'un côté le feu d'artifice militaro médiatique de monsieur George Walker Bush qui en envoyant 15 000 hommes aider le plus grand pays musulman du monde (l'Indonésie) veut se racheter une bonne conduite géopolitique. Mais on ne peut faire de l'aide humanitaire par coups de communication, il faut parler d'aide globale de suppression des dettes des pays en développement. L'assistance que doivent porter les pays occidentaux doit être permanente, importante et humble elle doit se faire par le biais d'organismes multilatéraux déjà existants : la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced), le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef), tous rattachés à l'Organisation des Nations unies (ONU). Bien sûr que c'est le développement économique qui peut permettre l'émergence des pays du sud. Mais la croissance qui découle de l'activité économique de ces pays doit être solide donc basée sur le respect de droits sociaux pour les travailleurs et aussi la conservation du patrimoine écologique.
Il est vrai que nous exerçons parfois un rapport de domination néocolonialiste sur ces pays. Les relations que nous entretenons sont dans certains cas dénoncables : la destruction de la faune et de la flore au profit du tourisme, l'asservissement industriel des populations sans parler de l'horreur du tourisme sexuel. La détresse des pays européens est compréhensible dans la lecture de cette catastrophe mais elle n'est en rien comparable avec celles des pays touchés par les drames écologiques ou guerriers. La vie d'un sri lankais ne vaut et ne vaudra jamais moins que celle d'un occidental. Il ne faut pas qu'une telle vague de tragédie n'efface notre regard sur les peuples de l'oublie. La dérive meurtrière du Darfour aujourd'hui (plus de 80 000 morts), mais qui se souvient des inondations au Bangladesh d'hier, entraînant en 1970 la mort de plus de 500 000 personnes ? Alors évitons les superlatifs historiques car on a apprit que trop peu de l'histoire. Restons modestes mais réalistes quand à notre aide à apporter au sud-est asiatique et aux tragédies du monde. Et n'oublions pas que la première des mondialisations n'est malheureusement pas humaine, ni solidaire mais économique et médiatique.












Commentaires
Pas mal !
Je ne suis pas un habitué des blogs et j'ai du mal à discerner ce qui est de l'information que tu as reproduite à partir d'articles de presse et tes commentaires ?
Globalement, je suis d'accord avec ton article sur le tsunami. N'est-ce pas l'occasion également de promouvoir "l'altermondialisme" y compris dans les actions humanitaires ? cf. mondovino et l'approche de l'association slowfood (contrepied à fasfood bin sûr !) sur la gastronomie ... sans compter sur alter eco de Tristan qui a surement beaucoup à dire sur le sujet.
Au delà du constat et analyse, les propositions de fonctionnement autre sont en partie dans les mains des jeunes de 20 ans pour construire le monde de demain dans lequel vous vivrez.
J'ai relevé 2 petites fautes d'orthographe ou coquilles (?)
Je suis allé en guinée il y a deux semaines. Je ne connaissais pas du tout l'Afrique Noire et ca m'a fait un coup au coeur. Quelqu'un pourrait répondre à mes intérrogations sur la politique internationale (surtout francaise...) menée envers ce pay. C'est un pays riche, 3eme producteur de bauxite, possede de l'or, pratique la pêche alors comment se fait-il qu'on y meurt de faim. Merci par avance et à bientôt.
Cher Rooter tu ne seras pas le dernier à tomber amoureux de l'Afrique Noire. Nombreux sont ceux qui savent apprrécier les richesses de cette région et qui se battent pour sa vie voir sa survie. N'ayant pas d'informatiions particulières sur la Guinée je vais essyer de faire quelques recherches à droite à gauche pour en savoir plus.
Merci thibault. Tiens moi o courant quand tu auras des infos. A la prochaine.
Voila la synthèse des informations que j'ai trouvé sur la Guinée. Il ne faut pas la confondre avec la Guinée- Equatoriale (ex colonie espagnole) et la Guinée-Bissau (ex colonie portugaise), au départ c'est une colonie française. Sans unité réel elle est le théâtre d'affrontements entre les ethnies Peul et Malinké du fait d'un découpage arbitraire du territoire. En 1958 c'est le seul pays à ne pas adhérer à la communauté créée par la cinquième République. Après son indépendance, le pays cherche de l’aide auprès des pays d’Europe de l’Est et de l’Union soviétique. Sékou Touré met en place un régime de parti unique et un système de dictature socialiste. Le pays sombre dans le délabrement économique. Sur le plan géopolitique la Guinée soutient les volontés indépendantistes de ses voisins. Elle entretient de mauvaises relations avec le Sénégal et la Cote d’Ivoire (demeuré français). A la mort du dictateur en 1984 la Guinée sort de son isolement et se rapproche de Paris. Le problème est qu’elle se trouve dans une zone de fortes tensions. À partir de septembre 2000, la Guinée est soumise à des incursions armées lancées, selon le pouvoir guinéen, depuis la Sierra Leone et le Liberia.
J'espère que ça te satisfait, dis moi ce que tu en penses et peut être que tu pourrais nous faire partager un peu plus de ton voyage la bas.