Plonger dans les guerres sans jamais les montrer, tel est le principe de l'exposition "Conflict, Time, Photography", au Tate Modern de Londres jusqu'au 15 mars 2015. Au troisième étage de l'ancienne usine électrique, on pénètre dans une frise temporelle qui isole les moments pour mélanger lieux et époques. Il ne s'agit pas du "pendant" ou de "l'avant" mais de "l'après", qui va de quelques secondes jusqu'à une centaine d'années, de la Crimée (1853-1856) à la Libye (2011). Les cicatrices sont visibles ou invisibles, marquent les corps, les esprits, les constructions et les paysages. Si elle est onirique par instants, la déambulation entre les images est au final vertigineuse. Violente.