Qui connaît Philippe Poutou ? Personne ou
presque. Dans l’indifférence générale, aux premiers jours de l'été, cet ouvrier
Girondin de 44 ans a été choisi pour porter les couleurs du Nouveau parti
anticapitaliste (NPA) à l'élection présidentielle de 2012. Une intronisation
teintée de scepticisme au sein même de la formation trotskiste. Un quart des
délégués du parti n'ont pas pris part à ce vote de désignation à Nanterre les
25 et 26 juin dernier, tandis qu'un autre quart s'est opposé à cette
candidature. Un embarra dut à la défection de dernière minute du postier rouge
Olivier Besancenot, « Ça aurait été plus simple que ce soit encore
Olivier, il est très populaire » a résumé Alain Krivine, pilier de
l’extrême gauche et de l'ex LCR. Car si Philippe Poutou, syndicaliste CGT chez
Ford, a l'aura du sans grade altruiste, sa candidature est porteuse
d'ostracisme. Preuve que le NPA se meurt déjà à petit feu.
Jadis Joseph Staline gommait Léon
Trotsky des photos, aujourd'hui Martine Aubry efface François Hollande des
textes. Lors de la Convention nationale du projet socialiste, le 28 mai dernier
à Paris, l'actuelle Première secrétaire du PS convoque le passé et cite ses
prédécesseurs présents dans l'assistance : « Sont la ceux qui représentent
pour nous l'essentiel, c'est-à-dire les fondations de notre parti : Pierre
Mauroy, Lionel Jospin, Laurent Fabius, Henri Emmanueli, qui ont porté notre
parti et qui ont toujours gardé les principes et les valeurs qui sont les leurs
(...) ». Manque à cette liste éléphantesque, François Hollande pourtant
assis au premier rang dans le public. Consciemment ou inconsciemment la maire
de Lille fait ainsi table rase du passé hollandais du Parti socialiste. Le
député de Corrèze, lui, assume les « réussites » et les
« échecs » de cette période, mais relooké, amaigri et gominé, il abat
la carte du changement, porté vers 2012 par des vents sondagiers favorables.
C'est oublier les dix piteuses de la rue de Solférino, de 1997 à 2008.
Depuis 188 ans à Cologne, il y a cinq saisons et
non plus quatre. Tous les ans, le onzième jour du onzième mois, à 11h11
précises, débute le Kölner Karneval, avec en point d'orgue de cette
(longue) saison de festivités les six jours qui précèdent mardi gras en février
et en mars. La ville de Rhénanie-Nord-Westphalie se drape alors de rouge et de
blanc, tous ses habitants se griment, se costument et se déguisent. Les
accoutrements des plus classiques côtoient les tenues des plus délurées dans
les bureaux, les voitures, les tramways, les parcs, les restaurants, les
bars... Couleurs partout, austérité nulle part.
18,7 millions d'articles en ligne, 29
millions d'utilisateurs inscrits, 281 langues utilisées (anglais, allemand et
français en tête), 7e site le plus fréquenté au monde. Voilà la carte de visite
de l'encyclopédie universelle et collaborative Wikipédia - wiki
signifiant "rapide" en hawaïen - créée il y a un peu plus de dix ans, le 15
janvier 2001. Derrière ces chiffres, une aspiration et une illusion millénaire
pour l'homme, celle de la connaissance universelle. « L'âme de l'homme est
faite pour embrasser dans sa pensée toutes les œuvres que le principe des
choses a laissé sortir hors de son sein », énonçait Louis-Claude de
Saint-Martin, penseur français du XVIIIe siècle, autoproclamé le "philosophe
inconnu" !
Lingolsheim, charmante bourgade
alsacienne limitrophe de Strasbourg. Le temps est maussade en ce mardi 8
décembre 2009, mais Nicolas Sarkozy est d'humeur goguenarde. Devant un parterre
de 500 militants UMP, entourés de caciques gouvernementaux, le président de la
République tacle la gauche à la carotide (à huis clos) « Vous savez, au
fond, ce qui manque au Parti socialiste, c'est un directeur des ressources
humaines. Ils ont des talents, ils ne savent pas s'en servir. Franchement.
Donc, j'ai choisi d'être leur directeur des ressources humaines ». La
graveleuse boutade n'est pas nouvelle. Le locataire de l'Elysée s'y était
essayé lors de l'université d'été du MEDEF qui suivait son élection, alors que
l'ouverture à gauche battait son plein. La Conquête, pour reprendre le
titre du film de Xavier Durringer, c'était il y a quatre ans. Une éternité.
Désormais le PS est le nègre de Nicolas Sarkozy. L'UMP vient d'éditer un
éblouissant tract sur le sarkozysme en (ré)action intitulé "La République qui
protège, la République qui agit", ouvrage dithyrambique de 76 pages à l'appui.
La campagne socialiste (perdante) pour les législatives de juin 2007
s’intitulait "La gauche qui protège, la gauche qui agit".
« Les Italiens sont des Français de
bonne humeur » disait Jean Cocteau. Le 26 avril dernier, à Rome, lors du
vingt-neuvième sommet franco-italien, cette bonne humeur se lit sur les visages
du président de la République Nicolas Sarkozy comme du président du Conseil
Silvio Berlusconi. Le traité de Schengen ? A réviser disent d’une seule voix
les deux chefs d’États. L’OPA du groupe français Lactalis sur l’italien
Parmalat ? Les deux pays souhaitent « créer de grands groupes internationaux
franco-italiens, italo-français » répond Silvio Berlusconi. La candidature de
l’Italien Mario Draghi à la tête de la Banque centrale européenne (BCE) ? «
Nous ne le soutenons pas parce qu’il est Italien, nous le soutenons parce que
c’est un homme de qualité » affirme Nicolas Sarkozy. Un numéro digne des plus
grandes heures de la commedia dell’arte. Derrière les masques politiques, de
nombreux achoppements entre les deux cousins transalpins. Petit abécédaire.
« Honnêtement, j'ignore presque tout d'Anzhi
» concède l'international marocain Mbark Boussoufa en conférence de presse, «
les grands noms que le club a attirés et les contrats qu'il leur offre
traduisent leurs grandes ambitions » ajoute-il un rien mercantile. Anzhi, c'est
le FC Anzhi Makhachkala, club russe du Daguestan (Nord-Caucase), que le milieu
offensif a soudainement rejoint cet hiver moyennant un salaire de 2,5 millions
d'euros par an. Boussoufa, qui enchantait jusqu'ici le RSC Anderlecht
ainsi que le championnat de Belgique de football (soulier d'or en 2006 et
2010), intègre un effectif de 28 joueurs comprenant 15 étrangers. Le nouveau
capitaine d'Anzhi, fraichement arrivé lui aussi, est Roberto Carlos, champion
du monde en 2002 avec le Brésil. Le Caucase est bien le nouvel eldorado du
football.
Grands yeux bleus, cheveux courts, jean et
veste de sport américaine, Nicolas (le prénom a été modifié) a aujourd'hui 27
ans. Il y a dix ans, il intégrait un groupe de supporters ultras d'un club de
football français : « Je faisais partie de ce qu'on appelle le noyau du groupe,
c'est-à-dire les membres importants ». Cette entrée dans le monde du
supporterisme tout autant que dans un groupe de jeunes coïncide avec un échec
au baccalauréat et des atermoiements quant à son orientation. Ce n'est pas la
testostérone d'une escouade très masculine qui lui plaît mais plutôt un
sentiment d'épanouissement collectif : « Je me sentais bien auprès du groupe et
j'y ai découvert des amis de tous horizons et à l'époque il y avait vraiment
une bonne ambiance ». Le groupe de jeunes gens a sa maison (le local), ses
rites (les préparatifs, les déplacements), mais aussi ses turpitudes :
altercations, bagarres, caillassages. « La violence? Oui, j'y ai été confronté
mais pas aussi souvent qu'on pourrait le penser », précise Nicolas. Des
brutalités pour s'affirmer vis-à-vis de l’extérieur mais aussi pour souder la
bande en interne.





