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  <title>Blog de Thibault Dumas</title>
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  <description>Blog d'analyse de l'actualité : gauche, droite, social, société, Europe et monde.</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Wed, 08 Feb 2012 15:58:45 +0100</pubDate>
  <copyright>© Thibault Dumas</copyright>
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  <item>
    <title>Gibraltar : l'étroit chemin de l'indépendance</title>
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    <pubDate>Tue, 07 Feb 2012 19:30:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Thibault Dumas</dc:creator>
        <category>Europe</category>
        <category>Espagne</category><category>Europa</category><category>Gibraltar</category><category>Histoire</category><category>Royaume-Uni</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.journaleuropa.info/&quot;&gt;&lt;img title=&quot;Publié dans Europa n°32&quot; style=&quot;margin: 0 0 0em 0.75em; float: right;&quot; src=&quot;http://www.thibaultdumas.fr/public/Theme/europa.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;img title=&quot;Statue de l'Amiral Nelson à Gibraltar © Bachmont&quot; style=&quot;margin: 0 0.75em 0em 0; float: left;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.thibaultdumas.fr/public/Photos/Amiral-Nelson.jpg&quot; /&gt;Mars 1991. 287 années de présence
militaire britannique qui prennent fin en quelques semaines. En ce mois de mars
1991, près de 2000 soldats de Sa Majesté, qui avaient pour mission « de
contrôler avec attention la population » de Gibraltar, quittent le Rocher. Seul
reste sur ce bout de territoire situé au sud de l'Espagne, en bordure du
détroit qui marque l'entrée de la Méditerranée, le « bataillon royal de
Gibraltar », uniquement constitué de Gibraltariens. Le conflit historique
opposant Espagne et Grande-Bretagne pour le contrôle du mont Tariq (&amp;quot;Jabel
Tariq&amp;quot; qui a donné son nom à Gibraltar) s’est amenuisé. Madrid ayant adhéré à
l'Otan (1982) puis à la CEE (1986), l’intérêt géostratégique est-il devenu
mineur pour Londres ? Non, c'est bien la souveraineté de Gibraltar qui est en
jeu.&lt;/p&gt;    Pourtant, le ministre britannique de la Défense d'alors, George Younger, ne
l'avoue que timidement : « Tant que le peuple de Gibraltar le voudra, il
demeurera sous drapeau britannique, comme le Premier ministre (le conservateur
John Major, ndr) l'a répété à maintes reprises. [...] mais à raison d'un nombre
limité de bataillons à déployer pour les tâches que nous avons à remplir,
c'était un luxe d'avoir l'un d'entre eux stationnant à un endroit où ce n'est
plus nécessaire » (&lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://books.google.fr/books/about/Gibraltar.html?id=b6SgDQvP3zMC&amp;amp;redir_esc=y&quot;&gt;fiche
du livre&lt;/a&gt;). Joe Bossano, chef du gouvernement gibraltarien de l'époque,
reste tout aussi prudent, saluant simplement « la récupération de terrains
auparavant dévolus à l'armée ». Le chemin de l'indépendance est tortueux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;21 ans après&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un territoire britannique d'outre-mer &amp;quot;officieusement&amp;quot; dans la zone euro, voilà
ce qu'est Gibraltar en 2012. Pour le moins cocasse. Ce morceau de terre qui
compte près de 30000 habitants, est officiellement dans l'Union européenne.
Mais si l'enclave est soumise au droit communautaire, certaines dispositions ne
s'y appliquent point (Politique agricole commune, directives commerciales ou
sur la TVA). Surtout, Gibraltar a peiné à conquérir son droit à participer aux
élections européennes. En 2004, ses citoyens votent pour la première fois...
mais rattachés à la région de l'Angleterre du Sud-Ouest, 2000 km plus au nord.
Allez comprendre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pourtant les Gibraltariens, d'origines britannique, espagnole ou marocaine,
souhaitent très majoritairement l'indépendance de leur territoire. Toutes les
mouvances politiques du cru, des socialistes jusqu'aux conservateurs,
soutiennent l'idée même si c'est avec une véhémence variable. En décembre 2011,
aux élections générales, la vigueur démocratique est palpable avec 82,52 % de
participation. « Du jamais vu depuis 1980 », selon le &lt;em&gt;Gibraltar
Chronicle&lt;/em&gt; (&lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.chronicle.gi/headlines_details.php?id=23441&quot;&gt;article&lt;/a&gt;). Le Parti
travailliste-socialiste du Gibraltar (GSLP), qui considère ouvertement que la «
décolonisation n'est pas terminée à Gibraltar », remporte, allié aux libéraux,
10 sièges sur un total de 17 (!) au Parlement. De fait, Gibraltar fait toujours
partie de la liste des seize territoires &amp;quot;non autonomes&amp;quot; ou &amp;quot;non décolonisés&amp;quot;
répertoriés par l'ONU (&lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.journaleuropa.info/&quot;&gt;publié dans Europa n°32&lt;/a&gt;).</description>
    
    
    
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    <title>Sports à la télévision : un droit fondamental</title>
    <link>http://www.thibaultdumas.fr/post/2012/01/28/Sports-%C3%A0-la-t%C3%A9l%C3%A9vision-%3A-un-droit-fondamental</link>
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    <pubDate>Sat, 28 Jan 2012 14:35:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Thibault Dumas, Julian Jappert</dc:creator>
        <category>Société</category>
        <category>Al-Jazira</category><category>Football</category><category>Le Monde</category><category>Médias</category><category>Sport</category><category>Sport et Citoyenneté</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.lemonde.fr/sport/article/2012/01/27/sports-a-la-television-un-droit-fondamental_1635696_3242.html&quot;&gt;
&lt;img title=&quot;Publié en ligne par Le Monde avec Sport et Citoyenneté&quot; style=&quot;margin: 0 0 0em 0.75em; float: right;&quot; src=&quot;http://www.thibaultdumas.fr/public/Theme/lemonde.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;img title=&quot;Johan Cabaye évoluant avec le LOSC © AFP&quot; style=&quot;margin: 0 0.75em 0em 0; float: left;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.thibaultdumas.fr/public/Photos/Yohan-Cabaye.jpg&quot; /&gt;Les Argentins en ont rêvé, le gouvernement
argentin l'a fait. Le 20 août 2009, la présidente Cristina Kirchner a signé un
accord avec la Fédération argentine de football (AFA), concédant pour une
décennie la diffusion de la première division argentine à la télévision
publique. Mme Kirchner n'a pas fait les choses à moitié, à l'époque, quitte à
verser dans le populisme. 110 millions d'euros alignés par l'État, grand raout
aux côtés de Diego &amp;quot;&lt;em&gt;El Pibe de Oro&lt;/em&gt;&amp;quot; Maradona, trémolos dans la voix et
comparaison avec la dictature militaire de 1976-1983 : « Ils te
séquestrent les buts jusqu'au dimanche comme ils te séquestrent les images et
les mots. Comme ils ont séquestré trente mille Argentins ». Mais seule
compte la vérité du terrain : désormais tous les argentins peuvent voir à la
télévision, sans verser un centime, le &lt;em&gt;clásico&lt;/em&gt; opposant à Buenos Aires
Boca Juniors à River Plate.&lt;/p&gt;    &lt;strong&gt;De la fragmentation à la privatisation&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La France est elle poussée par des vents contraires. L'arrivée d'&lt;em&gt;Al-Jazira
Sports&lt;/em&gt; en 2011 a chamboulé la sphère médiatique hexagonale, en matière de
diffusion sportive. En juin, le groupe a acquis la diffusion télévisée de deux
matchs de Ligue 1 par week-end pour la période 2012-2016 moyennant 90 millions
d'euros. En décembre, &lt;em&gt;Al-Jazira&lt;/em&gt; a récidivé avec l'achat de cent
trente-trois rencontres de &lt;em&gt;Champion's League&lt;/em&gt; contre 61 millions
d'euros de 2012 à 2015. A la fin de janvier, la future chaîne - lancement au
printemps - a ajouté à son tableau de chasse les six matches de Ligue 1 en
paiement à la carte chaque week-end. Coût ? 240 millions d'euros, étalés
sur les quatre ans à venir. Désormais, le diffuseur qatari lorgne sur les
droits télévisés de l'Euro 2012 de football, pas encore attribués, ainsi que
sur ceux des Jeux olympiques de Londres, que &lt;em&gt;France Télévisions&lt;/em&gt;
pourrait rétrocéder en partie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement vers un monopole (payant) de la diffusion du sport semble
inéluctable. Car, outre le jeu de domino ou de Monopoly, c'est selon, qui fait
rage avec &lt;em&gt;Canal +&lt;/em&gt; - diffuseur historique du sport sur chaîne(s)
payante(s) - Al-Jazira a substitué à la fragmentation la privatisation. La
&lt;em&gt;Champion's League&lt;/em&gt; - sans TF1 - ne sera donc plus diffusée en clair,
dès la saison prochaine. Première pierre à l'édifice d'un sport sans le peuple
devant le petit écran ? « L'arrivée d'&lt;em&gt;Al-Jazira&lt;/em&gt; dérègle le
marché. Chacun se rabat sur la corbeille des autres », a expliqué, acide,
Daniel Bilalian, patron des sports de &lt;em&gt;France Télévisions&lt;/em&gt;, tout en
mettant en avant la « mission de service public » que constituait la
télédiffusion des événements sportifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Car, si la télévision constitue le nœud gordien du sport spectacle, elle
demeure le garant d'un sport accessible à tous dans son expression
professionnelle. Or, une &amp;quot;fracture cathodique&amp;quot; se dessine entre des &amp;quot;nantis&amp;quot;
abonnés au trop-plein sportif télévisuel et une majorité de la population,
sevrée. « Sur les cent mille heures de programmes sportifs diffusés en
2010, 98 % ont été proposées sur des chaînes payantes », notait déjà le
CSA dans son rapport &amp;quot;Sport et télévision&amp;quot; de 2011 (&lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.csa.fr/Etudes-et-publications/Les-dossiers-d-actualite/Sport-et-television-de-nouveaux-defis-pour-le-regulateur&quot;&gt;étude
complète&lt;/a&gt;). La césure sociale déjà constatée sur les sièges des stades se
profile sur les canapés ainsi qu'un glissement accéléré du spectateur citoyen
vers le simple consommateur (fortuné).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&amp;quot;Télévision sans frontières&amp;quot;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Grande-Bretagne, contrée de l'omnipotent groupe &lt;em&gt;British Sky
Broadcasting&lt;/em&gt;, de Rupert Murdoch, a déjà emprunté ce chemin. Après
l'accaparement payant du football, symbolisé par la naissance de la &lt;em&gt;FA
Premier League&lt;/em&gt; en 1992, &lt;em&gt;BskyB&lt;/em&gt; a aligné 300 millions de livres à
la fin de 2009 pour s'offrir la diffusion exclusive et payante du cricket
anglais pour quatre ans (une récurrence !). Plus de télédiffusion gratuite des
mythiques &lt;em&gt;Ashes&lt;/em&gt;, série de matchs entre l'équipe d'Angleterre et
l'équipe d'Australie, ni de la Coupe du monde. Face à cette confiscation
télévisuelle, le mouvement &lt;em&gt;Keep Cricket Free&lt;/em&gt; avait émergé, arguant que
le cricket était à protéger comme « les bijoux de la couronne ». En
vain. La contestation a été engloutie par la lassitude face à la toute
puissance de &lt;em&gt;Sky&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pourtant une idée reste. Intégrer dans les ventes de lots (matchs, résumés)
l'obligation de diffuser les événements sportifs majeurs, et ce quelle que soit
la discipline, en clair, sans abonnement, comme c'est le cas par exemple pour
ceux de l'équipe de France de football avec TF1. Ce principe a été gravé dans
le marbre par la directive européenne &amp;quot;Télévision sans frontières&amp;quot; de 1989,
révisée en 1997 puis en 2007 (&lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://europa.eu/legislation_summaries/audiovisual_and_media/l24101_fr.htm&quot;&gt;fiche
législative&lt;/a&gt;). Chaque pays membre de l'UE peut ainsi prendre des mesures
pour que les télévisions « ne retransmettent pas d'une manière exclusive
des événements que cet État juge d'une importance majeure pour la société d'une
façon qui prive une partie importante du public dudit État membre de la
possibilité de suivre ces événements en direct ou en différé sur une télévision
à accès libre ». Ainsi, il « établit une liste dans laquelle sont
désignés les événements, nationaux ou non, qu'il juge d'une importance majeure
pour la société ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'importance ne signifie pas mécaniquement l'audience, il en va aussi de la
diversité des sports télédiffusés - une mission de service public symbolisée
par le slogan de &lt;em&gt;France Télévisions&lt;/em&gt;, &amp;quot;le plus grand terrain de sport&amp;quot;.
Il est grand temps que la Commission européenne fasse appliquer ce droit
fondamental pour les citoyens du Vieux Continent au lieu de simplement pointer
&amp;quot;l'accumulation des droits exclusifs&amp;quot; qui va à l'encontre de la
« concurrence libre et non faussée ». A l'État français de défendre
une liste exigeante d'événements sportifs &amp;quot;protégés&amp;quot; plutôt que de déplorer
officiellement une « harmonisation européenne » ou de saluer
officieusement la dynamique économique que représente leur revente. Seuls vingt
et un événements du sport sont sanctuarisés à ce jour (&lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000786247&quot;&gt;décret
du 22 décembre 2004&lt;/a&gt;), dont certains ont tout de même été diffusés sur
chaîne payante, comme la finale du championnat d'Europe de handball 2006 sur
&lt;em&gt;Canal +&lt;/em&gt;. Qu'en sera-t-il avec &lt;em&gt;Al-Jazira&lt;/em&gt; ? (&lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.lemonde.fr/sport/article/2012/01/27/sports-a-la-television-un-droit-fondamental_1635696_3242.html&quot;&gt;article
publié en ligne par Le Monde avec Sport et Citoyenneté&lt;/a&gt;)</description>
    
    
    
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    <title>La vie du MIN</title>
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    <pubDate>Mon, 26 Dec 2011 10:37:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Thibault Dumas</dc:creator>
        <category>Social</category>
        <category>A Nantes</category><category>Commerçe</category><category>MIN</category><category>Nantes</category><category>Économie</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.a-nantes.net/&quot;&gt;&lt;img title=&quot;Publié dans A Nantes n°4&quot; style=&quot;margin: 0 0 0em 0.75em; float: right;&quot; src=&quot;http://www.thibaultdumas.fr/public/Theme/anantes.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;img title=&quot;Dans le grand hall du marché d’intérêt national de Nantes © Thibault Dumas&quot; style=&quot;margin: 0 0.75em 0em 0; float: left;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.thibaultdumas.fr/public/Photos/MIN.jpg&quot; /&gt;4 heures, un froid matin de novembre. La nuit est
noire, la lune brille à peine, seuls les lampadaires et les feux tricolores
illuminent la chaussée. Nantes est désert. Pourtant, un étrange balai se met
doucement en place du côté de l'île Beaulieu. Des camions et des utilitaires
par dizaines convergent irrémédiablement vers l'entrée du Marché d'intérêt
national (MIN) de Nantes, tels des abeilles vers une ruche. Une nuée blanche
qui s'agglutine devant les barrières du 58 Boulevard Gustave Roch, entraînant
l'engorgement temporaire des rues avoisinantes. Pas d’énervement mais de la
concentration sur les visages au hâle encore gris de ces conducteurs nocturnes.
Le marché aux fruits et aux légumes va débuter dans quelques minutes, à 5
heures précises - plutôt 4h55 aux dires des habitués. Patrice Mariot, le
responsable de marché, et Christophe Courant, employé en charge de l'accueil
(par roulement), sont postés devant la cahute d'entrée. Les barrières oranges
se lèvent. « Voilà, le marché est ouvert, maintenant, ils vont tous aller faire
leurs achats », dit calmement Patrice, « Vous entrez dans une &amp;quot;ville dans la
ville&amp;quot;, comme on dit », ajoute Christophe.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Du Champ à l'île&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le MIN n'a pas toujours été là, au sud de l'ancienne gare SNCF de
Nantes-État, sur l'île Beaulieu. Naguère, le marché au gros occupait le Champ
de Mars, de sa création, à la fin des années 1930, jusqu'à son déménagement
définitif en mai 1969. Son classement d’intérêt national - sous la dénomination
officielle de &amp;quot;marché de la Gare de Nantes&amp;quot; - date, lui, d’août 1965.
Désormais, il s'étend sur 20 hectares, une surface vertigineuse de laquelle on
peut entre-apercevoir, par bribes, l'histoire de Nantes, de la vieille usine
&lt;em&gt;Béghin-Say&lt;/em&gt; jusqu'aux nouveaux bâtiments de &lt;em&gt;La Fabrique&lt;/em&gt;. 43
ans d'existence, ici, entre deux bras de Loire, pour se hisser au deuxième rang
national des marchés en gros alimentaires, dès le milieu des années 1970,
derrière Rungis (Val-de-Marne), premier au monde dans le domaine des produits
frais. Car le MIN de Nantes n'est pas que le &amp;quot;ventre&amp;quot; de la Loire-Atlantique,
c'est le grenier à victuailles de tout l'Ouest de la France.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce qu'un marché d’intérêt national ?&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;C'est l'ordonnance du 1er octobre 1953 qui a impulsé « L'organisation d'un
réseau de marchés d’intérêt national ». Le code de commerce définit, à son
article L761-1, les MIN comme « des services publics de gestion de marchés,
dont l’accès est réservé aux producteurs et aux commerçants, qui contribuent à
l’organisation et à la productivité des circuits de distribution des produits
agricoles et alimentaires, à l’animation de la concurrence dans ces secteurs
économiques et à la sécurité alimentaire des populations ». On compte 17
plate-formes de ce type en France, membres de la Fédération française des
marchés d'intérêt national (FFMIN).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
52 000 tonnes de marchandises brassées en 2008 pour un chiffre d'affaires de
547 millions d'euros, « Des chiffres stables depuis une décennie, en légère
progression d'une année sur l'autre », précise-t-on du côté de la SEMMINN
(Société d'Economie Mixte pour la construction et la gestion du MIN de Nantes),
qui compte seulement dix-neuf employés. « Ah, c'est sûr que c'est bien moins
qu'à une époque ! », s'exclame l'un d'eux. Les actionnaires publics sont
majoritaires donc, Nantes Métropole et le département de la Loire-Atlantique en
tête, chacun à hauteur de 28%. Ce qui induit un pilotage bicéphale, avec un élu
qui préside (en l’occurrence Alain Robert, adjoint au Maire de Nantes en charge
de l'urbanisme, du logement, du commerce et de l'artisanat) et un directeur
général qui dirige au quotidien (Antoine Crimé). Ce dernier, en poste depuis
1988, affirme que « le statut de société d'économie mixte est important, car
c'est un statut de droit privé avec la déontologie de gestion d'un organisme
public. A Nantes, le MIN est une délégation de service public qui n'use pas
d'argent public, et ce depuis plus de 20 ans ». La concession court, elle,
jusqu'en octobre 2058 (!).
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un ballet coloré&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant, ça grouille dans les allées et les rayons où près de 1200
producteurs-vendeurs et 3500 acheteurs se pressent tous les jours, sauf le
dimanche - les &amp;quot;pics&amp;quot; commerciaux étant les journées du mardi, du jeudi et du
vendredi. Certains travaillent sur le MIN depuis plus de quarante ans. Sous les
toits de la grande halle centrale en U, les camionnettes, les chariots
élévateurs, les piétons, les vélos et même les charrettes se croisent et se
dépassent, chargent et déchargent à une vitesse effrénée. Mais où courent-ils
dans cet impressionnant ballet coloré ? « Vous avez des numéros au sol pour les
producteurs-vendeurs et pour les acheteurs. Il y a une liste et chacun sait qui
est sur quel emplacement, donc il n'y a pas d'erreur de livraison », répond
Patrice Mariot, l'homme qui résout les grands maux et les petits tracas du
quotidien au MIN. Physique imposant, cheveux gominés, gilet jaune, ce
trentenaire est intarissable sur &amp;quot;son&amp;quot; marché qu'il arpente depuis 16 ans
maintenant. « Avec les années, je connais tous les véhicules et leurs
occupants, certains ont plus de 40 ans de marché derrière eux. C'est un peu
comme sur un petit marché de village, en plus grand », glisse-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauf que l'on entend plus le claquement des palettes et le vrombissement des
véhicules que le brouhaha des commerçants. On négocie toujours ferme, au-dessus
des petites tables où sont apposés les registres commerciaux, mais le métier a
changé. La télécommunication a pris le pas sur l'improvisation, même si l'on
préfère toujours &amp;quot;voir le produit&amp;quot;. « Il y a moins de contacts humains
qu'avant. Maintenant, on passe les commandes par téléphone ou Internet. On
vient juste chercher la marchandise, c'est moins convivial », regrette Pascal
Brianceau, gardien et pompiste à la station-service située à l'entrée du MIN. «
Dans le temps, c'était l’effervescence, on mangeait des steak-frites et des
entrecôtes à 6h du matin dans les cafés », confirme une employée du
&lt;em&gt;Mariamin&lt;/em&gt;, l'un des trois points de restauration du site. &lt;em&gt;Le
Mariamin&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Le Lève tôt&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;La Palette&lt;/em&gt;, des cafés qui
demeurent primordiaux pour le fonctionnement de cette micro-société, selon
Patrice Mariot, « Les cafés sont très stratégiques, très importants. C'est
convivial mais on y fait aussi des affaires ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;object id=&quot;flash&quot; data=&quot;http://www.flickr.com/apps/slideshow/show.swf?v=109615&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; style=&quot;margin: 0 0 0em 0.75em; float: right;&quot; height=&quot;200&quot; width=&quot;300&quot;&gt;&lt;param name=&quot;flashvars&quot; value=&quot;offsite=true&amp;amp;lang=en-us&amp;amp;page_show_url=%2Fphotos%2F7435670%40N03%2Fsets%2F72157628538944317%2Fshow%2F&amp;amp;page_show_back_url=%2Fphotos%2F7435670%40N03%2Fsets%2F72157628538944317%2F&amp;amp;set_id=72157628538944317&amp;amp;jump_to=&quot; /&gt;
&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.flickr.com/apps/slideshow/show.swf?v=104087&quot; /&gt;
&lt;param name=&quot;allowFullScreen&quot; value=&quot;true&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;strong&gt;Flux tendu et
saisonnalité&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Néanmoins, on aurait tort d’en rester à l'image d’Épinal de l'immense marché
aux fruits et légumes s'animant au petit matin. De fait, le commerce ne
s'arrête jamais, « Tout arrive par camion de toute la France, et même de toute
l'Europe, en permanence », selon Bernard, chauffeur de poids lourd. Un cycle
infernal qui débute la veille au soir, à partir de 20h, avec
l’approvisionnement en poissons et fruits de mer du Pavillon de la marée. Une
tour à glace jouxte même le bâtiment pour conserver au frais les denrées
arrivées des ports de la région : La Turballe, Le Croisic ou
Saint-Gilles-Croix-de-Vie. Quand le bâtiment se vide, aux alentours de 5h du
matin, ce sont les allées Nord, Sud et Ouest du marché aux fruits et légumes -
emplies pendant la nuit - qui s'agitent. Jonathan Macé, dynamique jeune homme
de 27 ans, responsable d'achats à &lt;em&gt;Provinces Bio&lt;/em&gt;, explique : « On
arrive de bonne heure pour préparer la marchandise. Puis il y a la vente,
jusqu'à 8 heures, et ensuite l’expédition ». Les mains sur les cageots pendant
la nuit, le micro casque vissé sur la tête pendant la journée, la
spécialisation a laissé place à la polyvalence , autre évolution sur le marché
au gros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'autre bout du site, dans la zone d'extension ouverte en 1989, les
supermarchés professionnels (&lt;em&gt;Promo Cash&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Bergerac&lt;/em&gt;...) sont
déjà ouverts depuis 5h30, tout comme les 9 magasins du marché aux fleurs. Du
commerce en flux tendu, en continu. Des 95 entreprises que compte le MIN, il y
en a toujours au moins une en activité. L'activité économique fluctue en
fonction de la &amp;quot;saisonnalité&amp;quot; des produits. « On vit beaucoup avec le temps »,
confirme un intérimaire, arrivé au petit matin à vélo. Les semaines qui
précèdent Noël, le jour de l'an, la Saint-Valentin, Pâques, la fête des Mères
ou des Pères sont particulièrement fastes. Avec deux hantises, néanmoins : une
grève des routiers, qui paralyserait le transport ou une météo exécrable, qui
rendrait les routes impraticables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Travail à l'envers&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce rythme infernal fatigue les hommes - majoritaires - et les femmes des
étals. La vie est éprouvante ici et on ne s'en cache pas. « Ce sont des métiers
très durs, on est &amp;quot;à l'envers&amp;quot; par rapport aux gens qui travaillent dans les
bureaux », reconnaît Monsieur Mariot, le responsable de marché, « et comme
c'est très difficile au niveau physique, on est assez soudés. Tout le monde est
concurrent mais tout le monde travaille ensemble, particulièrement ici ». Une
chaleur humaine qui se dégage invariablement des &amp;quot;gueules&amp;quot; du MIN. Marc
Laumonnier est responsable de la filiale nantaise de &lt;em&gt;FleuraMetz&lt;/em&gt;,
grossiste néerlandais en fleurs. Ancien commercial, la quarantaine grisonnante,
il a ouvert son magasin - forcément multicolore - en avril dernier, et ne le
regrette en rien : « Tout le monde se connaît, c'est une espèce de petite ville
ou de grand quartier. On rencontre toujours les mêmes personnes et on a une
relation particulière avec nos clients. J'aime cela, sinon je ne me lèverais
pas à 3h30 du matin ».&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;strong&gt;Bientôt le grand déménagement ?&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Dans les colonnes de &lt;em&gt;Presse Océan&lt;/em&gt;, le 2 novembre dernier, Alain
Robert, président de la SEMMINN, a confirmé la forte probabilité d'un
déménagement du MIN au sud- Loire, « Rien n'est décidé. Mais les différentes
études qui ont été réalisées montrent que les installations sont obsolètes
alors que la métropole a besoin d'une plate-forme dynamique. Par ailleurs, une
délocalisation totale semble préférable à une partition des activités ». En cas
de déménagement, c'est le site de la Brosse, à Rezé, qui semble tenir la
corde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Antoine Crimé, directeur général de la SEMMINN, répond à ces supputations :
« Aujourd'hui, il n'y a pas de financements, notamment pour dédommager les
entreprises qui sont actuellement sur le site de l'île de Nantes. Donc, on est
loin de la coupe aux lèvres, on est dans l'effet d'annonce. Le problème, c'est
que les effets d'annonce freinent le développement économique sans faire
avancer sur le fond du problème. Car, aujourd'hui, il n'y a pas une étude de
faite, pas un projet de financé. ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monsieur Crimé met également en avant la bonne santé financière des
entreprises du MIN et la pertinence de son emplacement actuel, « Si l'on
regarde les exemples européens de Lisbonne et Rome, avec des marchés
professionnels en marge des villes, ça ne marche pas. Le MIN est un outil de
logistique urbaine, donc, si on massifie les arrivages dans une zone d'arrivage
proche du centre ville, c'est pertinent ».&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
Outre son humanité, ce qui rend le lieu si attachant pour ceux qui y
travaillent, c'est sa diversité - &amp;quot;L'expertise des diversités&amp;quot;, est d'ailleurs
le slogan de la SEMMINN. Au détour d'un hangar, en gravissant quelques marches,
puis en entrouvrant une porte, on se retrouve transporté à l'autre bout du
monde. C'est la mûrisserie à bananes, qui perpétue une tradition commerciale
initiée après 1945 par le Hangar à bananes, situé à 500 mètres à l'Ouest du
MIN. Christian travaille depuis un an sur la chaîne de conditionnement de
&lt;em&gt;Fruidor&lt;/em&gt;. Avec le sourire, il nous explique un processus... étonnant. «
Quand les bananes arrivent de la Martinique, de la Guadeloupe ou de la Côte
d'Ivoire, elles ne sont pas encore mûres, elles sont vertes. Donc, ici, on a un
système de &amp;quot;coloriage&amp;quot;. Les bananes restent une à deux semaines dans les
chambres qu'on appelle mûrisseries ». Une fois jaunes (mais pas trop), les
fruits sont emballés pour alimenter toutes les grandes chaînes d'hypermarchés
de la région. Plus de 38 000 tonnes de bananes sortent chaque année de ces
murs.
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le tri à tout prix&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des chiffres qui donnent le vertige et qui interrogent : y at- il un gâchis
inéluctable sur une plate-forme agroalimentaire de la taille du MIN ? Une idée
reçue, pour Patrice Mariot : « Tout ce qu'on peut recycler, on le recycle. Le
bois, le carton, le plastique, l'organique. Le tri sélectif, cela fait plus de
10 ans qu'on est vraiment à fond dedans ». Ici, on ne badine pas avec ces
principes. Tout ce qui n'est pas vendable et plus consommable doit être mis
dans des 34 caisses appelées &amp;quot;palox&amp;quot;. Dans le cas contraire, la société
contrevenante s'expose à une &amp;quot;taxe de destruction des déchets commerciaux&amp;quot; - de
173 à 258 euros par tonne suivant la provenance des produits, hors taxes. Il
incombe à l'inspecteur Moriot de trouver le(s) fautif(s), à partir des numéros
présents sur les cagettes, cagots et autres palettes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui est des invendus encore consommables, c'est le Secours Populaire
qui prend le relais. L'antenne a été créée sur le marché au gros il y a 12 ans,
avec comme figure tutélaire &amp;quot;le vieux&amp;quot;. Volubile, drôle et remuant, ce petit
homme à lunettes conte les débuts difficiles du Secours Pop' sur le marché au
gros, « Les gens n'étaient pas habitués à voir des associations sur le MIN. Ça
s'est fait petit à petit, avec un gros coup de main des gars de la &amp;quot;benne&amp;quot;, les
employés qui ramassent tout ce qui traîne à droite et à gauche ». Avec le
temps, la dizaine de bénévoles de l'association s'est intégrée dans le paysage,
avec l'efficacité en prime, « Au maximum, nous avons récolté 500-600 tonnes de
fruits et légumes par an pour en distribuer entre 350 et 400 tonnes. Désormais,
on trie mieux, donc on redistribue plus par rapport au tonnage récolté ».
Pendant que le camion flanqué de l'inscription &amp;quot;Secours Populaire Français&amp;quot;
finit d'être chargé, les premiers rayons de soleil font leur apparition. Le
jour se lève mais l'atmosphère est celle d'une fin de journée. Trompeur. La
&amp;quot;ville dans la ville&amp;quot; ne dort (quasiment) jamais.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>David Beckham à Paris ou la fin de l'équité financière</title>
    <link>http://www.thibaultdumas.fr/post/2011/12/22/David-Beckham-%C3%A0-Paris-ou-la-fin-de-l-%C3%A9quit%C3%A9-financi%C3%A8re</link>
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    <pubDate>Thu, 22 Dec 2011 23:37:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Thibault Dumas, Julian Jappert</dc:creator>
        <category>Société</category>
        <category>Football</category><category>Le Monde</category><category>Paris</category><category>PSG</category><category>Sport</category><category>Sport et Citoyenneté</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.lemonde.fr/sport/article/2011/12/22/david-beckham-a-paris-ou-la-fin-de-l-equite-financiere_1621688_3242.html&quot;&gt;
&lt;img title=&quot;Publié en ligne par Le Monde avec Sport et Citoyenneté&quot; style=&quot;margin: 0 0 0em 0.75em; float: right;&quot; src=&quot;http://www.thibaultdumas.fr/public/Theme/lemonde.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;img title=&quot;David Beckham évoluant avec les Los Angeles Galaxy © AFP&quot; style=&quot;margin: 0 0.75em 0em 0; float: left;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.thibaultdumas.fr/public/Photos/David-Beckham.jpg&quot; /&gt;C'est bien plus qu'un joueur de football
vieillissant, qui vient de signer pour dix-huit mois au Paris Saint-Germain.
David Beckham, 36 ans, est une &amp;quot;marque&amp;quot;, exportable bien au -delà de l'Europe
(particulièrement en Asie) pour le club de la capitale française, racheté par
le fonds &lt;em&gt;Qatar Sports Investments&lt;/em&gt; (QSI) l'été dernier. Déjà, lors de
ses cinq saisons passées en Espagne, au Real Madrid entre 2003 et 2007, le
natif de la banlieue de Londres aurait rapporté la coquette somme de 440
millions d'euros aux Madrilènes en produits divers. Quasiment six fois le
budget du PSG pour la saison 2010-2011, avant son acquisition par les Qataris.
C'est dire si du côté du Parc des Princes, on est désormais sur une autre
planète financière entraînant, de force, l'ensemble du championnat de France
dans une nouvelle galaxie.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;On ne peut que déplorer, comme beaucoup, l'indécence des émoluments du
sportif britannique (estimés à 800 000 euros bruts par mois plus un bonus sur
les produits dérivés qui pourrait atteindre 17 millions d'euros) et relancer le
débat sur le &amp;quot;&lt;em&gt;salary cap&lt;/em&gt;&amp;quot;, un système de salaires plafonnés. Mais les
Qataris s'en moquent. Ils ne rendent pas de comptes, au sens propre comme au
figuré. Là est le nœud du problème.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Pérennité et équité&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sportivement, la France des clubs de football professionnels est en
régression, au coude à coude avec le Portugal pour la 5e place à l'indice UEFA
(53,678 vs 51,596 pour être précis), classement réalisé à partir des résultats
des équipes participants aux compétitions européennes. Financièrement,
l'Hexagone est a contrario plutôt sain, sous le ferme patronage de la Direction
nationale de contrôle de gestion (DNCG). Cet organe de surveillance a pour
objectif d'assurer « la pérennité et l'équité des compétitions » en limitant
l'endettement et le déficit des formations de Ligue 1, Ligue 2 et National
(semi-professionnel). Sanctions à l'appui : du recrutement contrôlé des joueurs
(Lens en 2009) jusqu'à la rétrogradation en division inférieure (Strasbourg en
2011).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La dette cumulée des clubs français est à ce jour de 109 millions d'euros. Bien
loin des 4 milliards d'euros de créances en Espagne ou des 3,5 milliards
d'arriérés en Angleterre. Un fardeau économique qui s'alourdit sans cesse,
frisant l'irrationnel. L'Allemagne est, tout comme la France, rigoureuse en
matière d'endettement de son élite (78 millions d'euros &amp;quot;seulement&amp;quot;). Plus
radicale, elle a adopté la règle unique en Europe du &amp;quot;50 plus 1&amp;quot;. Tout
actionnaire ne peut posséder plus de 49% des droits de votes au sein du club.
Ainsi, l'histoire, la culture et la viabilité de l'association sportive sont
préservées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Fair-play&lt;/em&gt; financier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette régulation stricte - en débat outre-Rhin pour son assouplissement ou
son durcissement - est couplée à une vraie réussite sportive. L'Allemagne des
clubs vient de dépasser l'Italie à l'aune de ce fameux indice UEFA. Désormais
3e, elle pourrait viser la 1re place d'ici cinq ans et être « le plus grand
championnat du monde », comme le proclame Felix Magath, entraîneur allemand
d'une dizaine d'équipes successives en &lt;em&gt;Bundesliga&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Réussir au sein du football européen, oui. Mais en se prémunissant de ces
prédateurs de la finance qui sévissent de Malaga (sud de l'Espagne) jusqu'à
Manchester en passant par Paris. Indispensable pour assurer la &amp;quot;spécificité&amp;quot; du
sport européen, basé sur l'équilibre des compétitions. Veillons à ce que
l'hypertrophie des nouveaux possédants parisiens symbolisée par l'arrivée de
David Beckham n'ébranle pas la rigueur française, cousine de l'allemande et du
&amp;quot;&lt;em&gt;fair-play&lt;/em&gt; financier&amp;quot; porté par l'UEFA. Veillons aussi à ce que le
caractère people, de l'arrivée de l'ex-international anglais, mis en exergue à
outrance, n'éclipse pas son comportement sportif, voire civique, qui a toujours
été irréprochable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Face à l'arrivée de mécènes imprévisibles - l'éviction de l'entraîneur du PSG
Antoine Kombouaré en témoigne, le système « d'actionnaires fidèles et solides
», vanté il y a peu par l'Union des clubs professionnelles de football (UCPF)
en France, doit être pérennisé. Car 50 millions d'euros reversés par le monde
professionnel au monde amateur en 2009-2010 semble dérisoire au vu des
agissements quotidiens du Parc des Princes qatari et de l'argent généré par
l'arrivée de Monsieur Beckham, qui pourrait être réutilisé pour le sport de
masse. Une solidarité forte est indispensable, particulièrement quand
financements publics et privés sont ainsi entremêlés. La mise en place d'un
organisme de contrôle de la gestion des clubs de football européens ainsi
qu'une réglementation communautaire basée sur l'expérience du &amp;quot;50 plus 1&amp;quot; aussi
(&lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.lemonde.fr/sport/article/2011/12/22/david-beckham-a-paris-ou-la-fin-de-l-equite-financiere_1621688_3242.html&quot;&gt;article
publié en ligne par Le Monde avec Sport et Citoyenneté&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.thibaultdumas.fr/post/2011/12/22/David-Beckham-%C3%A0-Paris-ou-la-fin-de-l-%C3%A9quit%C3%A9-financi%C3%A8re#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Entre Eric Abidal et Barcelone, l'idylle est aussi fiscale</title>
    <link>http://www.thibaultdumas.fr/post/2011/12/14/Entre-Eric-Abidal-et-Barcelone%2C-l-idylle-est-aussi-fiscale</link>
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    <pubDate>Thu, 15 Dec 2011 00:05:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Thibault Dumas, Julian Jappert</dc:creator>
        <category>Société</category>
        <category>Espagne</category><category>Football</category><category>Le Monde</category><category>Sport</category><category>Sport et Citoyenneté</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.lemonde.fr/sport/article/2011/12/14/entre-eric-abidal-et-barcelone-l-idylle-est-aussi-fiscale_1618215_3242.html&quot;&gt;
&lt;img title=&quot;Publié en ligne par Le Monde avec Sport et Citoyenneté&quot; style=&quot;margin: 0 0 0em 0.75em; float: right;&quot; src=&quot;http://www.thibaultdumas.fr/public/Theme/lemonde.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;img title=&quot;Eric Abidal lors d'un match contre le Deportivo La Corogne © AFP&quot; style=&quot;margin: 0 0.75em 0em 0; float: left;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.thibaultdumas.fr/public/Photos/Eric-Abidal.jpg&quot; /&gt;Des confettis dorés inondent le ciel de
Londres, l'hymne de la Ligue des champions rugit, la moitié bleu et grenat du
stade de Wembley exulte. En ce 28 mai 2011, Eric Abidal brandit la coupe aux
grandes oreilles, affublé du brassard de capitaine du FC Barcelone. Eric le
Lyonnais devient Eric le Catalan, deux mois quasiment jour pour jour après
l'annonce d'une tumeur au foie. Un conte de fées narré par les
&lt;em&gt;Blaugranas&lt;/em&gt;, une guérison-rédemption saluée par le monde du football.
Le retour à la réalité, ce fut il y a quelques semaines. L'international
français, qui incarne « un nouveau &lt;em&gt;Barça&lt;/em&gt;, plus humain », selon le
directeur sportif du club, Andoni Zubizarreta, hésite à resigner. Comment ? le
fils adoptif devenu prodigue se rebelle ? Officiellement, une sombre histoire
de durée de contrat ; officieusement, une histoire claire de fiscalité.&lt;/p&gt;    Car si l'Union européenne a son arrêt Bosman (Cour de justice des Communautés
européennes, novembre 1995), qui a entraîné la fin des quotas nationaux de
joueurs en Europe, l'Espagne a sa loi Beckham (juin 2005), pour attirer ces
sportifs, libres de leurs mouvements dans l'UE. Un dispositif d'abattement
fiscal qui permet aux travailleurs étrangers gagnant plus de 600 000 euros par
an - et donc à 43 footballeurs sur un total de 60 bénéficiaires - de n'être
imposés qu'à hauteur de 24 % au lieu de 43 % pour les Espagnols, pendant les
cinq premières années de leur résidence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Justement, le contrat du défenseur Eric Abidal allait expirer en juin 2012,
alors qu'il était arrivé en terre catalane cinq ans plus tôt. Les calculatrices
ont vite été dégainées, malgré les dénégations du principal intéressé : « Ce
n'est pas un problème d'ordre financier ». Le numéro 22 du FC Barcelone a
finalement eu sa compensation : trois ans supplémentaires de contrat, contre un
an proposé initialement par le club, et un salaire (inconnu à ce jour) qui
devrait aller bien au-delà des 4,5 millions d'euros bruts perçus par saison
jusqu'alors. Un choix mercantile ? En tout cas, on est bien loin de la romance
contée autour de l'amour du maillot. Abidal le revenant, malgré l'expérience
malheureuse qui a été la sienne, n'a semble-t-il pas pris conscience de la
différence fondamentale entre &amp;quot;l'être&amp;quot; et &amp;quot;l'avoir&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En attendant, l'idylle entre l'&lt;em&gt;España&lt;/em&gt; et les grandes fortunes du
ballon rond continue, elle. La double tentative d'abrogation de la loi Beckham
- ainsi nommée car le joueur anglais fut l'un des premiers à en bénéficier -
par le gouvernement espagnol au cours de l'année 2009, s'est heurtée à
l'insurrection de la &lt;em&gt;Liga Nacional de Futbol Profesional&lt;/em&gt; (LFP), menace
de « la fin d'un championnat de stars » à l'appui. Dans le même temps, en
Angleterre, le taux d'imposition sur les plus hauts revenus (au-delà de 150 000
livres par an) est passé de 40 % à 50 %. Mais les sommes perçues par les
joueurs au titre des droits à l'image ne sont taxés qu'à 2 %, une soupape
financière &amp;quot;utile&amp;quot; pour les clubs et &amp;quot;vitale&amp;quot; pour les footballeurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Concessions plus que contestables par temps austères. Michel Platini, président
de l'UEFA, avait avoué son impuissance au moment du débat (avorté) autour de
l'abrogation de la détaxation espagnole, « l'UEFA n'a aucune emprise sur la
fiscalité qui est du ressort des pays ». Quelques mois auparavant, il avait
même interpellé les ministres des sports des 27 États membres de l'UE : « Ce
n'est pas l'UEFA qui va se charger d'harmoniser la fiscalité européenne ».
Puisque l'Union européenne a désormais une compétence dans le domaine du sport,
qu'elle souhaite tenir compte de ses « spécificités », selon les mots du traité
de Lisbonne, il est temps de passer des textes aux actes. L'équilibre et
l'équité des compétitions européennes devant être un des piliers de cette
spécificité (&lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.lemonde.fr/sport/article/2011/12/14/entre-eric-abidal-et-barcelone-l-idylle-est-aussi-fiscale_1618215_3242.html&quot;&gt;article
publié en ligne par Le Monde avec Sport et Citoyenneté&lt;/a&gt;).&lt;br /&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.thibaultdumas.fr/post/2011/12/14/Entre-Eric-Abidal-et-Barcelone%2C-l-idylle-est-aussi-fiscale#comment-form</comments>
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  <item>
    <title>Les petits dessous du grand écran</title>
    <link>http://www.thibaultdumas.fr/post/2011/12/14/Les-petits-dessous-du-grand-%C3%A9cran</link>
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    <pubDate>Wed, 14 Dec 2011 17:06:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Thibault Dumas</dc:creator>
        <category>Europe</category>
        <category>Cinéma</category><category>Culture</category><category>Europa</category><category>Europe</category><category>États-Unis</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.journaleuropa.info/Formats/Dossiers/Eclats-de-claps/Les-petits-dessous-du-grand-ecran&quot;&gt;
&lt;img title=&quot;Publié dans Europa n°31&quot; style=&quot;margin: 0 0 0em 0.75em; float: right;&quot; src=&quot;http://www.thibaultdumas.fr/public/Theme/europa.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;img title=&quot;Spectateurs pendant la projection d'un film en 3D © Kinepolis&quot; style=&quot;margin: 0 0.75em 0em 0; float: left;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.thibaultdumas.fr/public/Photos/Cinema.jpg&quot; /&gt;Si vous posez votre popotin sur un siège de
cinéma - plus ou moins confortable -, dans une salle d'art et d'essai, vous
pourriez avoir le privilège de voir le logo &lt;em&gt;Europa cinemas&lt;/em&gt; apparaître
à l'écran. Créé en 1992, sur les deniers des Mesures pour encourager le
développement de l'industrie audiovisuelle (programme MEDIA), &lt;em&gt;Europa
cinemas&lt;/em&gt; est le premier réseau de salles à programmer majoritairement des
films européens. Impulsé de France, présidé par le réalisateur français Claude
Miller, il s'étend aujourd’hui bien au-delà des frontières de l'Union
européenne. Aujourd'hui, il intègre des salles obscures des Balkans (Albanie,
Bosnie- Herzégovine, Serbie, Macédoine...) ou même du Caucase (Arménie,
Géorgie...). 45 pays en tout. Vers l'infini et au-delà ! Avec même des
ramifications spécifiques qui naissent en Asie ou en Méditerranée.&lt;/p&gt;    &lt;strong&gt;La grande désillusion&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Mais ce réseau, pour européen et bien intentionné qu'il soit, ne
rassemble &amp;quot;que&amp;quot; 2 109 écrans à ce jour. En comparaison, on comptabilise 13 021
écrans rien que dans les multiplexes et megaplexes de l'UE stricto sensu. David
contre Goliath. Sans compter que le drainage, en terme de fréquentation, de ces
supermarchés du &lt;em&gt;blockbuster&lt;/em&gt; est beaucoup plus important et que leur
nombre est en hausse de 2,4 % en 2010 (&lt;a hreflang=&quot;en&quot; href=&quot;http://www.mediasalles.it/ybk2010/menu_glob_en.html#1&quot;&gt;statistiques de MEDIA
Salles&lt;/a&gt;). Il est à noter que le premier multiplexe (cinéma de plus de 8
salles) a ouvert à Hürth, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, en 1990, tandis que
le premier mégaplex (de plus de 15 salles) était le &lt;em&gt;Kinepolis Madrid&lt;/em&gt;
inauguré en 1988, en Espagne. La massification à l'américaine a donc damé le
pion à l'artisanat à l'européenne, particulièrement au cours de la dernière
décennie du XXe siècle.&lt;br /&gt;
&lt;br style=&quot;font-weight: bold; font-style: italic;&quot; /&gt;
Le classement au rang &amp;quot;d’exception culturelle&amp;quot; du 7e art lors des accords du
GATT (&lt;em&gt;General agreement on tarif and trade&lt;/em&gt;) de 1993 n'était
qu'illusion. Le déficit de la balance commerciale au sujet des exportations
cinématographiques entre l'Europe et les États-Unis était alors de 3 milliards
d'euros en défaveur du Vieux Continent. à ce jour, il se situe aux alentours de
10 milliards d'euros. En 2009, les films provenant d'Outre- Atlantique,
représentaient 67,1 % des entrées en Europe contre 26,6 % pour les films
produits dans les contrées européennes (&lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.euractiv.com/fr/culture/les-films-americains-en-tete-du-box-office-europeen-avant-louverture-du-festival-de-cannes-n&quot;&gt;article
de Euractiv&lt;/a&gt;). La pilule est encore plus amère quand on étudie la part des
films européens vus en dehors de leurs marchés nationaux : 6 %. Des cinémas
européens plutôt qu'un cinéma européen alors ? Si vous avez aperçu le sigle
&lt;em&gt;Europa cinemas&lt;/em&gt; dans une salle obscure, votre derrière est bien
chanceux ou vous êtes un remarquable connaisseur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Europe hates cinema ?&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pourtant les dispositifs institutionnels de soutien aux bobines européennes
existent, encore. Le programme MEDIA, sous-titré &lt;em&gt;Europe loves cinema&lt;/em&gt;
(sans commentaire), est doté de 755 millions d'euros pour la période 2007-2013,
soit un budget multiplié par quatre depuis sa création. Ainsi, la Commission
européenne finance à peu près 300 films européens par an. De son côté, le
Conseil de l'Europe chapeaute &lt;em&gt;Eurimage&lt;/em&gt;, fonds pour la coproduction, la
distribution et l'exploitation de films européens créé en 1989. Environ 250
longs-métrages ont été soutenus l'année passée pour une enveloppe de 21
millions d'euros. C'est justement au niveau &amp;quot;brouzouf&amp;quot; que l'avenir se dessine
en pontillés. Un comble alors que la pellicule européenne tend à se faire
supplanter par l'étasunienne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Trois cinéastes lauréats de la Palme d'or, Costa-Gavras (Franco-grec, Porté
disparu), Théo Angelopoulos (Grec, L’Éternité et un jour) et Cristia Mungi
(Roumain, 4 mois, 3 semaines, 2 jours) ont récemment interpellés Bruxelles à ce
sujet. à l'issue d'une rencontre avec ces indignés des salles obscures, José
Manuel Barroso, président de la Commission européenne, a fait dans la langue de
bois : « Les rumeurs selon lesquelles nous aurions l'intention de supprimer ce
programme [MEDIA] ou d'en réduire l'enveloppe financière sont totalement
infondées. » Rappelons que la culture représente 0,31 % du budget de l'Union
européenne... « L'Europe a plus besoin de son cinéma que le cinéma d'Europe »,
note, perfide, le réalisateur allemand Wim Wenders. Mais vers où vogue-t-il, ce
&amp;quot;27e art&amp;quot; ?(&lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.journaleuropa.info/Formats/Dossiers/Eclats-de-claps/Les-petits-dessous-du-grand-ecran&quot;&gt;publié
dans Europa n°31&lt;/a&gt;).</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>La vie était belle</title>
    <link>http://www.thibaultdumas.fr/post/2011/12/10/La-vie-%C3%A9tait-belle</link>
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    <pubDate>Sun, 11 Dec 2011 11:12:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Thibault Dumas</dc:creator>
        <category>Europe</category>
        <category>Cinecittà</category><category>Cinéma</category><category>Culture</category><category>Europa</category><category>Italie</category><category>Médias</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.journaleuropa.info/Formats/Dossiers/Eclats-de-claps/La-vie-etait-belle&quot;&gt;
&lt;img title=&quot;Publié dans Europa n°31&quot; style=&quot;margin: 0 0 0em 0.75em; float: right;&quot; src=&quot;http://www.thibaultdumas.fr/public/Theme/europa.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;img title=&quot;Balayeur dans les studios de la Cinecittà © Gettyimages&quot; style=&quot;margin: 0 0.75em 0em 0; float: left;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.thibaultdumas.fr/public/Photos/Cinecitta.jpg&quot; /&gt;Et la &lt;em&gt;Cinecittà&lt;/em&gt; brûla. Un dépôt de
matériel, un court-circuit, des flammes hautes de 30 à 40 mètres et 4 000 m2 de
studios qui partent en fumée sur les 40 hectares que compte l'antre mythique du
cinéma italien. Bien sûr, cette nuit ravageuse du 9 au 10 août 2007 ne marque
pas matériellement la fin de l'Italie sur grand écran mais le symbole est fort,
l'image crépusculaire. Car le cinéma transalpin fut grand, immense, écrasant le
Vieux Continent de sa superbe. Les studios de la &lt;em&gt;Cinecittà&lt;/em&gt; fêteront en
avril 2012 leurs 75 ans d'existence, pour 4 000 films produits. &amp;quot;L'usine à
rêves&amp;quot; a été érigée en 1937 dans le sud-est de Rome, coincée entre autoroutes
et rails. D'inspiration mussolinienne, l'idée d'un lieu majeur de création
culturelle populaire ne devint succès qu'après la seconde guerre mondiale... et
la disparition du régime fasciste.&lt;/p&gt;    &lt;strong&gt;Au nom du peuple transalpin&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Les bobines italiennes éblouirent alors l'Europe, notamment par
le biais du néo-réalisme, ce « regard globalisant et totalisant qui cherche à
embrasser le territoire italien dans son extension maximum [...] et à montrer
comment un peuple peut devenir protagoniste d'un gigantesque récit ininterrompu
», selon l'encyclopédiste du cinéma italien Gian Piero Brunetta (&lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.thibaultdumas.fr/post/2011/12/10/www.persee.fr/articleAsPDF/colan_0336-1500_1984_num_61_1_1638/article_colan_0336-1500_1984_num_61_1_1638.pdf&quot;&gt;ouvrage
complet&lt;/a&gt;). En figure de proue, &lt;em&gt;Rome, ville ouverte&lt;/em&gt; (1945) de
Roberto Rossellini ou &lt;em&gt;Sciuscià&lt;/em&gt; (1946) de Vittorio de Sica.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A chaque décennie son style influent : comédie à l'italienne dans les années
60, avec &lt;em&gt;Le Fanfaron&lt;/em&gt; de Dino Risi, westerns spaghetti à la sauce
Sergio Leone jusque dans les années 70. Bien plus qu'une école en particulier,
c'est une myriade de genres qui irradia le monde, comprenant notamment une
filière cinématographique franco-italienne symbolisée par Bernardo Bertolucci :
&lt;em&gt;Le Dernier tango à Paris&lt;/em&gt; (1972) et &lt;em&gt;La Grande bouffe&lt;/em&gt; (1973),
co-réalisé avec Marco Ferreri.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Romanzo televisuale&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;La contre-révolution eu lieu par le canal télévisé. « Le
développement des télévisions privées a fait une victime : le cinéma italien
[...]. L'augmentation du nombre des films sur les réseaux privés, des séries
américaines a vidé les salles de cinéma. Le cinéma italien qui était considéré
comme le deuxième du monde, après le cinéma américain, par sa qualité, son
originalité, sa créativité, traverse une crise dramatique », explique Jacques
Mousseau dans son étude La Télévision en Italie2. La botte italienne est
submergée, le grand écran bouffé par le petit. En 1975, 250 films étaient
tournés dans le pays, ils ne furent plus que 97 en 1983. 5 000 salles obscures
fermèrent leurs portes lors des cinq premières années de la décennie 80. Cinéma
populaire et cinéma d'art et d'essai divorcèrent, une cohabitation qui faisait
pourtant la force de l'industrie vert, blanc, rouge de la bobine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Face à l'empire télévisuel tentaculaire de Silvio Berlusconi, c'est la
rébellion des films politiques qui fit vivoter le &lt;em&gt;cinema&lt;/em&gt; des années
90. Symbole de cette opposition, &lt;em&gt;Aprile&lt;/em&gt; (1998) de Nanni Moretti, long
métrage en forme de journal intime. Le réalisateur s’y étrangle devant un débat
opposant &lt;em&gt;Il Cavaliere&lt;/em&gt; à Massimo D'Alema : « C'est une torture, cette
campagne électorale ! », « D'Alema, dis quelque chose de gauche, dis quelque
chose de civique, dis quelque chose, réagis ! » (&lt;a hreflang=&quot;it&quot; href=&quot;http://www.youtube.com/watch?v=zOVg4qwrugU&quot;&gt;extrait du film&lt;/a&gt;).&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
Renflouage à l'italienne&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;La réaction ne fut pas politique mais cinématographique. La
&lt;em&gt;Cinecittà&lt;/em&gt; moribonde a certes brûlé (pour partie), mais les chiffres
sont la. Sur les 10 premiers films du box-office de ces quinze dernières
années, six sont italiens. 141 ont été produits en 2010 et représentent
désormais 32 % des entrées, contre 12 % au début des années 90. Derrière la
locomotive Roberto Benigni (&lt;em&gt;Pinocchio&lt;/em&gt; en 2002, &lt;em&gt;La vita è
bella&lt;/em&gt; en 1997), les wagons populaire et d'auteur tentent de se raccrocher
l'un à l'autre. « Le cinéma doit être de nouveau perçu comme une richesse, et
non comme une dépense inutile, voire une menace », espère Roberto Cicutto,
directeur de la &lt;em&gt;Cinecittà Luce&lt;/em&gt;, institut en charge de l'archivage et
de la promotion du cinéma italien (&lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.journaleuropa.info/Formats/Dossiers/Eclats-de-claps/La-vie-etait-belle&quot;&gt;publié
dans Europa n°31&lt;/a&gt;).</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>ETA : des négociations à la reddition</title>
    <link>http://www.thibaultdumas.fr/post/2011/12/07/ETA%C2%A0%3A-des-n%C3%A9gociations-%C3%A0-la-reddition</link>
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    <pubDate>Wed, 07 Dec 2011 22:25:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Thibault Dumas</dc:creator>
        <category>Europe</category>
        <category>Espagne</category><category>ETA</category><category>Europa</category><category>Histoire</category><category>Pays basque</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.journaleuropa.info/Formats/Articles/ETA-des-negociations-a-la-reddition&quot;&gt;
&lt;img title=&quot;Publié dans Europa n°31&quot; style=&quot;margin: 0 0 0em 0.75em; float: right;&quot; src=&quot;http://www.thibaultdumas.fr/public/Theme/europa.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;img title=&quot;Leopoldo Calvo-Sotel en visite dans le sud de l'Espagne en 1976 © Puerto Menesteo&quot; style=&quot;margin: 0 0.75em 0em 0; float: left;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.thibaultdumas.fr/public/Photos/Leopoldo-Calvo-Sotelo.jpg&quot; /&gt;Janvier 1982. &lt;em&gt;Euskadi ta
Askatasuna&lt;/em&gt; (&amp;quot;Pays basque et liberté&amp;quot;), voilà la signification des trois
lettres de ETA, organisation armée qui lutte pour l'indépendance basque depuis
sa création (clandestine), en 1959. Et en ce début d'année 1982, le conflit
basque connait un tournant. Le deuxième gouvernement de la transition
démocratique en Espagne, dirigé par Leopoldo Calvo-Sotelo, propose l'amnistie
aux combattants de l'ETA , emprisonnés ou pourchassés, en contrepartie de
l'abandon de la violence. Le président du gouvernement central est convaincu
que « le problème du terrorisme n'est pas seulement, comme on le dit
régulièrement, un problème d’État, mais un problème majeur qui menace la
réalité même de l’État ».&lt;/p&gt;    C'est l'amorce des premières négociations entre les deux parties, l'ETA et
l’État espagnol. L'offre de rémission sème la zizanie dans une mouvance
indépendantiste basque déjà troublée par le statut accordé à la Communauté
autonome du Pays basque (&lt;em&gt;Euskadi&lt;/em&gt;) en décembre 1977 et la tenue des
premières élections locales dans la région en mars 1980. « Oui, sans réserves,
ni arrière-pensées, l'autonomie (...). Mais non, certainement pas une approche
légère de l'autonomie qui signifie la dissolution d'une patrie commune forgée
par l'histoire », explique également Calvo-Sotelo (&lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.elimparcial.es/contenido/12552.html&quot;&gt;extraits sur
Elimparcial.es)&lt;/a&gt;. L'effet de cette double stratégie politique - autonomie et
amnistie - est net. L'ETA se scinde définitivement en deux, la branche appelée
&amp;quot;politicomilitaire&amp;quot; s'auto-dissout et rejoint le parti &lt;em&gt;Euskadiko
Ezkerra&lt;/em&gt; (&amp;quot;Gauche basque&amp;quot;). La branche &amp;quot;militaire&amp;quot;, qui garde le nom d'ETA
, continue, elle, la lutte armée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;30 ans après&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Trois hommes cagoulés de blanc et vêtus de noir, un drapeau
basque en arrière-plan, une table ornée de la hache entourée d'un serpent, le
symbole de l'ETA . « ETA a décidé l'arrêt définitif de son activité armée. ETA
lance un appel aux gouvernements d'Espagne et de France pour ouvrir un
processus de dialogue direct qui aura comme objectif la résolution du conflit
et, en conséquence, le dépassement de la confrontation armée », indiquent-ils
dans un communiqué, avant d'ajouter, en ce jeudi 20 octobre 2011 : « à travers
cette déclaration historique, ETA montre son engagement clair, ferme et
définitif ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'organisation a donc mis un &amp;quot;point final au cauchemar&amp;quot; (&lt;a hreflang=&quot;es&quot; href=&quot;http://politica.elpais.com/politica/2011/10/20/actualidad/1319142829_603085.html&quot;&gt;article
de El País&lt;/a&gt;) qui a entraîné la mort de 864 personnes en 43 ans de
terrorisme, principalement en Espagne. Cette reddition est moins le résultat
d'un processus de maturation que la conséquence d'un affaiblissement
progressif. Depuis l'été 2009, l'ETA n'a plus effectué un seul attentat en
France ou en Espagne. Sur les 900 membres que compterait l'organisation, plus
de 750 seraient en prison. Enfin, lors des élections locales de mai 2011, la
nouvelle coalition indépendantiste de gauche &lt;em&gt;Bildu&lt;/em&gt; (&amp;quot;réunir&amp;quot; en
basque) est devenue la deuxième force du Pays basque, avec l'appui des anciens
de &lt;em&gt;Batasuna&lt;/em&gt;, considérée comme la vitrine politique de l'ETA . Selon le
directeur de l'hebdomadaire &lt;em&gt;Cambio 16&lt;/em&gt;, Gorka Landaburu, « le politique
a gagné sur le militaire » (&lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.journaleuropa.info/pdf/Europa_31_BD.pdf&quot;&gt;publié dans Europa
n°31&lt;/a&gt;).</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Vers la fin de la voiture à Nantes ?</title>
    <link>http://www.thibaultdumas.fr/post/2011/11/16/Vers-la-fin-de-la-voiture-%C3%A0-Nantes</link>
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    <pubDate>Wed, 16 Nov 2011 13:52:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Thibault Dumas</dc:creator>
        <category>Social</category>
        <category>A Nantes</category><category>Jean-Marc Ayrault</category><category>Municipales</category><category>Nantes</category><category>Voiture</category><category>Vélo</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.a-nantes.net/&quot;&gt;&lt;img title=&quot;Publié dans A Nantes n°2&quot; style=&quot;margin: 0 0 0em 0.75em; float: right;&quot; src=&quot;http://www.thibaultdumas.fr/public/Theme/anantes.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;img title=&quot;Une voiture et un bus de la TAN à Nantes © Thibault Dumas&quot; style=&quot;margin: 0 0.75em 0em 0; float: left;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.thibaultdumas.fr/public/Photos/Voiture_et_bus.jpg&quot; /&gt;Désormais, on peut &amp;quot;crébilloner&amp;quot; en toute
tranquillité. La flânerie devant les boutiques chics de la rue Crébillon (et de
la place Royale) est depuis le 1er juillet dernier strictement piétonne.
Première pierre à l'édifice d'un centre-ville sans voitures ? Le
calendrier établit par la ville de Nantes le suggère : rénovation du cours
des 50 otages lancée cet été, livraison de la place du Bouffay et de la
promenade Feydeau &amp;quot;piétonnisée&amp;quot; avant la fin de l'année, mise en place d'une
zone à trafic limité en centre-ville mi-2012, sans oublier les réfections de la
place Graslin et de l'esplanade du Château qui courront jusqu'à l'automne 2013.
Ouf. Une entreprise urbaine que Jean-Marc Ayrault, député-maire PS de Nantes,
justifie en ces termes « L’ambition est celle d’un centre-ville animé,
convivial, où il fait bon vivre, flâner, travailler. Où l’on profite pleinement
du charme de notre patrimoine, où l’on fait ses courses en toute tranquillité,
où l’on est protégé des nuisances de la circulation automobile ». Haro sur
la voiture donc, avec en ligne de mire les élections municipales de mars
2014.&lt;/p&gt;    « Le but est effectivement de faire refluer la voiture du centre-ville, pour
que le centre de l'agglomération nantaise ne puisse plus être traversé d'est en
ouest ou du nord au sud par des gens qui l'utilise pour transiter »précise
Raymond Lannuzel, adjoint au maire en charge des Transports, des déplacements
et des travaux à la ville de Nantes, « Il s'agit de réserver cet espace
aux voitures des riverains, des artisans et des commerçants ou pour des
déplacements ponctuels de type médicaux ». Qu'il est le loin le temps ou
le cours des 50 otages, long d'un kilomètre, était une quatre voies
indispensable à la traversé de la Loire - la construction du périphérique
nantais ne fut totalement achevée qu'en 1994. Aujourd'hui le piéton est roi (du
moins en théorie) et l'on souhaite rediriger les flux automobiles vers les
grands axes intérieurs de la première couronne comme les boulevards Schumann ou
de l’Égalité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;strong&gt;Nantes, ville la plus embouteillée de France...&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Ralentissements moyens constatés sur les axes routiers intra-muros. Étude
TomTom de novembre 2010 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;• Nantes 42,4%&lt;br /&gt;
• Orléans 36,9%&lt;br /&gt;
• Toulouse 35,6%&lt;br /&gt;
• Bordeaux 33,9%&lt;br /&gt;
• Grenoble 33,7%&lt;br /&gt;
• Villerbaune 33,7%&lt;br /&gt;
• Lyon 33,6%&lt;br /&gt;
• Brest 33,1%&lt;br /&gt;
• Argenteuil 33%&lt;br /&gt;
• Caen 32,5%&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
Face sombre de ces desseins pédestres, une ville embouteillée, engorgée,
saturée. Pas seulement une impression d'automobiliste aigri si l'on en croit
une étude publiée par la société de guidage par satellite Tom-Tom fin 2010 pour
Ouest-France et Auto-Plus (&lt;a href=&quot;http://www.thibaultdumas.fr/public/Documents/Classement_des_villes_francaises_embouteillees.xls&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;classement complet&lt;/a&gt;). Avec 42,4% de voies routières
congestionnées quotidiennement, la préfecture de Loire-Atlantique, stricto
sensu, serait la ville la plus bouchonnée de France, rivalisant même avec les
mégalopoles européennes les moins bien loties en matière de circulation
(Bruxelles, Varsovie, Londres). Du coté des services de l’Hôtel de Ville, on
reconnaît « un manque de communication » sur les aménagements
routiers entamés cet été, avec la promesse d'« y remédier » dans les
mois à venir. Simple souci d'information ? Sophie Jozan, conseillère
municipale d'opposition du groupe Ensemble pour Nantes, est bien plus
sévère  « Ce n'est pas un problème de communication. La réalité
est que sur ces aménagements on navigue à vue. Il y a des rues déjà encombrées
que l'on remet en double sens. On considère que l'on peut reporter la
circulation sur des axes qui sont déjà saturés ».&lt;br /&gt;
&lt;br style=&quot;font-weight: bold;&quot; /&gt;
&lt;strong&gt;Antagonismes urbains et sociaux&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Historiquement, la situation géographique de Nantes - sur l'estuaire de la
Loire - en fait un haut lieu de fréquentation automobile. Le périphérique
nantais est le deuxième plus long de France (43km contre 45km à celui de
Bordeaux) et le pont de Cheviré, devenu un échangeur majeur entre la Bretagne
et le Sud-ouest de la France (voire entre la Grande-Bretagne et l’Espagne), est
emprunté chaque jour par 90 000 véhicules. Il faut ajouter à cette densité
routière un accroissement démographique important de la ville ces dernières
années (283 025 nantais au premier janvier 2011 selon l'INSEE contre 269 343 en
1999) au cœur d'une aire urbaine sur une dynamique similaire (elle devrait
compter 851 500 habitants à l'horizon 2020 selon l'Agence d'urbanisme de la
région nantaise).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;strong&gt;…et première en matière de transports en commun&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Les 43km du réseau nantais de tramway sont les plus fréquentés de France
avec en moyenne 265 000 voyages par jour en 2010. Au total, on compte 113,1
millions trajets pour cette même année sur les trois lignes de tramway, le
Busway, le Navibus et les 66 lignes de bus du réseau TAN. Nantes a reçu le prix
Civitas Award 2009 pour ses efforts en matière de transports publics et
écologiques. La ville a par ailleurs été élue Capitale verte de l'Europe pour
l'année 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
La place de la voiture touche donc aux grands équilibres de la région nantaise,
entre un centre-ville fait d'artères étroites, qui a grignoté pas à pas sur la
Loire et l'Erdre, et une périphérie grandissante, auréolée de ses innombrables
zones commerciales voiturières (Carquefou, La Beaujoire, Orvault,
Saint-Sébastien-Sur-Loire, Saint-Herblain). Pendant que l'automobile est
évincée de l'hyper-centre avec, à terme, 18km de rues piétonnes, un nouveau
parking de 1250 places est en cours d'achèvement à Atlantis – construction en
un temps record et inauguration prévue en janvier 2012. Nous voilà donc avec,
d'un côté, des habitants ultra-urbains souhaitant évoluer dans un cœur de ville
&amp;quot;apaisé&amp;quot; et de l'autre une population périurbaine quémandant de
&amp;quot;l’accessibilité&amp;quot; à ce dernier. Un antagonisme source de frustration :
« On ne s'occupe pas des gens qui habitent en périphérie » se lamente
le maire d'une commune avoisinante, sous couvert d'anonymat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Obnubilé par la perspective d'un cinquième mandat dans deux ans et demi,
Jean-Marc Ayrault serait coupé de ces réalités urbaines et sociales selon
Madame Jozan, sa principale opposante politique, « Le cœur de la décision
politique appartient aujourd'hui à un maire qui vit dans un des quartiers les
plus bourgeois de Nantes, qui a un chauffeur et donc qui n'est pas amène de
juger la circulation automobile au quotidien ». De l'inconscience matinée
de défiance à tous les échelons de la démocratie locale (ville de Nantes,
Nantes Métropole, conseils de quartiers), selon les associations
d'automobilistes et de motocyclistes, hostilité qui ne serait pas spécifique à
la préfecture des Pays de la Loire (voir interview ci-dessous). « On nous
écoute mais est ce qu'on en tient compte ? Je n'ai pas l'impression. Quand
on est convoqués à des réunions pour évoquer le plan de circulation, on est
bien seuls. Face à nous il y a des gens qui sont pour le vélo ou pour les
transports en commun, c'est-à-dire nombre de gens qui sont autophobes »
regrette Alain Bertorelli, président en Loire-Atlantique de l'Automobile club
de l'Ouest.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;La carotte ou le bâton&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;strong&gt;Laurent Hecquet, délégué général de 40 millions
d’automobilistes&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Quelle place est laissée à la voiture dans les politiques publiques
locales ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Notre mode de vie a été rendu possible grâce à l'auto mobilité. Mais on
a le sentiment que depuis un certain nombre d'années il y a une chape de plomb
qui pèse sur un débat ou l'on veut nous faire croire que l'automobile est un
fléau et que l'on doit s'en passer. Sur le plan global il y a certes un modèle
à repenser, à revisiter, mais il faut le faire avec du temps, tout en restant
attentif au mode de vie des français. Le baisse du trafic en ville est un
problème sociétal et il doit donc être pensé avec la société et non contre la
société&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela signifie que l'on favorise les habitants des centres-villes au
détriment des périurbains ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Il y a souvent incompatibilité entre intra-muros et extra-muros. Par
exemple, la grande majorité de ceux qui vivent dans la région de Nantes n'ont
pas accès aux systèmes de transports collectifs. Donc pour s'approcher de cette
agglomération il faut des voies et des accès, pour ensuite construire des
parkings intermédiaires ou de relais.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le temps politique est-il trop court pour faire ces aménagements ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Bien souvent ces enjeux de société sont incompatibles avec la durée d'un
mandat électoral. Surtout quand on parle d'amener des modifications
relativement importantes, d'un véritable changement culture.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;br /&gt;
Faut-il user de la contrainte ou del'incitation avec les automobilistes ?
Telle est la question. « On ne peut limiter l'afflux des voitures sans
proposer d'alternatives », reconnaît fort logiquement  Raymond
Lannuzel, Monsieur transports et travaux à l’Hôtel de Ville. Problèmes, ces
alternatives se font attendre. Les six lignes de Chronobus, qui auront une
fréquence - 5 à 8 minutes en heure de pointe - et une amplitude horaire - 5h du
matin à minuit - proches de celle du tramway, ne seront achevées qu'en 2013. En
attendant, l'automobiliste lambda est lui astreint aux embouteillages
quotidiens. Pour ce qui est de l'existant, la politique tarifaire de la TAN
(Société d'économie mixte des transports en commun de l'agglomération nantaise)
tant à pénaliser les utilisateurs occasionnels des transports en commun,
c'est-à-dire in fine les automobiles qui pourraient se tourner vers le tramway
ou le bus. Le tarif du carnet de dix tickets a bondit de 22% en 5 ans, il est
encore passé de 12 euros à 12,30 euros, le 1er juillet dernier. Une
augmentation que justifie Nantes Métropole par l'achat de nouveaux véhicules et
la mise en place... des lignes de Chronobus, un ensemble de travaux estimé à
200 millions d'euros (&lt;a href=&quot;http://www.dailymotion.com/video/xcxr42_la-tan-augmente-encore-ses-tarifs-n_auto&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;reportage de TéléNantes&lt;/a&gt;).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Ce qu'on est incapable de stimuler c'est la conversion d'automobilistes
à l'utilisation des transports en commun ou du vélo » tance l'UMP Sophie
Jozan. Tout reste à faire, donc, même quand on cause bicyclette. « Seuls
2% des déplacements se font à vélo » admet Éric Chevallier, directeur
général des déplacements à la métropole nantaise, dans la brochure distribuée
aux nantais Un nouvel élan pour le centre-ville. Ce dernier promet dans le même
temps « une série d'aménagements [qui] va permettre d’augmenter la
sécurité et le confort des cyclistes avec l'objectif de doubler d'ici trois ans
le nombre de déplacements en vélo ». Laura Guitot, vice-présidente
Vélocampus, principale association de cyclistes nantais avec Place au vélo,
reste sceptique « Je trouve ça très bien que la ville de Nantes et Nantes
Métropole aient envie de faire des aménagements ou des actions pour le vélo,
mais ils ne le font pas forcément... très bien. En tous cas on est toujours
relativement en danger ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même le service de vélos en libre-service Bicloo qui arrive aujourd'hui à
maturité avec 102 stations (dont 13 nouvelles au delà du centre-ville à compter
de  septembre) et une disponibilité 24h/24h depuis le printemps dernier,
peine à décoller. Les bicyclettes oranges sont utilisées 1500 fois chaque jour,
alors que l'objectif initial, il y a trois ans de cela, était de 3000. Nul
doute que la voiture est en voie d'extinction dans le centre-ville de Nantes,
l'interrogation est comment la remplacer et à quel prix ? « La
prise de conscience serait bien plus puissante que la contrainte »,
conclut la vélocitoyenne Laura Guitot (&lt;a href=&quot;http://www.a-nantes.net/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;publié dans A Nantes n°2&lt;/a&gt;).</description>
    
    
    
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    <title>A fleur de mots</title>
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    <pubDate>Sat, 12 Nov 2011 16:53:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Thibault Dumas</dc:creator>
        <category>Société</category>
        <category>A Nantes</category><category>Alice Ligier</category><category>Culture</category><category>Nantes</category><category>Portrait</category><category>Slam</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.a-nantes.net/&quot;&gt;&lt;img title=&quot;Publié dans A Nantes n°2&quot; style=&quot;margin: 0 0 0em 0.75em; float: right;&quot; src=&quot;http://www.thibaultdumas.fr/public/Theme/anantes.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;img title=&quot;Alice Ligier devant le théâtre TNT © Thibault Dumas&quot; style=&quot;margin: 0 0.75em 0em 0; float: left;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.thibaultdumas.fr/public/Photos/Alice-Ligier.jpg&quot; /&gt;« Si aujourd'hui je peux vivre du slam
c'est grâce à Grand corps malade mais Grand corps malade ce n'est pas le slam à
lui tout seul, simplement un slameur », met au point d'entrée Alice
Ligier. Quelle est loin la petite fille introvertie qui découvre les mots à
l'aube de ses huit ans. Un poème sur les chaussures en guise d'auto-initiation
à l'écriture et vogue la galère artistique. « Les mots m'ont toujours plu
même si je ne parlais pas beaucoup de moi, j'étais secrète ». En
exploration donc la gamine avec comme figure compréhensive quoique tutélaire sa
grand-mère. Partie trop tôt, celle-ci reste un fil conducteur pour Alice,
artiste adulte et accomplie.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;A 25 ans - elle en a 32 aujourd'hui - la Normande exhume un texte de son
aïeule au lendemain d'un chagrin d'amour  : &lt;em&gt;Variations sur un
amour&lt;/em&gt;. 16 poèmes d'épanchements sur les rapports humains. Ainsi naît en
2009 une pièce éponyme avec le comédien David Arvit, mélange de poésie, théâtre
et musique qui a tourné dans l'Ouest jusqu'en janvier dernier. « J'écris
beaucoup » confesse Mademoiselle Ligier. Rapport jadis conflictuel à la
lecture, 4 à 5 livres dévorés chaque mois ces temps-ci. Au hasard d'une
rencontre dans un bar, elle publie son premier recueil de textes il y a sept
ans, &lt;em&gt;Lot de consolation&lt;/em&gt; (éditions Polyglottes) - « l'écriture
était trop cru » juge t-elle. Le second vient tout juste de sortir des
rotatives, &lt;em&gt;La main violoncelle&lt;/em&gt; chez La Machine folle.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le slam de Chicago à Nantes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le slam a été inventé en 1984 par Marc Kelly Smith à Chicago. L'idée était
de rompre la monotonie des cercles de poésie par un type tournoi ludique et
codifié. Le terme &amp;quot;slam&amp;quot; viendrait du claquement de la batte base-ball, sport
qu'affectionnait Kelly. Cette poésie slam a émergé en France à partir des
années 2000. La ville de Nantes, s'est illustré avec une victoire au Grand Slam
National 2011 par équipes avec le groupe Buck Mulligan. On compte une trentaine
de slameurs confirmés sur les bords de Loire et de nombreux lieux dédiés (l'Art
scène, le Live bar, le Violon dingue, le TNT...).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
La plume par plaisir, la scène dans la douleur. Nantaise depuis 11 ans
maintenant, son baptême du feu a lieu en 2005 au bar le 15 Bis. Pas de costume,
pas d'accessoires, pas de décor, pas de musique et 3'09'' pour s'exprimer (les
préceptes du slam). « Je me suis dit que plus jamais je ne remontrais sur
scène, c'était horrible ». En observant sa consœur slameuse Yas, c'est une
autre prédiction- « Ça se trouve un jour j'y prendrais du plaisir » -
qui s’avérera néanmoins juste. Après l’addiction comme spectatrice vient la
boulimie comme (réd)actrice... à la faveur d'une rupture des ligaments croisés.
Heureuse 4e lors du &lt;em&gt;Slam United&lt;/em&gt; édition 2007 - sorte de championnat de
France -, elle décide alors de jeter aux orties son métier de serveuse, ses
envies d'ouvrir un bar librairie ou de devenir conseillère principale
d'éducation (CPE).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Auteure/slameuse/animatrice slam est son métier  depuis trois ans - comme
3 ou 4 de ses collègues nantais. En cette rentrée culturelle 2011, Alice Ligier
est à la baguette des Matchs de poésie au TNT, soit les règles de
l'improvisation théâtrale appliquées au slam. &lt;em&gt;A l'abordage&lt;/em&gt;, spectacle
interactif, tourne déjà avec Poison d’Avril, Monsieur Mouch et Nina Kibuanda
tandis qu'un autre est en préparation sur la liberté sexuelle, sans oublier de
multiples ateliers d'écritures pour tous publics : jeunes, personnes âgés,
groupes en difficultés sociale et psychologique... « Ce qui est
indispensable c'est la parole et l'écoute, c'est-à-dire créer des espaces de
rencontres entre des gens qui aiment écrire et veulent s'exprimer ».
Soigner les maux de la vie par l'envie des mots (&lt;a href=&quot;http://www.a-nantes.net/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;publié dans A Nantes n°2&lt;/a&gt;).</description>
    
    
    
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